L’emploi dans le bassin minier, parlons-en ! (et pour de vrai)

Economie, Hénin-Beaumont, Législative 2012, Nord-PdCalais, Santé, Social

Aujourd’hui, dans le bassin minier, le chômage est un drame.

Alors que plus d’une personne sur deux est en âge de travailler, seulement la moitié possède un emploi [1]. Et cette situation est encore plus dramatique pour les femmes (seulement 45,1% d’entre elles ont un emploi contre 59,5% au niveau national).

Au total, ce sont plus de 34 000 personnes qui demandent chaque mois un emploi dans le bassin minier. Et dans leur très grande majorité, 24 000 d’entre eux en cherchent un mais n’en trouvent pas ; les autres exercent des temps partiels, pour la plupart involontairement. Résultat logique, le taux de chômage dans le bassin minier est toujours resté au dessus du taux de chômage régional et national depuis 2005 (fin 2011, il était de 15,8 % dans la zone Lens-Hénin alors qu’en France il était de 9,8%).

Les explications sont à trouver au niveau national et local.

L’histoire industrielle et minière a marqué le pas depuis des dizaines d’années en France et dans ce territoire nordiste. C’est un fait : en France, depuis 1980, ce sont presque deux millions d’emplois disparus [2] dans l’industrie – dont la majorité des destructions dans l’industrie manufacturière (96 %) [3]. Dans le Nord Pas de Calais, depuis deux ans, ce sont 31 600 emplois qui ont disparus. Et seulement 16 % des emplois détruits ont été compensés par des créations. On comprend comment l’arrêt de cette histoire là a bouleversé profondément la vie des habitants du bassin.

La concurrence internationale entre pays ensuite. Il serait trop facile d’accuser tel ou tel pays (Chine et Inde en tête) de détruire nos emplois. Car, avec ces pays émergents, nous sommes réciproquement imbriqués. A la fois par le commerce, la finance, mais aussi par la répercussion des dégradations de l’environnement et la progression des inégalités. Au-delà des fausses accusations entre pays, le coupable est le système financier international. Il entraine la recherche excessive de rentabilité et autorise les gains des uns sur le dos des autres : dumping social, dumping fiscal et dumping environnemental. Jusqu’à ce que ces autres là perdent à leur tour au détriment des suivants. Au final, les perdants ce sont les peuples et leurs emplois.

Un exemple : la fermeture de la fonderie de MetalEurop à Noyelles-Godault en 2003. À la recherche du meilleur lieu pour placer leurs fonds, les actionnaires de l’entreprise l’ont coulée. La délocaliser était plus rentable que de conserver les emplois et de dépolluer le site. 830 emplois disparus et 1100 hectares toujours pollués autour de l’usine à cause de l’absence de prise en compte de l’environnement, de la santé et de l’emploi…

Enfin, le changement de mode de consommation a favorisé la demande de services, notamment dans le commerce entrainant l’essor de grandes surfaces au détriment des petits commerçants.  L’hypermarché Auchan à Noyelles-Godault et la zone Maison Plus à Hénin-Beaumont ont créé des emplois certes, mais mettent en difficulté les petits commerçants et nuisent au dynamisme de nos centres villes.

Le cœur des problèmes est que cette destruction systématique d’emplois est due au fait que nous ne produisons plus ce que nous consommons.

Il faut donc une autre politique pour l’emploi, qui inverse la tendance : c’est-à-dire re-localiser et créer des emplois nouveaux et de qualité.

Les écologistes veulent ce changement.

Nos solutions?

CREER DES EMPLOIS LOCAUX

Comment ?

  • En accentuant le développement régional et s’en appuyant davantage sur une spécialisation au niveau territorial, sur le réseau d’entreprises intermédiaires, sur l’innovation et les circuits courts.
  • En favorisant la création d’emplois dans les services à la personne, à destination des familles, des personnes dépendantes et des personnes âgées, très peu développé à Hénin-Carvin.
  • En lançant un plan de rénovation thermique, pour réduire les factures et créer des emplois dans le secteur du bâtiment sur l’ensemble du territoire. Lutter contre la précarité énergétique, c’est du pouvoir d’achat en plus et une meilleure qualité de vie.
  • En aidant à la création d’emplois d’utilité sociale et de proximité pour les chômeurs, en soutenant la création d’entreprise de petite taille, proche de la population et dans les secteurs du social, de la santé et du développement durable.
  • Se protéger de la concurrence de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales et environnementales que la France et l’Union Européenne.

