Des nouvelles de Stockholm…

Autre

Dix neuf heures, en direct de T-Centralen, la gare de Stockholm. Tentative d´écriture d´article sur un clavier Qwerty, avant le départ pour le grand Nord!

 

Le syndrôme de Stockholm

Nous sommes arrivés à Stockholm lundi 11 et avons eu dans un premier temps un peu de mal à décrocher de l´actualité brulante. Tout nous rappelait la primaire. La nouvelle marque à la mode de design suédois « Eva Solo », les pochettes pour Iphone en bois dont on aurait bien ramené un exemplaire pour Henri Stoll, et, comme nous ne sommes pas non plus des mono-maniaques de la primaire, la manif « un bateau pour gaza » version suédoise croisée par hasard au pied du palais royal.

Un portable perdu plus tard, il ne m´était de toute manière plus possible de suivre en direct live le dépouillement de la primaire (le résultat ne faisait de toute manière plus grand suspens).  Ce qui m´a pas mal aidée à prendre de la distance et à profiter des vacances.

Et les vacances, ce fut tout d´abord de réjouissantes retouvailles avec Stockholm, ville dans laquelle j´ai vécu entre 2006 et 2007, et dont certains endroits en étaient venus à terriblement me manquer, malgré quelques séjours « madeleine de proust » express depuis.

La premiére soirée avait tout pour nous faire « décrocher ». Nous avions réservé la « cabine du capitaine » qui occupe la proue de l´auberge de jeunesse / voilier 3 mats « Af Chapmans ». C´était ambiance Titanic, dans un espace restreint mais ayant conservé ses meubles d´époque (fin du 19eme siècle). On s´y croyait! Surtout que nous venions de diner dans l´auberge Viking de la ville médiévale, de plats typiques d´époque arrosés d´hydromel.

Mais le lendemain, il a fallu troquer les lits bateaux et la salle de bain à hublots avec vue sur Gamla Stan (la vieille ville) pour notre tente deux places qui se  monte même pas en deux secondes. On s´en fout, on s´est vengés, en la plantant sur les hauteurs de l´île de Skeppsolhmen, en plein centre ville, nous offrant ainsi une vue imprenable sur le quartier branché de Södermalm, le lac Malaren et la forêt de Djurgarden. Le réveil à 3h50 par un soleil en pleine forme et des mouettes déchainées on ne sait pas trop pourquoi a été un peu brutal, mais le lieux était unique. Bon par contre c´était un  peu illégal donc on ne s´est pas tellement attardés pour démonter le tout et retourner à l´auberge de jeunesse chercher le reste des affaires laissées à la bagagerie.

 

Lost in translation

A peine deux heures plus tard, nous embarquions sur un petit bateau navette á destination de l´archipel Stockholmois et ses 24 000 îles et îlots. Nous avions choisi Finnshamm, une île assez grande et surtout déserte. Pierre-Emmanuel a trouvé sur sa carte (#scout) une crique bien à l´écart pour y planter la tente et pouvoir jouer tranquilles à « Lost » (bon d´accord, on a rien réussi à pêcher en deux jours et on avait fait – heureusement me direz vous, ca doit être notre côté prévoyant… -, le plein de courses chez ICA (chaîne suédoise de grande distribution alimentaire) avant de partir.

On a tout de même été assez performants sur le ramassage de bois, qui nous a permis d´allumer un feu impressionnant spécial 14 juillet (vous l´aurez donc compris, pas de défilé militaire pour nous non plus). Et aussi dans le ramassage de myrtilles, dont grouillait l´île.  Se poser deux jours au même endroit nous a permis de nous reposer un peu (mine de rien, les dernières semaines ont été un peu éprouvantes), et de lire. Le dernier polar d´Eva Joly pour PE (tiens donc), et la Faculté des rêves de la Suédoise Sara Stridsberg pour moi (#circuitcourt).

Il faisait un temps pas trop mal pour la Suède. PE a même pris le risque de se baigner dans la baltique (enfin de manière un peu forcé, pour sauver notre hamecon pris dans les algues – parce qu´en fait quand on vous dit qu´on a rien pêché, on veut dire « aucun poisson »).

 

Faux départ

Hier, c´était le grand jour. Celui du début de l´aventure à proprement parler. Nous quittions Stockohlm par le train de nuit de 21h20 pour rejoindre le grand nord, puis entammer une redescente progressive en quelques semaines vers le Sud de la Suède, le Danemark puis Lille.

