PROJET PARCOLOG – Réaction à la publication du rapport du Commissaire enquêteur

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Les deux rapports du Commissaire enquêteur sur le projet d’entrepôts logistiques PARCOLOG (demande d’autorisation d’exploiter et demande de permis de construire) ont été publiés sur le site de la préfecture du Pas-de-Calais.

Malgré la forte mobilisation des riverains et des écologistes du secteur, cet avis est favorable, mais il est assorti de nombreuses réserves (sept, ce qui est très rare) et de recommandations, ce qui est une victoire en soi (rappelons qu’en vertu de la réglementation, l’avis du commissaire enquêteur sera donc défavorable tant que toutes ces réserves ne seront pas levées).

C’est grâce à celles et ceux qui se sont déplacés pour rencontrer le commissaire enquêteur ou ont pris le temps de contribuer sur internet ou par pétition, et nous les en remercions.

LES REMARQUES DU COMMISSAIRE ENQUÊTEUR VONT DANS LE MÊME SENS QUE LES NÔTRES

Notamment, comme nous l’avions préconisé au Commissaire enquêteur, il sera ordonné que le rétablissement des chemins équestres et piétons/cyclistes soit modifié, afin qu’ils soient prolongés jusqu’au rond-point de la rue Fontaine (dans le projet initial, ce passage prisé des sportifs et des promeneurs était menacé). Parcolog devra également modifier les merlons pour que le paysage soit davantage préservé.

En phase avec les questions que nous avons été nombreux à soulever, le Commissaire enquêteur recommande également la réalisation de deux nouvelles études, l’une sur l’impact acoustique et l’autre sur la réalisation d’une nouvelle étude de l’impact sur la pollution de l’air.

Dans son rapport, il pointe aussi de nombreuses erreurs dans le dossier de l’enquête publique, entre autres l’étude d’impact qui est inexacte  puisqu’elle indique que le terrain en question est en friche alors qu’il est actuellement cultivél’étude d’impact est inexacte puisqu’elle indique que le terrain est en friche alors qu’il est actuellement cultivé »). Il souligne également que les informations concernant l’impact du projet sur le trafic routier étaient trop sommaires :  une analyse plus précise a été prescrite sur le sujet, et même après les compléments apportés par Parcolog, le commissaire précise que « cet aspect du projet nécessite une clarification » (nous en assurerons très attentivement le suivi).

Le commissaire enquêteur, avec lequel nous avions longuement débattu sur le sujet, estime par ailleurs que les réponses du pétitionnaire « ne semblent pas entièrement convaincantes sur la question de la saturation du rond-point » alors que l’impact sur les conditions de circulation a inquiété 80% des répondants à l’enquête publique, et « n’est pas entièrement satisfaisante » sur le thème des nuisances sonores et de la qualité de l’air, sujets qui ont été abordés par respectivement 55 et 60% des répondants.  

Idem, alors que nous avions précisé que ce projet aurait pu s’implanter à Delta 3, plateforme logistique voisine qui a le mérite d’être multimodale, le commissaire enquêteur précise que « cette hypothèse aurait dû être évoquée dans le chapitre de l’étude d’impact consacré aux solutions de substitution au lieu d’indiquer : ‘aucune solution de substitution n’a été envisagé pour l’emplacement’ ».

Extrait du dossier de l’enquête publique

UNE POSITION AMBIGUË DE LA MUNICIPALITÉ SUR LE DOSSIER

Il faut rappeler que ce projet existe aujourd’hui, c’est à la suite d’un protocole transactionnel signé par Steeve Briois en octobre 2016 avec Territoires 62 convenant de « la cession rapide des terrains » concernés.  

Toutes les personnes interrogées par nos soins, dont des participants aux réunions de l’époque, nous ont confirmé que le Maire d’Hénin-Beaumont, qui s’est pourtant beaucoup vanté de ce protocole transactionnel mais sans ne jamais s’étendre sur ses conséquences, savait très bien quelle serait la destination des terrains : la construction d’entrepôts logistiques. Pourquoi l’avoir caché à la population à l’époque, pour ne communiquer que sur le volet financier de la transaction? 

