Une astuce pour rendre la Médiathèque Gérard Delsaux plus accessible!

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Vendredi 2 mars a lieu le Conseil Municipal à Hénin-Beaumont. En tant qu’élue écologiste, j’ai le droit d’y poser une question orale sous réserve de la déposer à l’avance par écrit, ce que j’ai fait.

Cette question portera ce mois-ci sur une proposition que j’ai souhaité faire afin que les usagers de la Médiathèque municipale puissent désormais rendre leurs livres en dehors des horaires d’ouverture souvent restreints.

Cette solution coûterait pratiquement rien et rendrait bien des services à celles et ceux qui ont du mal à se libérer aux horaires d’ouverture!

 

Conseil municipal d’Hénin-Beaumont

du 2 mars 2018

Question orale à Monsieur Christopher Szurek, adjoint à la Culture

Marine Tondelier

Conseillère municipale

Membre du groupe « Agissons-Unis pour Hénin-Beaumont »

La Médiathèque Gérard Delsaux est un lieu important pour notre ville d’Hénin-Beaumont et pour l’accès de toutes et tous à la culture, à la lecture et aux loisirs à un tarif défiant toute concurrence, c’est à dire gratuitement. La récente mise en réseau des bibliothèques de la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin est venue renforcer l’offre déjà importante de notre Médiathèque, et nous pouvons être fier-e-s de cet outil.

Seule ombre au tableau malgré l’engagement et le professionnalisme de ses équipes: elle n’est ouverte au grand public que deux heures, de 10 heures à midi, deux matinées par semaine. Et cinq après-midi, jamais après 18h30.

Pour certaines personnes, qui arrivent à trouver le temps d’aller emprunter des livres, il est parfois frustrant de ne pas réussir à les rendre dans les délais. D’autres se privent tout simplement de ce service ne sachant pas s’ils parviendront à trouver un créneau pour rendre les ouvrages empruntés à temps.

Monsieur l’adjoint à la Culture, je vous fais la proposition suivante qui nous permettrait d’y remédier sans pour autant élargir les horaires d’ouverture, et donc à coût constant : pourquoi ne pas installer en façade une boîte aux lettres dédiée aux restitutions d’ouvrages empruntés, qui permettrait aux usagers de rendre plus rapidement leurs ouvrages, et aux équipes de gagner du temps en s’évitant l’envoi fastidieux de courriers de rappel aux retardataires?

Récupération des invendus du marché d’Hénin-Beaumont en vue de dons alimentaires destinés aux personnes en situation de précarité

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Vendredi 2 mars a lieu le Conseil Municipal à Hénin-Beaumont. En tant qu’élue écologiste, j’y porterai une motion en faveur de la récupération des invendus du marché d’Hénin-Beaumont en vue de dons alimentaires destinés aux personnes en situation de précarité, motion que j’ai déposée dans les règles la semaine passée. En voici les détails:

 

Conseil municipal d’Hénin-Beaumont

du 2 mars 2018

Motion en faveur de la récupération des invendus du marché d’Hénin-Beaumont en vue de dons alimentaires destinés aux personnes en situation de précarité

Motion portée par Marine Tondelier

Conseillère municipale

Membre du groupe « Agissons-Unis pour Hénin-Beaumont »

 

Le marché d’Hénin-Beaumont a lieu deux fois par semaine, le mardi et le vendredi entre 9h et 12h. A son issue, certains produits alimentaires invendus mais qui peuvent encore être consommés sont laissés sur place par certains commerçants. Un partie est jetée bien qu’une autre soit récupérée par des glaneurs, sans que rien ne soit vraiment officiellement organisé à ce sujet. Il arrive donc que des produits qui auraient pu être consommés soient malheureusement gaspillés. Et les personnes qui agissent pour éviter ce gaspillage le font de manière informelle, sans être vraiment accompagnés, encadrés.

Encourager et organiser la récupération de ces invendus répond donc à une double nécessité. La première est écologique : alors que les scientifiques nous alertent chaque jour avec plus d’inquiétude sur la raréfaction des ressources, le gâchis de produits, notamment alimentaires, n’est plus tolérable. Limiter le gaspillage des produits frais invendus sur notre marché permettrait donc d’apporter une réponse à cet impératif.

La seconde nécessité est sociale. Les indicateurs du niveau de vie des héninois sont sensiblement plus bas que la moyenne française. Agir en faveur d’un meilleur accès des héninois aux produits frais doit donc faire partie de nos priorités.

Récupérer les invendus sur les marchés pour en faire don à des personnes en situation de précarité alimentaire fait partie des actions menées en France dans certaines communes. Cette action permet également de mener des actions d’insertion auprès de publics précarisés et parfois même désocialisés.