On était à l´heure et tout et tout. Sauf qu´il y avait quelqu´un dans notre compartiment. Et que quand on a cherché une solution auprés de la contrôleur, elle nous a gentillement expliqué (et sans se moquer – sont magnanimes ces suédois) que notre billet était pour… demain). Oui oui, je suis un boulet. Je plaide entièrement coupable sur ce coup là, je me suis embrouillée entre les dates de départ et d´arrivée, erreur de débutante 😉

Bref, ca aura eu le mérite de nous offrir un jour de plus à Stockholm, mis à profit pour faire un peu de lessive, visiter Sôdermalm, et… aller voir Harry Potter au cinéma (en anglais hein, on n´est pas – complètement – tarrés). Et comme une couille n´arrive jamais seule, le film a buggué, un mec est venu nous expliquer en suédois au bout de 15 minutes que si on ne voyait pas la 3D c´était normal, parce que la bobine était à l´envers ou un truc dans le genre. Et donc qu´on aurait tous une place gratuite pour une prochaine séance où on veut en Suède, et quón pouvait au choix se faire rembourser ou rester et voir le film en 3D pour du vrai à condition de mettre les lunmettes à l´envers. Je sais, ca paraît bizzarre, mais toujours est-il quón est restés, quón a retourné nos lunettes (on avait pas l´air finauds´) et qu´on a gagné deux places gratuites

Bref, nous voilà de retour à T Centralen.  Départ imminent. Et dans 15 heures de train couchette (si tout va bien, on se méfie maintenant), on sera à Avisko, à plus de 150 kilomètres au nord du cercle polaire, à quelques kilomètres de la frontière norvégienne.

 

* * * VaCaNcEs :-) * * *

Autre

Ca y est, c’est les vacances!

Après une année bien chargée tant sur le plan militant que sur le plan scolaire, je viens de terminer mes études, en soutenant jeudi mon mémoire sur le développement durable dans les hôpitaux publics.

En attendant les journées d’été puis les joies de la recherche de boulot et de logement à la rentrée, je pars quelques semaines en Suède, retrouver ce pays qui m’est cher. Au programme: étapes en train couchette et camping sauvage, de Stockholm à la Laponie puis en redescendant vers le Danemark.

Comme ça sera retour à la nature sans eau courante et sans électricité (#SobriétéJoyeuse), je ne pourrai pas forcément donner des nouvelles très souvent, mais promis, quand je trouve une connexion de temps en temps, je poste quelques photos!

Et puis ça me donnera aussi l’occasion de vous donner signe de vie, parce que mine de rien je pars avec un Jolyste dans la forêt, ça pourrait mal se terminer (quoique, le résultat présumé de la primaire, s’il est attristant (« extrêmement positif » me souffle PE), a au moins le mérite d’assurer ma sécurité physique pendant ces vacances)

Haut les coeurs

Et un bon été à tous!

Quel hôpital durable?

Autre

Bonjour tout le monde!

Cela fait un bail que je n’ai pas donné de nouvelles sur ce blog, mais j’avais des excuses: j’étais – en plus de la primaire et du congrès chez EELV – en pleine fin de stage au siège de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris), et de surcroit en train de boucler mon mémoire de fin d’études, que vous trouverez ci-dessous pour ceux qui sont à la recherche de lectures d’été 🙂

Alors certes, rédiger ce mémoire n’a pas été très rock-&-roll (et même parfois hyper fastidieux, surtout en juin 😉 ) mais il n’empêche que ça m’as permis de prendre un peu de recul et de réfléchir à ce pour quoi finalement on se bat vraiment: la transformation écologique de notre société, qui doit toucher tous les secteurs, tous les acteurs, tous les domaines.

Modestement, j’ai décidé de réfléchir à l’institution que je connais le mieux: l’hôpital public. En prenant vraiment le temps d’analyser le chemin parcouru, de faire un point d’étape en décrivant où nous en sommes, et enfin en tentant d’imaginer quelques perspectives, pour l’hôpital public mais plus largement pour le secteur de la santé.

Ce mémoire a été l’occasion de travailler en particulier sur la question des déchets hospitaliers, et sur une problématique propre aux établissements de santé: les déchets à risque infectieux.