Le principe de ce protocole transactionnel avait été validé en Conseil municipal le 12 décembre 2015. Mes collègues élus d’opposition et moi n’avions pas pris part au vote par manque d’information sur le sujet. Nous ne le regrettons pas !

Nous avions également voté contre la révision du PLU du 16 décembre 2016, classant la zone concernée en zone à urbaniser conformément à ce protocole finalement signé en octobre 2016 avec Territoire 62.

Enfin, nous avions déposé au début du mois, en vue du Conseil municipal du 19 juillet 2019, une motion visant à ce que la ville puisse officiellement prendre position contre le projet. Le maire a sciemment organisé le fait que le Conseil municipal soit interrompu par un pseudo incident de séance juste avant son examen, afin de ne pas avoir à répondre publiquement à nos questions qui manifestement l’embarrassent. Ces méthodes nous en rappellent d’autres de l’un de ses prédécesseurs. Nous les espèrions révolues…

Osons pour Hénin-Beaumont continuera à se mobiliser contre ce projet et pour la transparence et la démocratie dans notre ville, au service de ses habitants, de leur santé, de leur environnement et de leur cadre de vie.

Nous nous tenons bien évidemment à la disposition de toutes celles et ceux qui auraient des questions ou des demandes de précision sur le sujet.

Contacts: Marine Tondelier,  Conseillère municipale écologiste (0684861578) // Albert Lebleu et Omar Mehabi, Beaumontois

Retrouvez le texte de la pétition ici (rejoignez les bientôt 500 signataires)

Et toutes les informations sur le projet ici

Le Front National et la culture: un poème :)

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position
Ce soir à l’agglomération Henin-Carvin, le FN s’abstient sur les résidences artistiques à venir.
Ils sont « échaudés », disent-ils, par une précédente artiste qui aurait « fait de la politique » (la méchante), en vrai, traduire: elle était pas franchement d’accord avec nous et nous pas d’accord avec ses pièces (vous m’étonnez, ça parlait théâtre dans les camps de concentration et accueil des migrants).

Bref, tout ça pour vous dire que c’est marrant cette tendance des élus frontistes à être contre la culture quand les artistes en question sont engagés sur des thèmes qui les dérangent…

Mais de quoi ont-ils peur… Que les gens se réveillent? Se mettent à trouver que les migrants sont des gens comme eux? Qu’ils ne méritent pas de vote de motion « ma commune sans migrants »?

Vraiment, oui, ça serait dangereux…

En tout cas, je crois que Claire Audhuy a laissé chez les élus FN d’Hénin-Beaumont un genre de souvenir impérissable…

Ca veut pas dire qu’elle ait mal fait son job. Bien au contraire. Et en vrai je pense que c’est même ça qui les dérange 🙂

(Pour mémoire, j’avais écris à l’époque un article à lire ici  sur son travail remarquable et sur la « polémique » débile qu’avait tenté de lancer le FN à son sujet).

Pollution du bassin minier au détriment de notre santé : ça suffit!

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Environnement, Législatives 2017, Mon travail d'élue, Nord-PdCalais, Nos campagnes électorales, Prises de position, Santé, Social

« Metaleurop hier, entreprises polluantes aujourd’hui, doublement de la ligne Très Haute Tension demain. Notre territoire est cerné ! Le « PIG 1000″, qui pourrit la vie des riverains de l’ancien site de Metaleurop, est une honte nationale et je me battrai pour une juste réparation de ce préjudice, sur le plan financier comme sur le plan écologique. Plus largement, je veillerai à ce que des mesures urgentes soient mises en place pour garantir la qualité de l’air, de l’eau et des sols sur notre territoire car notre santé n’a que trop souffert de ces pollutions. » 

Marine Tondelier, Candidate écologiste aux élections législatives sur la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

Ces combats, qui lient très étroitement santé et environnement, sont ceux qui ont fait venir l’enfant de ce territoire que je suis à l’écologie. Au cours de cette campagne, j’ai eu l’occasion de recevoir Noël Mamère pour les lui exposer

Nous nous sommes d’abord rendus sous la ligne THT avec les membres de l’association Leforest Environnement

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Puis rue Mirabeau, dont les riverains ont construit des maisons avant que la zone ne soit déclarée « PIG 1000 ».