Une association, la Tente des Glaneurs, s’est même créée autour de ce projet il y a plus de sept ans et agit depuis dans près de trente villes françaises comme Caen, Strasbourg, Paris ou Grenoble. Dans la région des Hauts-de-France, cette association œuvre sur les marchés de Lille (marché de Wazemmes), d’Armentières ou encore de Roubaix (marché de l’Epeule).

Cette association s’est constituée autour du double constat exposé au début de cette motion : d’un côté, le gaspillage alimentaire; de l’autre, des populations qui ont de plus en plus de difficultés à se fournir en produits frais en raison de l’augmentation croissante du prix de ces denrées. Leur démarche a donc un double intérêt.

Le fonctionnement de cette association est simple. Une équipe de bénévoles se réunit alors que le marché a déjà commencé, environ deux heures avant la fermeture. Chaque bénévole est en charge de récupérer une catégorie de denrées : certains glanent des fruits, d’autres des légumes, du pain ou même des fleurs. Les commerçants donnent ce qu’ils souhaitent, notamment les produits qu’ils ne pensent plus pouvoir vendre et qu’il sera difficile de mettre à nouveau sur les étals dans les jours qui suivent. Cela leur permet de ne pas stocker des produits qu’ils devront jeter par la suite. Le fonctionnement bénéficie également aux services de collecte des déchets du marché qui voient réduire leur volume de déchets à collecter.

Tous les invendus collectés par les bénévoles sont stockés et minutieusement triés sous une tente. Dès que le marché ferme ses portes, la tente des glaneurs est ouverte pour accueillir les nombreuses personnes, souvent en situation de précarité alimentaire (parents de famille nombreuse, retraités, étudiants…).

L’ouverture de la tente étant postérieure à la fermeture du marché, ce principe de redistribution ne prive pas les commerçants de leur clientèle. Il n’y a donc aucune forme de concurrence entre l’objet de cette association et les commerçants, mais bien une coopération entre eux qui profite à tous.

Ce dispositif connait un large succès dans les communes où il a été expérimenté. C’est le cas par exemple du marché de Wazemmes à Lille où tous semblent heureux que ce mécanisme de redistribution existe.

Exportable, ce dispositif  qui promeut et accentue la solidarité est envisageable pour le marché bihebdomadaire d’Hénin et pourrait permettre à des familles héninoises en situation de précarité alimentaire d’accéder à des produits frais tout en recréant du lien social.

Le Conseil municipal d’Hénin-Beaumont, réunit le 2 mars 2018, s’engage donc à :

  • Mener à des fins économiques, sociales et environnementales une action particulière en faveur de l’encouragement et l’organisation de la récupération et du partage des invendus de notre marché bi-hebdomadaire ;
  • Prendre contact avec l’Association « la Tente des Glaneurs » ou une association équivalente pour mettre en place un tel dispositif à Hénin-Beaumont ;
  • Permettre à toutes les personnes intéressées de participer à ce dispositif et d’en bénéficier.

Le Front National et la culture: un poème :)

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position
Ce soir à l’agglomération Henin-Carvin, le FN s’abstient sur les résidences artistiques à venir.
Ils sont « échaudés », disent-ils, par une précédente artiste qui aurait « fait de la politique » (la méchante), en vrai, traduire: elle était pas franchement d’accord avec nous et nous pas d’accord avec ses pièces (vous m’étonnez, ça parlait théâtre dans les camps de concentration et accueil des migrants).

Bref, tout ça pour vous dire que c’est marrant cette tendance des élus frontistes à être contre la culture quand les artistes en question sont engagés sur des thèmes qui les dérangent…

Mais de quoi ont-ils peur… Que les gens se réveillent? Se mettent à trouver que les migrants sont des gens comme eux? Qu’ils ne méritent pas de vote de motion « ma commune sans migrants »?

Vraiment, oui, ça serait dangereux…

En tout cas, je crois que Claire Audhuy a laissé chez les élus FN d’Hénin-Beaumont un genre de souvenir impérissable…

Ca veut pas dire qu’elle ait mal fait son job. Bien au contraire. Et en vrai je pense que c’est même ça qui les dérange 🙂

(Pour mémoire, j’avais écris à l’époque un article à lire ici  sur son travail remarquable et sur la « polémique » débile qu’avait tenté de lancer le FN à son sujet).

Moins de béton et plus de santé environnementale: mon intervention de ce soir à l’occasion du débat d’orientation budgétaire à l’agglomération Hénin-Carvin

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Ce soir, les élu-e-s de la Communauté d’agglomération Hénin-Carvin ont procédé au traditionnel « Débat d’orientation budgétaire », qui est également l’occasion d’examiner le rapport annuel « développement durable ».