 

Résumé du mémoire

Manager le développement durable, un défi pour l’hôpital public au XXIème siècle

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Etude de cas : l’AP-HP et la gestion des déchets

Problématique et méthodologie

Si l’adhésion est aujourd’hui massive autour du constat des crises économiques, environnementales et sociales et sur le bien fondé du développement durable, il y a toujours un décalage important entre la communication, « l’affichage » de mesures, et leur mise en œuvre opérationnelle. La question la plus importante aujourd’hui est donc de savoir comment passer des intentions aux actes.

L’hôpital public est une institution complexe à piloter – du fait à la fois de ses missions, des lourdes et légitimes exigences qui y prévalent en matière de sécurité, de sa sociologie, mais aussi des réorganisations, restructurations et restrictions budgétaires qu’il subit actuellement. Analyser le management durable des hôpitaux publics offre donc un éclairage tout particulier sur la question de la mise en œuvre opérationnelle du développement durable. En quoi est-il particulièrement important que les hôpitaux publics adoptent un management durable ? Etant donné que le soin reste bien sûr la mission centrale des établissements de santé, quelles marges de manœuvre reste-t-il pour le management durable et comment le concilier avec les contraintes budgétaires propres à l’hôpital tout en restant intransigeants sur la qualité des soins et la sécurité ? Quels sont les freins, mais aussi les leviers existant à l’hôpital, susceptibles de faciliter la mise en œuvre du management durable, et quelles sont les perspectives pour le développement durable à l’hôpital public à court, moyen et long termes ?

Afin de répondre à cette problématique, il a été procédé un examen approfondi de la littérature existante, afin que le présent mémoire s’appuie aussi bien sur le corpus législatif et réglementaire en vigueur que sur les revues spécialisées, les rapports et guides officiels et les travaux de recherche ayant déjà été réalisés. Quelques entretiens ont également été menés avec des acteurs clés de la mise en œuvre du développement durable dans les hôpitaux publics. Enfin, ce  travail a été rédigé parallèlement à un stage de trois mois au sein du Département de la politique logistique du siège de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, qui a été l’occasion de multiples échanges sur le sujet et un terrain d’étude privilégié, notamment sur la question de la gestion des déchets hospitaliers, qui sont au centre des préoccupations économiques, écologiques et de sécurité de tous les établissements de santé. Il a en outre été procédé au cours de ce stage à une enquête auprès des 12 directeurs de groupements hospitaliers que compte l’institution (ou de leur adjoint, le cas échéant), réalisée au moyen d’entretiens téléphoniques et selon un questionnaire préalablement testé.

Développement

Les horaires décalés et les conditions de travail stressantes, l’utilisation massive de dispositifs à usage unique, la lutte contre les infections nosocomiales, une grande consommation d’eau ou encore une production de déchets importante sont autant de caractéristiques propres aux établissements de soin, qui semblent a priori peu compatibles avec le développement durable.

Malgré cela, la déontologie médicale et le développement durable forment une « communauté de pensées », pour reprendre l’expression de Marie Christine Burnier, chargée du développement durable à la Fédération Hospitalière de France. C’est là toute l’évidence paradoxale du développement durable, consubstantiel aux missions du secteur hospitalier public, mais souvent difficile à concilier avec ses exigences.

Si le développement durable est une évidence, le management durable représente donc un véritable défi pour l’hôpital public, que celui-ci s’attelle à relever depuis quelques années. Certains établissements ont certes été précurseurs, mais c’est bien l’évolution de la réglementation et la mise à disposition des établissements de santé d’un ensemble d’outils qui a marqué un tournant significatif dans la prise en compte du principe de durabilité par les différents établissements de santé, ce qui n’empêche pas certains établissements publics de prendre des initiatives en matière de développement durable et de mener des politiques volontaristes innovantes en la matière.

Trouver le meilleur compromis entre les impératifs de bien être des patients et du personnel soignant, les besoins fonctionnels (réglementation, technique, usage) et l’équilibre économique est déjà le quotidien des établissements de santé. En affichant son désir de relever les grands défis environnementaux et sociaux de notre société, le secteur hospitalier ne se simplifie pas la tâche, mais habitué à croiser de multiples exigences et contraintes souvent contradictoires, à penser à la fois à court et à long terme et à positionner les hommes au cœur de ses actions, l’hôpital est déjà bien engagé dans la logique du développement durable, parfois même sans le savoir.