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Le tout a été résumé ici par la Voix du Nord:

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La santé comme priorité

L’ambition pour ce territoire doit être jugée selon les propositions que l’on peut faire pour renforcer son développement et sa cohésion. Lutter contre les immigrés ne sera jamais une solution pour faire avancer le bassin minier.

Ceux qui font cette proposition jouent sur la peur. L’arrivée d’une épidémie est même évoquée ! Mais ils ignorent tout de l’histoire du Bassin minier, de ses habitants, de la vérité du bassin minier.

La santé par contre doit être à mon sens LA priorité pour tous les responsables politiques qui souhaitent recueillir les suffrages des habitants du bassin minier.

Dans nos hôpitaux se concentrent tous les maux sanitaires que le bassin minier a eu à rencontrer : un taux de cancer scandaleux, la silicose qu’un grand nombre de nos parents subissent, des intoxications au plomb …

Et quel est le vécu de ces personnes ? Elles doivent encore se battre pour faire reconnaître leur maladie, pour obtenir une juste réparation.

Une attente et des délais inacceptables 

Il aura fallu attendre 2012 pour voir la première condamnation des Charbonnages de France dans un dossier de silicose. Dans le cas de Metaleurop, les salariés ont pu obtenir la reconnaissance de leur préjudice, mais qu’en est-il des habitants d’Evin-malmaison et des villes avoisinantes qui subissent avec la pollution les contraintes du PIG ?

Uniquement sur la pollution de l’air, la France subit chaque année près de 46 000 décès prématurés. Mais, que peuvent faire aujourd’hui les victimes de ces pollutions ? Contre qui peuvent-elles se retourner ?

Une victoire exceptionnelle face à l’amiante

Les travailleurs de l’amiante auront peut-être attendu moins longtemps. Mais que d’années perdues ! A chaque scandale son combat. L’absence de réglementation digne de ce nom laisse craindre de nouveaux scandales sanitaires.

Les associations d’aide aux victimes de l’amiante auront au moins obtenues une avancée remarquable : la création d’un fonds d’aide aux victimes de l’amiante (FIVA).

Je veux que la première proposition de loi que j’établirai soit consacrée, sur le modèle du FIVA à la création d’un fonds d’aide aux victimes des pollutions.

A chaque scandale de ce type, les victimes ne doivent pas attendre des années de lutte pour obtenir la reconnaissance de leur préjudice et pour obtenir une juste réparation.

C’est une question de solidarité nationale. C’est une priorité pour le bassin minier. 

Travailleurs et habitants au cœur de la politique de prévention de la santé

A ce stade de la réflexion, nous n’en sommes pas à détailler les contours techniques, juridiques et financiers du dispositif.

Dans mon esprit, le dispositif repose déjà sur un plan de financement clair que je pourrais préciser en temps utile. Certains voudront évacuer cette proposition sur la base de chiffrages fantaisistes.  Pour ma part, je vois surtout l’ampleur des dégâts humains que causent chaque année ces pollutions à notre société et à notre environnement. Cela coûte déjà plusieurs points de PIB chaque année.

Je propose plutôt de s’accorder sur une méthode et sur un objectif commun.

L’objectif de ce dispositif est de pouvoir venir en appui aux travailleurs d’abord qui sont les plus exposés à ces pollutions, mais aussi aux habitants qui seraient concernés involontairement.

Quel serait le rôle du fonds ? Face à la succession de scandales sanitaires, la réglementation apparaît souvent en retard, les moyens de contrôle et d’inspection largement insuffisants. La préservation de la qualité de vie nécessite pourtant une politique de prévention sanitaire solide. Pour inciter à une prévention efficace, le fonds constituera la garantie pour la population que les pollueurs seront mis en responsabilité.