Vous trouverez ci-dessous l’intervention que j’ai prononcée à ce sujet.
Vous en souhaitant une bonne lecture!

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Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Je ne m’étendrai pas sur le Rapport d’Orientation Budgétaire hormis pour remercier le Vice-Président aux finances Régis Delatre du travail de consensus qu’il fournit au quotidien ; En lien avec les membres l’exécutif, mission qui je l’imagine ne doit pas être de tout repos, surtout vu l’incertitude que le gouvernement actuel laisse planer sur nos finances.
Je ne m’étendrai pas plus sur le Rapport concernant l’égalité Homme-Femme si ce n’est pour regretter que ce soit souvent la seule occasion que nous ayons d’entendre une femme prendre la parole de cette tribune. Mais comme je suis de bonne foi, je vais tout de même saluer les progrès récents en matière de parité dans cette assemblée. Nous sommes sur la bonne voie et cela doit être salué même si de là à l’égalité réelle, la route sera encore longue.

Je voulais plutôt ce soir intervenir pour mettre l’accent sur le Rapport du développement durable 2018 car souvent il est injustement oublié, tout le monde ayant les yeux rivés sur les orientations budgétaires. Cette intervention, donc, pour rendre hommage au travail fourni sur le sujet, par la Commission développement durable, son Président, et l’équipe de Benoit Deram, Responsable du service environnement.

Je l’avais déjà dit l’année dernière et il me semble l’année d’avant : la CAHC s’engage avec beaucoup de volontarisme pour le développement durable et c’est à souligner. Parc des îles, ressourcerie, distribution d’ampoules à économie d’énergie, primes énergies renouvelables pour les particuliers, et même, ça c’est pour mon voisin qui manifestement est fan, « chantier crapaud », nous pouvons être fiers du travail accompli et n’avons pas à rougir de notre bilan en la matière, même si la tâche est immense et le chemin encore long.

Puisse le pot de « miel du parc des îles » qui vous a été remis ce soir vous le rappeler tout au long de l’année à chaque fois que vous y gouterez. Mais à chaque fois qu’il se rappellera à votre mémoire, vous pourrez également penser à ces deux remarques que je vais faire. N’y voyez rien de personnel – ça va sans dire mais ça va mieux en le disant comme dirait l’autre – mais c’est mon rôle d’écologiste que de les faire. Je ne respecterai pas pleinement mon rôle d’élue en me taisant et en ne cherchant pas à ce que collectivement, nous allions plus loin en la matière.

Cela ne m’empêchera par ailleurs pas de voter favorablement à l’issue de ce Rapport d’orientation budgétaire, certaines que mes remarques seront entendues et, au fur et à mesure, prises en compte, car je sais que le contexte invite malheureusement chacune et chacun d’entre vous à être, de fait, de plus en plus sensibilités aux enjeux environnementaux.

Ma première remarque concerne la disparition progressive des terrains agricoles sur notre territoire.

Certes, la CAHC n’est pas la seule agglomération concernée. Dans le Nord et le Pas-de- Calais, ce sont d’ailleurs 900 hectares de terres agricoles qui disparaissent chaque année. Cela représente 1 200 terrains de football.  Par an.

Pourquoi cela doit nous alerter ? Pas seulement pas amour du football…

Premièrement, cela met en danger notre alimentation de demain. On entend parler de plus en plus, et c’est tant mieux, de circuits courts, de produits locaux dans nos cantines. Mais à chaque champ qui disparaît, c’est cette ambition que l’on condamne. Et cela d’autant plus que dans le même temps, les rendements agricoles sont amenés à diminuer, car la recherche souligne que le réchauffement climatique mais aussi la pollution de l’air joue de manière très défavorable sur ces rendements (la dernière étude en date sur le sujet montre par exemple qu’il faut s’attendre à une baisse de 20% du rendement du blé en France d’ici 2030 due uniquement à la mauvaise qualité de l’air).

Ensuite, cela augmente les risques d’inondations et vous savez que nous y serons, dans les années à venir et à mesure que le climat poursuivra son dérèglement, de plus en plus exposés. Le sol est une éponge qui est en capacité, lors de fortes précipitations, d’absorber beaucoup d’eau. Schématiquement, lorsqu’on le bétonne, il se transforme en toile cirée sur laquelle l’eau glisse et s’accumule, ne trouvant plus d’échappatoire. Et accentuant ainsi les dégâts causés, à niveau de précipitations équivalent. Nous avons précédemment débattu de GEMAPI et craint les dépenses futures engendrées pour notre agglomération. Prendre garde à l’overdose de béton, c’est éviter des dépenses à venir.