CREER DES EMPLOIS NOUVEAUX ET DURABLES.

Comment ?

  • En défendant et incitant toutes les initiatives pour créer des emplois durables. Le succès du Salon de l’habitat durable d’Hénin-Beaumont du 11 et 12 mai derniers montre bien que les habitants sont dans une réelle attente de politiques véritablement écologistes.
  • En soutenant les reconversions professionnelles des salariés par la formation continue et l’accès aux qualifications.
  • En développant l’innovation et soutenant la recherche pour s’adapter au nouveau contexte énergétique et à la raréfaction des matières premières.
  • En menant un plan de transition énergétique et gérer la sortie du nucléaire, afin d’entraîner une grande politique industrielle et d’investissements dans les éner­gies renouvelables.

DES EMPLOIS SANS DANGER POUR LA SANTE

Comment ?

  • En reconnaissant par la loi les problèmes de santé et de la pénibilité liés aux travaux industriels et en reconnaissant par la loi ces maladies du travail et les aides y afférant. Il est normal que des travailleurs ayant souffert de leur activité soient soutenus tant que possible par l’Etat.
  • En lançant un programme de dépollution des sites industriels, pour arrêter la dégradation de l’environnement, de la santé des salariés de ces usines et des riverains des sites pollués. Et toutes ces améliorations, entraineront la création d’emplois correspondent aux compétences existantes dans le bassin minier !
  • En donnant un meilleur accès à la santé dans le bassin minier. Alors que le Pas-de-Calais est l’un des départements où les indicateurs de santé sont les plus mauvais, avec comme zone rouge l’ex-bassin minier avec des taux de surmortalité allant jusqu’à 67% à Hénin-Beaumont, le nombre de médecins est insuffisant. En effet, l’offre de médecin spécialiste est de 7 points inférieur à la moyenne nationale et de 2 points pour les généralistes.

DES EMPLOIS QUALIFIES

Comment ?

  • En donnant un meilleur accès à l’éducation et à la formation continue et en accordant après la scolarité obligatoire un congé de seize semestres de formation à suivre tout au long de la vie avec garantie de revenu.
  • En luttant contre le décrochage scolaire et en rompant avec la culture de la performance et du contrôle généralisé. Il faut mettre fin à la situation du bassin dans lequel le taux de sortie du système scolaire sans diplôme est de 5 points supérieur à la moyenne nationale.

[1] Chiffre –  Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques – septembre 2011 – Pour l’agglomération Hénin-Carvin : http://www.insee.fr/fr/regions/nord-pas-de-calais/default.asp?page=themes/tableau_de_bord/TB02hc.htm

[2] Pour être précis, ce sont 1 913 500 emplois disparus entre 1980 et 2007.

[3] La désindustrialisation en France  – Les Cahiers de la DG Trésor – n° 2010-01 –  Juin 2010 – http://www.tresor.economie.gouv.fr/file/326045

Carnet de campagne #10 : Marine le Pen, mensonges et coups fourrés

Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Législative 2012, Nord-PdCalais

L’imposture de Marine Le Pen, je vous en ai déjà parlé, mais comme c’est un sujet inépuisable, je vous redonne un exemple pour le plaisir!

La coîncidence est loufoque, mais tellement peu surprenante…

J’étais en train de ré-afficher hier soir à Hénin-Beaumont parce que

1. Quand on est candidate écolo on le fait soit même

2. J’ai le plaisir de devoir rectifier le tir sur 8 panneaux sur 10 dans la ville grâce à l’excitation générale du moment qui fait que tout le monde en prend pour son grade niveau affiches (vous noterez qu’on est relativement un peu moins touchés, cf la photo à l’extrême gauche (niark niark) en dessous de l’arbre  (comme par hasard).

3. Qu’il y a des partis qui ont la main un peu lourde en ce moment (ou alors qui ont mal compris comment marchent les panneaux officiel, mais à ce point là c’est quand même de la mauvaise foi non?)