Concrètement, pour reprendre l’exemple du FIVA sur l’amiante, le fonds est chargé des procédures à l’encontre des pollueurs et récupère chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros.

Pour mettre sur les rails ce fonds d’aide aux victimes des pollutions, l’ensemble des acteurs publics et privés doivent pouvoir s’accorder sur cet objectif et sur une méthode.

La méthode du Grenelle de l’environnement en 2007 a fait ses preuves et a permis d’obtenir des résultats tangibles. Ce dialogue doit pouvoir être poursuivi dans les prochaines années.

En tant que députée, je veillerai à ce que ce projet de fonds soit au cœur de ce dialogue.

Bien conçu et précisé, le fonds d’aide aux victimes de pollution pourra constituer un élément structurant de notre modèle sanitaire et social.  Un tel outil doit pouvoir se construire par étapes.

Poursuivre les luttes locales

Je reste réaliste. La création de ce fonds si elle est possible rapidement devra surmonter de nombreux obstacles.

Les luttes contre la THT Avelin – Gavrelle, ou sur le PIG de Metaleurop vont devoir se poursuivre. Ce ne sont que les combats les plus emblématiques qui nous attendent, mais je pense surtout à ces situations qui mériteraient une plus grande attention des pouvoirs publics, où faute de lanceurs d’alerte ou d’associations actives, les maux sanitaires restent silencieux.

La création du fonds d’aide aux victimes de pollution pourra être l’un des aboutissements de ces luttes emblématiques pour créer une réponse plus large garantie à l’ensemble de la population.

Réfléchissons ensemble à sa mise en œuvre sur ce territoire sur la base d’une expérimentation. Ce projet est non seulement indispensable sur le plan sanitaire, mais aussi pertinent sur le plan économique et juste sur le plan social.

Des réfugiés bienvenus à Hénin-Beaumont… quand les collégiens font notre fierté :)

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C’est l’histoire de Claire Audhuy. Elle est auteure et metteur en scène, et a grandit en Auvergne et en Alsace…

Mais qu’est-elle donc venue faire à Hénin-Beaumont?

Un contrat local d’éducation artistique! (CLEA). En clair, elle est en résidence-mission pour 4 mois au sein de l’agglomération Hénin-Carvin.

Sa spécialité? Le théâtre de l’extrême. Elle a beaucoup travaillé sur le théâtre dans les camps de concentration, et est l’auteure de pièce de théâtre documentaires qui interrogent notre monde et donnent la parole à ceux que l’on entend pas. Et notamment les réfugiés.

Elle est connue, donc, pour son travail artistique sur le territoire. Mais aussi – et ce n’est pas la première dans ce cas sur le territoire -, pour avoir été violemment ciblée par Steeve Briois dans une lettre comminatoire adressée au Président de l’agglomération.

 

 

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La Voix du Nord, Avril 2017

Briois reproche donc tout un tas de choses à Claire Audhuy, dont le fait de « faire ma promotion » ce qui serait « une infraction au financement des campagnes électorales ».

Alors je reviendrai là dessus à la fin: je ne CONNAISSAIS pas Claire Audhuy. Mais je peux vous dire qu’avec toute cette histoire on a bien sûr été amenées à prendre contact. Parce qu’on a en fait le même caractère: quand on cherche à nous intimider, on a vraiment, mais alors vraiment envie de faire l’inverse. On a donc fait connaissance. Et maintenant que je la connais j’ai décidé, en toute liberté, de faire, moi, sa promotion 🙂 (ça doit être mon côté rebelle).

Voici du coup un petit retour sur ma soirée d’hier soir. Claire et les collégiens avec lesquels elle travaille depuis 4 mois présentaient, au collège Gérard Philippe, une pièce de théâtre, « Bienvenue à Hénin-Beaumont ».