Unknown

Alors voilà, lotissements, routes, grandes surfaces… engloutissent irréversiblement des milliers d’hectares de champs et de pâturages. Et notre agglomération est très concernée, notre récente décision concernant la façade Est de l’autoroute en témoigne.

Comprenez moi bien : je ne présents bien sûr pas que nous devons gérer ce territoire en mode « hibernatus », pour reprendre une expression chère à Bruno Bilde.

Il est possible, bien évidemment, de concilier développement économique ou urbain avec protection des surfaces agricoles. La seule condition étant de toujours garder cet objectif en tête et considérer l’impact environnemental des projets lorsque nous les bâtissons et les votons. Et de le mettre en balance avec les gains attendus. Peut être que toutes les disparitions d’hectares de champ votées ces dernières années n’en valaient pas la peine.

J’ai à cet égard beaucoup aimé l’approche du leader local du frêt et de la logistique invité lors des vœux de notre agglomération. Son activité, il l’a reconnu, est gourmande en terme d’impact énergétique. Mais il n’a pas éludé la problématique et semblait l’avoir bien en tête. J’ai d’ailleurs pris contact avec lui pour prolonger l’échange.

Le deuxième sujet dont je voulais vous parler, c’est la santé.

Quel rapport avec le développement durable me direz vous ?

Dans notre société – et le bassin minier, bien au contraire même, n’y échappe pas -, nous sommes de plus en plus malades de notre environnement.

Si les dépenses sont programmées intelligemment, en prenant en compte ce double objectif, chaque euros dépensé dans l’environnement peut donc avoir un impact positif sur la santé de nos concitoyens. C’est ce que l’on appelle la synergie. Et cette synergie, puis que nous avons toutes et tous l’efficacité de la dépenses publique en tête, nous devons la rechercher.

Sur l’arrondissement de Lens, dont nous faisons partie, la mortalité est supérieure de 67% à la moyenne nationale selon le dernier chiffre à notre disposition sur le sujet, par rapport à la moyenne nationale. C’est le plus gros écart d’Europe entre un territoire et sa moyenne nationale. Et nous ne devons pas, nous élus, le considérer comme une fatalité.

Dans ce rapport, je lis bien sûr que des choses sont faites sur la santé, en terme de sport santé, d’accès aux soins, d’accompagnement des associations de malades d’Alzheimer et d’encouragement des circuits courts par exemple (ce qui nous renvoie d’ailleurs à ce que j’ai dit précédemment sur l’attention à porter au maintien d’une agriculture locale).

Je me félicite de tout cela mais je pense que c’est l’axe sur lequel nous avons la marge de progression la plus forte.

Rassurez vous, je ne vais pas vous reparler ce soir de la ligne THT, de gaz de houille, des compteurs linky, des perchlorates dans l’eau : je ne veux pas que vous fassiez une overdose d’écologie, donc je continuerai comme je le fais régulièrement de me rappeler à vous sur ces sujets lors de prochaines séances de notre Conseil.

Ce soir et pour terminer, c’est des perturbateurs endocriniens dont je vais vous parler.

Ils sont un ennemi invisible qui affecte notre santé au quotidien. Au fil des années, ils sont devenus omniprésents. Dans l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les aliments que nous mangeons.

Ils sont des substances chimiques étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants. Comme les néonicotinoides, le glyphosate, les conservateurs, le parabène, et des tas d’autres substances au nom barbare qui défraient régulièrement la chronique.

L’Organisation Mondiale de la Santé et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement les considèrent je cite comme « une menace mondiale à laquelle il faut apporter une solution »

Alors je sais que ce sujet peut être très déstabilisant pour un élu. Car il semble contre intuitif – pour quelqu’un qui a vocation à résoudre les problèmes de ses concitoyens -, d’alerter la population, de poser un problème, sans être en mesure de le solutionner.

La bonne nouvelle c’est que les solutions existent et que des associations travaillent, au niveau national et sur le territoire, pour accompagner les collectivités qui s’engagent pour faire reculer les perturbateurs endocriniens. Pas loin d’ici, et sans plus de moyens à disposition, l’agglomération « Coeur d’Ostrovent » a par exemple pris des engagements forts qui commencent à se concrétiser.

Ce n’est pas le lieu ce soir de faire tout le débat sur le sujet, le plus d’efficace serait d’y travailler et de proposer lors qu’une séance à venir, une charte d’engagement pour un territoire « sans perturbateurs endocriniens ».

Je me tiens à la disposition de celles et ceux qui sont prêtes à y travailler, et en premier lieu du Président de la Commission du développement durable avec lequel j’ai déjà pu m’entretenir du sujet et que j’y sais sensible.