Intervention sur l’Ukraine au Conseil Régional

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Je présentais, en présence du Consul Général d’Ukraine à Lille, un voeu sur la situation actuelle au nom du groupe « Pour le Climat, Pour l’Emploi». Nous demandons que la Région Hauts-de-France se montre proactive quant à la mise à dispositions de logements décents et à l’accueil digne des réfugiés, qu’ils soient ukrainiens ou non.

Si la France et la Région avaient accéléré le processus nécessaire de transition écologique, nous ne serions pas dépendants à ce point des énergies russes. Le prix des énergies fossiles s’envole, le litre de carburant dépasse déjà les 2 € dans plusieurs régions et le bouclier tarifaire voté par le gouvernement ne nous protégera pas éternellement de la flambée du prix du gaz.

Nous devons ajouter à cela une pénurie de blé dans toute l’Europe : nous devons apporter notre soutien aux agriculteurs pour augmenter leur production, tout en les encourageant à se diriger vers un modèle respectueux de l’environnement. Cette crise révèle encore une fois les défaillances d’un productivisme industriel exacerbé.

Vous pouvez retrouver ici le texte de la motion déposée par notre groupe.

J’ai pu défendre cette motion en intervenant lors de la session plénière du Conseil Régional :

Je voulais commencer cette intervention en saluant Monsieur le consul général d’Ukraine à Lille, dont la présence ici parmi nous, nous oblige à des débats dignes. 

Soyez le bienvenu ici.

Soyez assuré de notre soutien le plus total à votre peuple. Soutien qui nous oblige, JUSTEMENT, à dire certaines choses.

Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine en dépit de toute règle de droit international. Il y tue des civils. C’est un criminel de guerre. Qu’il soit jugé et condamné pour cela. 

Hier à Marioupol, il a bombardé un théâtre où étaient réfugiés des centaines de civils, 

un théâtre autour duquel avait été écrit en gros, au sol, pour être vu du ciel, le mot « ENFANTS », ne laissant aucun doute à l’assaillant sur le carnage civil qui se jouerait si ce bâtiment était pris pour cible. 

Ce matin en apprenant ces nouvelles, nous avons la nausée. Encore un peu plus qu’hier. En craignant que demain, un cran supplémentaire ne soit à nouveau franchi dans l’horreur.

Vladimir Poutine a entrainé deux pays dans la guerre et il faut tout faire pour le stopper. 

Premièrement celles et ceux, en France, qui ont complaisamment relayé sa propagande pendant des années, doivent avoir la décence de le reconnaitre et de s’en excuser.

Ensuite, beaucoup de françaises et de français s’activent en participant à des collectes, en faisant des dons, en proposant de l’aide à l’hébergement d’urgence, etc. C’est tout à leur honneur et il faut encourager et accompagner ces initiatives humanistes et solidaires.

Mais il est inconcevable que certains, qui ont de puissants leviers à actionner, et je pense notamment aux grands groupes français qui travaillent en russie, ne fassent rien et continuent leur petit buisness comme si de rien n’était.

En tout, 35 groupes français sont concernés. Ces sociétés ont investi environ 20 milliards d’euros en Russie en 2020 où elles emploient 200 000 personnes, ce qui fait d’elles les premiers employeurs internationaux de ce pays.

Elles ont les moyens d’agir en participant aux sanctions économiques et en stoppant leur activités en Russie.

Si la décision d’une seule entreprise ne fera sûrement pas flancher Vladimir Poutine, l’effet d’accumulation n’est pas à négliger. On sait notamment le rôle qu’avait eu dans la chute de l’Apartheid le départ volontaire de 200 grands groupes de l’Afrique du Sud dans les années 1980.

Alors il faut que ce mouvement soit suivi, qu’ils soit unanime.

Un mot enfin au sujet de Total Energies, qui est dans la pire des situations, et doit en priorité en tirer les conséquences.

Car leurs activités en Russie financent cette guerre. Les importations de gaz et de pétrole russe, ce sont 700 millions de dollars qui alimentent chaque jours l’armée russe, qui paient les chars et les armes, qui financent chaque jours des crimes en ukraine.

Les liaisons dangereuses entre la France et la Russie en matière d’énergie doivent cesser.

Pour cela il faut garantir notre indépendance alimentaire et énergétique en accélérant la transition. Pas en promettant pour dans 40 ans de nouveaux réacteurs nucléaires, mais en augmentant dès aujourd’hui la production renouvelable, ce qui ve beaucoup plus vite. Et en améliorant la performance énergétique des logements particuliers (5,6 millions de foyers français vivent encore dans la précarité énergétique) et celle des bâtiments publics.

Paix

Climat,

Même combat.