Ces 30 collégiens n’ont que 14, 15 ans et viennent pour certains du Tchad, d’Afghanistan, d’Albanie, du Bangladesh, de Bulgarie, d’Angola, d’Algérie et d’Espagne. Ils sont arrivés,  ayant fuit la misère ou la guerre, à Hénin-Beaumont, dans la classe d’Unité Pédagogique pour Élèves Arrivant Allophone (UPE2A), et ont rencontré les  élèves de 3e du collège Gérard Philippe cette année. Ensemble ils ont écrit cette pièce, qui met des grosses claques aux préjugés… Y compris aux leurs!

Ecoutez plutôt cette vidéo de Claire en introduction du spectacle qui explique la démarche.

 

Quand elle a annoncé aux élèves de 3èmes qu’elle allait 10 minutes après ouvrir la porte et laisser entrer des « migrants », ça a été la stupeur dans la classe. Elle a fait parler les élèves, qui rapportent au début de la pièce leur appréhension.

Dans le premier acte de la pièce, intitulé « les sauvages et moi », ils reviennent donc sur ces sentiments. C’est cru, brut de décoffrage, sans filtre:

  • « J’étais stressée par les idées reçues que donne la télé »
  • « Je pense qu’ils viennent nous faire du mal, qu’ils sont méchants, qu’ils veulent envahir la France »
  • « Ils seraient des personnes sales. Tout le monde les considère comme des animaux. Les Français croient qu’ils nous veulent du mal. On parle des migrants comme de personnes à ne pas côtoyer. La politique se sert d’eux pour gagner des voix. Les journalistes se servent d’eux pour faire la une des médias. J’entends parler d’eux comme de gens très dangereux pour la France ».
  • « Quand j’ai su que j’allais rencontrer des migrants j’ai stressé parce que j’avais compris qu’ils étaient agressifs et méchants »
  • « J’ai eu des préjugés. Ce que disent certains politiciens, « virons les de chez nous », ça faisait que j’avais peur de les rencontrer. J’appréhendais mais en y repensant c’est eux qui devaient avoir peur dans cette ville où on les rejette ».

En créant cette pièce ils ont avancé ensemble et ont permis de montrer un autre visage d’Hénin-Beaumont. Avec leurs mots innocents, ils font avancer la salle, qui parfois se prend à rire, comme ce moment où l’un d’entre eux déclame: « Chez eux comme chez les français il y a des cons partout ». Et oui, c’est ce que l’on appelle l’universalité 🙂

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Et puis vient le deuxième acte: « ma commune avec migrants ». Cet acte prend le contrepied de la « Charte ma commune sans migrants », adoptée dans des conditions déplorables à Hénin-Beaumont en octobre dernier (voir cet article précédent) et que j’ai d’ailleurs attaqué au tribunal administratif (voir cet autre article). La commune a produit son mémoire en défense, l’instruction est en cours…

Dans cet acte, les primo-arrivants racontent leur parcours de manière croisée (chacun raconte le parcours d’un copain). Là aussi, on pleure et on rit. Morceaux choisis:

  • « J’ai dû laisser derrière moi ma famille, mon amie, mes frère et mes soeurs, qui sont encore au Bangladesh. La seule chose qu’il me manque ici pour me sentir bien, c’est un meilleur ami, je ne l’ai pas encore trouvé ».
  • « Le dernier jour, avant de monter dans cette voiture pour quitter mon pays, j’étais avec ma famille et mes amis, et puis je suis monté à l’arrière et ils ont disparu derrière moi »
  • « Je ne fais pas d’histoire, pas de bagarre, je veux juste réussir à l’école puis devenir policière: la première femme policière étrangère d’Hénin-Beaumont, maman serait fière de moi! »
  • « Le tout dernier souvenir de chez moi, je n’ai pas envie d’en parler, je préfère me souvenir de quand j’étais à la maison et que je jouais avec mes amis. »
  • « Les souvenirs, heureusement, c’est gratuit, donc je fais souvent le voyage dans ma tête. En vrai, aller en Afrique, c’est bien trop cher, on n’a pas les moyens ».
  • « J’ai quitté l’Afghanistan comme on quitte l’enfance, et j’ai découvert la jungle de Calais. C’est ici que j’ai découvert la peur. La guerre ne m’a pas suivie ici mais elle est toujours là bas, où est ma famille. J’ai peur de ne pas obtenir mes papiers et de devoir rentrer. Je serais heureux de revoir les miens mais la guerre, je ne veux plus la revoir ».