4. Et que chez nous, c’est tellement la fête des affiches qu’on a même la chance d’avoir sur nos panneaux officiels des affiches de gens qui ne sont pas candidats… Regardez ci-dessous, c’est à Beaumont, sur les panneaux 1, 7 et sur la moitié du 9. Ce sont des affiches de Jean-Pierre Corbiset, président de l’agglo qui a perdu la désignation interne du parti à l’automne contre Philippe Kémel (le candidat PS actuel sur la circo) et Albert Facon, le candidat sortant. Et bien sans doute un peu par vengeance, il s’est amusé à investir, avant le début de la campagne officielle, les panneaux (officiels aussi, eux). Alors qu’il n’est pas candidat. L’avantage c’est que comme les équipes de Philippe Kémel mettent souvent plusieurs affiches dans le coin, on se retrouve avec… Pas moins de 5 affiches socialistes sur 14 panneaux (belle perf). Heureusement que j’ai du en recouvrir une pour mettre la mienne!

Mais revenons-en à nos moutons: je vous parlais de la nouvelle imposture de Madame Le Pen…

En allant ré-afficher tout à l’heure, donc, je suis tombée, en centre ville, sur ça:

Vous l’avouerez, c’est un peu agressif comme communication (surtout de la part d’une candidate qui expliquait pendant la présidentielle, à des paroles et des actes, être contre les éoliennes parce que ça polluait visuellement, et d’un parti qui en 2009 avait refusé de participer à la commission « panneaux publicitaires » du conseil municipal, expliquant être contre l’agression publicitaire et notamment le panneaux lumineux qui avait été installé sur la route d’Auchan).

Et là forcément, toute cette hypocrisie m’a rappelée le débat de samedi matin, au moment où j’ai poussé mon petit coup de gueule sur l’affichage sauvage, et où Madame Le Pen a osé faire une moue pas concernée en prétendant ne coller que sur les panneaux…

La coincidence dont je vous parlais au début de ce billet, c’est que le Petit Journal a eu la même idée que moi 😉 (bon travail d’investigation les mecs!)

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html (c’est à la 8ème minute)

Et même qu’on s’était pas concertés…

Et même que si on s’était concertés, j’aurais pu leur raconter d’autres trucs très drôles, comme les coups de fils que je reçois depuis samedi d’anciens militants FN locaux, qui m’expliquent comment la violence morale s’exerçait sur eux lorsqu’ils étaient au FN, comment on les traitait de feignants, de « polaks pas dignes d’être français » s’ils ne voulaient pas aller tracter à tel ou tel endroit, comment on a fait pression sur eux pour qu’ils ne partent pas, comment ils sont harcelés depuis, etc.

Je pourrais aussi leur parler des pratiques consistant à tenter d’infiltrer une taupe chez nous depuis plus d’un an, de manière tellement peu subtile qu’elle oublie de masquer son numéro (et donc que son nom s’affiche sur mon portable) le soir des élections présidentielles, lorsqu’elle veut me faire des blagues téléphoniques « anonymes » en disant, sur fond de rires et de bouchons qui sautent, qu’ils sont « en train de fêter le score de la vraie Marine » et qu’ils vont « m’acheter des kleenex verts parce que je vais pleurer encore plus qu’Eva Joly aux législatives » (#EPICFAIL)

Et leur parler de la manière dont cette taupe (coucou Charlotte), repérée donc depuis longtemps, et confirmée par les témoignages (enregistrés) d’anciens militants de chez eux, cherche ABSOLUMENT à m’aider depuis le début de ma campagne, à me proposer de lui transmettre mes communiqués « pour les envoyer à ses amis journalistes », à me demander de la tenir informée de « toutes mes infos de campagne et mes rendez vous militants », soit disant pour m’aider, à me demander à quelle heure je serai sur le marché  … Grotesque.

Quand je vous disais sur France 3 qu’ici c’est Dallas…

Mais comme je souhaite la campagne calme dont la circonscription a tellement besoin, et bien tout ça, on en rediscutera tranquillement après les élections.

Bref, chers concurrents du front national, et si on devenait sérieux 5 minutes et qu’on se concentrait sur l’essentiel? (le fond quoi, ce que vous commencez sérieusement à toucher par ailleurs)

Haut les coeurs, et bonne fin de campagne à toutes et à tous!