A l’hôpital, le développement durable ne doit vraiment pas être uniquement perçu comme un effort supplémentaire à fournir. Il est également source d’externalités positives, au rang desquelles les économies permises par les économies d’énergie, une ambiance de travail améliorée, ou encore le fait d’être moins vulnérables aux coupures d’électricité en cas de catastrophe naturelle pour les établissements ayant opté pour la production durable d’énergie.

En tant qu’établissement public de santé, l’AP-HP est confrontée aux mêmes difficultés que les autres hôpitaux publics dans sa mise en œuvre du développement durable. S’ajoutent à cela d’autres difficultés spécifiques ou particulièrement exacerbées à l’AP-HP : la problématique de la taille de l’établissement, poussée à son paroxysme, l’hétérogénéité des différents sites que compte de l’institution, et enfin le contexte actuel de restrictions budgétaires et de réorganisation, estimé par la plupart des personnes interrogées comme étant particulièrement contraignants pour le management durable.

L’AP-HP a été un terrain d’étude privilégié, car bien que la spécificité de l’institution y rende le management durable particulièrement délicat, cela  n’empêche pas le siège d’impulser une véritable politique transversale en la matière depuis quelques années. Mais l’AP-HP semble être au milieu du gué : les objectifs sont définis, la méthode précisée et les projets lancés, mais les résultats concrets sur le terrain tardent à se faire ressentir. Comme l’a expliqué l’un des directeurs de groupe hospitalier interrogé par téléphone :  « on ne peux pas dire qu’il y ait eu un changement colossal. Si changement il y a, il concerne plus l’état d’esprit et les mentalités, pas les actes ».

Pour déterminer l’importance de l’écart entre les objectifs et la réalité, seul un travail de terrain permet de départir l’intuition des faits objectifs, d’où l’étude de cas portant sur la politique des déchets de l’AP-HP, et plus précisément sur les déchets infectieux et sur le carton. Les déchets sont en effet une des problématiques essentielles du développement durable en établissement de santé. Tout d’abord, l’enjeu économique est manifeste : l’AP-HP produit annuellement 46 800 tonnes de déchets, et dépense entre 13 et 14 millions d’euros par an pour leur traitement. Mais les déchets sont également un enjeu environnemental, puisque comme cela a déjà été évoqué dans la première partie, une grosse partie des déchets générés par l’activité hospitalière est dangereuse pour l’environnement, et ce sans compter que tous les déchets, même ceux qui sont jugés non-dangereux, ont un impact environnemental direct ou indirect : celui de leur transport et de leur traitement en aval, celui des ressources ayant été mobilisées, voire détruites dans leur processus de production en amont. Enfin, la problématique sociale existe également en matière de déchets d’activité de soin, puisque la maîtrise de l’hygiène dans les unités de soins et celle de la sécurité des personnes entrant en contact avec ces déchets tout au long de la filière y sont étroitement liés

On estime aujourd’hui que l’AP-HP trie 18,8% (en poids) de ce qui est non-dangereux, c’est à dire de la totalité de ses déchets hors DASRIA, déchets chimiques et déchets radioactifs. Cela est une bonne base, mais que l’institution s’est fixée comme objectif de faire progresser par la mise en œuvre de nouvelles filières et par l’augmentation des gisements captés par les filières existantes.

L’analyse des résultats des différentes enquête souligne que l’instauration de certaines filières de tri à l’hôpital permet de faire des économies tout en protégeant l’environnement. C’est aussi l’occasion de repenser les pratiques professionnelles et l’organisation des services, et également d’avoir une vision plus globale des achats, qui anticipe notamment les déchets générés en aval et leur valorisation. Mais l’exercice est souvent délicat, et doit constamment s’adapter aux spécificités de chaque site, qui conditionnent le choix de telle ou telle solution. La sensibilisation, la formation et l’organisation du travail et des services ont ici une importance cruciale, pour inciter les acteurs et leur permettre de procéder correctement au tri.

Poursuivre la réflexion sur le développement durable à l’hôpital public invite enfin à imaginer ce que pourrait être l’hôpital de l’avenir, et plus largement à dessiner les contours de ce que pourrait être une politique de la santé durable dans cinquante ans.