Taser Partout, Justice Nulle Part!

Avec les jeunes écologistes, Humeur, Prises de position, Social

On continue le massacre ?

Les Jeunes Verts apprennent avec effroi la mort cette nuit à Colombes (Hauts de Seine) d’un malien de 38 ans en situation irrégulière. Les forces de l’ « ordre » venaient de lui asséner deux décharges de Taser.

Déjà en 2008, les Jeunes Verts s’étaient insurgés contre la légalisation de son utilisation par les policiers municipaux, puis au mois de mai dernier, nous avions fermement condamné sa ré-autorisation par Brice Hortefeux, suite à l’annulation du texte par le Conseil d’Etat.

Par une ironie malsaine, tapper « taser » dans un moteur de recherche nous renvoie à la page officielle du fabriquant, avec en résumé la mention suivante « TASER – Sauve des vies chaque jour ». Jusqu’où ira l’hypocrisie? Le taser est une arme dangereuse dont l’utilisation, simple et rapide, a déjà entrainé de multiples bavures. C’est une arme qui ne respecte pas les droits et libertés des citoyens tout en les mettant en danger. Comme le montre le rapport d’Amnesty International de 2008 : entre 2001 et 2008, le taser a provoqué 334 décès aux Etats-Unis. Egalement, le comité contre la torture de l’ONU estime que l’utilisation du Taser constitue « une forme de torture » et « peut même provoquer la mort ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Conseil d’Etat avait interdit son utilisation en décembre 2008.

Les Jeunes Verts demandent solennellement au Ministre de l’Intérieur qu’il prenne des mesures pour interdire l’utilisation de cette arme par les forces de l’ordre. Comme pour le flashball, la propagande officielle du gouvernement nous garantissant l’innocuité de ces armes ne suffit pas à rassurer une population lucide sur le réel danger qu’elles représentent. L’actualité nous le rappelle parfois brutalement. Quand cessera l’hypocrisie relative à l’utilisation des tasers et des flashballs, et avec elle la multiplication des bavures mortelles?

Notons par ailleurs que cet épisode macabre est d’autant plus déshonorant pour la France qu’encore une fois, la victime fait partie des « cibles » traditionnelles du gouvernement: les plus vulnérables d’entre nous. L’épisode doit être replacé dans le contexte plus global de la politique sécuritaire et xénophobe engagée par Eric Besson et Brice Hortefeux dès leur prise de poste.C ondamnation par un tribunal pour injure raciale, chasse xénophobe aux roms et aux sans papiers, bavures… Le Ministre de l’Intérieur traîne à notre avis beaucoup trop de casseroles pour ne pas songer pas à démissionner!

Les Jeunes Verts

« La politique est-elle un métier? » by Cécile Duflot

Avec les jeunes écologistes

Jeudi soir, Cécile Duflot était à Sciences Po Lille pour une conférence organisée par « Europe Ecologie Sciences Po Lille » et qui posait une question importante: « la politique est-elle un métier? ».

Il faut avant tout préciser que sa présence relevait de la performance: elle arrivait tout droit de Wattrelos, où elle venait d’affronter par environ -12 degrés et sous la neige l’ascension d’un terril / friche reconvertie. D’un bon esprit à tout épreuve et ravigorée par le termos de vin chaud emporté par les soins de notre nouveau secrétaire régional Vincent D. (les recettes circulaient sur la liste du bureau régional depuis quelques jours, ça me faisait bien rigoler), elle est arrivée de bonne humeur. Congelée, oui, mais de bon humeur. Avec une salle comble prête à l’écouter, et un premier rang surmotivé!

Photo by Vivien Guihard
A ma droite et dans l’ordre: Vincent Dhélin (Secrétaire Régional d’EELV Nord-Pas-de-Calais), Pierre Mathiot, (Directeur de Sciences Po Lille), Marie Blandin (Sénatrice EELV du Nord Pas-de-Calais) et Lisa (Militante d’Europe Ecologie Sciences Po Lille)

 

Revenons en au sujet de la conférence: « la politique est-elle un métier ». Cécile a traité ce sujet sans démagogie, avec à son habitude beaucoup de sincérité et de naturel… Et sa manière d’aborder les choses me touche. Car avant d’être une « politicienne », Cécile est une femme, une mère, une militante, une citoyenne, et cela se sent. On n’a pas affaire à un « robot politique » qui débiterait les propos que l’on attends de lui. Elle parle avec une spontanéité rare en politique.  Quand un étudiant présent dans la salle l’interroge sur la rumeur selon laquelle elle n’aurait pas hésité, durant sa carrière, à « tuer des amis », elle réponds du tac-au-tac: « désactiver des casses-couilles n’est pas tuer ses amis ». Tout le monde ri. Et bien évidemment, ça finit sur twitter avec le hashtag #CaSeTwitte! Comme  lorsque à chaque fois qu’on lui pose une question tordue, elle s’en sort par la franchise et l’humour. Finalement, j’ai l’impression que plus la question est a priori difficile, plus l’exercice est facile pour elle. Et que c’est ses réponses aux questions dites « piège » qui la mettent le plus en valeur.

A la sortie, les étudiants ont l’air convaincus. Ils l’ont trouvée « sympa », « accessible », « naturelle ». Chacun repars avec sa capote « Fuck me I’m ecologist » en ce lendemain de Journée internationale de lutte contre le Sida, Cécile Duflot incluse. Encore une victoire d' »Europe Ecologie Sciences Po Lille *  » 🙂

Je profite de cet article pour faire un peu de publicité aux copains d' »Europe Ecologie Sciences Po Lille », qui font du super boulot. En seulement qq semaines, ils ont déjà fait des propositions à la direction pour une école HQE, mis en place une AMAP dans les locaux de Sciences Po, entamé un débat sur les Etats Généraux de l’Ecologie et de l’emploi, organisé une conf’ avec Cécile Duflot. Bref, pas mal pour des débutants 🙂 #FièreD’Eux 😉

Merci également à Vivien Guihard pour les photos de cet article. Vous ne le connaissez pas encore? C’est lui qui est toujours dans le coin, prêt à dégainer son appareil photo pour immortaliser les moments clefs pour l’écologie politique… Et même qu’il a un nouveau site, et que c’est par ici!