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Comparer leur situation les font réfléchir. Siyana qui vient de Bulgarie a pu emporter son chien mais pas ses hamster. Pour d’autres, à qui on avait demandé de ramener un objet qu’ils avaient ramené de leur pays, ils n’avaient que le jean et le T-shirt avec lequel ils avaient fuit.

Leurs rêves aussi sont simples et beau. Monter en haut de la « Tour Iffele », « accoucher sans douleur et manger sans trop grossir » », « faire les soldes ». Et puis il y a Abbas qui « aimerait que personne ne meurt plus sur la terre » mais reconnait, lucidement, « je crois que ça poserait des soucis d’organisation ».

Après tout ce sont des ados comme les autres. Comme la jeune bulgare qui raconte: « je prie le soir pour que demain tous les profs soient absents et que mes amis et moi on aille au Mac Do et au cinéma. Le truc le plus génial, ce serait que pile ce jour là ce soit les soldes, le rêve! ».  Comme Omar qui veut « devenir footballeur » et ajoute « si quelqu’un d’autre veut bien sauver le monde, moi je serai son ministre des sports ». Et comme Saifallah, afghan, qui conclue « ici j’ai découvert l’amour. Pas besoin de papiers pour ça, c’est bien pratique ».

Et puis viens le 3me acte, intitulé « Vivre ensemble ».

C’est la conclusion de ces heures d’échange. Et se produit ce que j’avais expliqué au Conseil municipal pendant le débat « Ma commune sans migrants »: il suffirait à chaque français de passer 10 minutes à discuter, les yeux dans les yeux, avec un réfugié ou un migrant pour connecter avec sa propre part d’humanité avec la sienne et lâcher ses préjugés.

Dans cette ville, je le dis et je le répèterai jusqu’à ce qu’il soit condamné pour cela, le maire fait de l’incitation à la haine. Il m’est arrivé plusieurs fois de me faire lyncher sur les réseaux sociaux pour avoir demandé des soins médicaux pour les roms ou pour avoir osé aller à Grande Synthe cuisiner des réfugiés kurdes.

Exemple pratique en images:

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Voyez un peu ce que les internautes venaient écrire sur mon mur après que le maire les ait chauffés à blanc (c’est un échantillon représentatif mais je vous passe les 300 autres, je suis sympa):

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Et même des appels au meutre:

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Alors je peux vous dire que j’ai été pas mal émue, après les témoignages du début de la pièce, ces souvenirs des collégiens de ceux qu’ils pensaient avant leur première rencontre avec les migrants, d’entendre leurs déclarations de la fin: 

  • « On essaie de nous laver le cerveau pour nous faire penser du mal d’eux »
  • « Maintenant si j’entends des gens dire du mal d’eux je me mets en colère » 
  • « Malgré tout ce qu’ils ont vécu ils ont toujours un sourire immense »
  • « J’ai pas honte de le dire, Abbas c’est mon ami »
  • « S’il y a des personnes qui parlent mal d’eux je vais mal réagir parce que MOI je les ai rencontrés, et que je les apprécie beaucoup »
  • « Aujourd’hui je veux les aider en faisant cette pièce avec eux pour raconter leurs histoires. Je veux que tout le monde comprenne ce que j’ai compris ».
  • « J’avais peur qu’ils aient un mauvais comportement mais Ibrahim avait les meme goûts que moi. « 
  • « Avant à la télé et dans la rue j’entendais beaucoup de choses sur eux. Maintenant je me mets à leur place. Voir son pays où sa famille détruits »
  • « J’avais peur qu’ils me parlent mal. Nous on a peur mais eux je pensaient vous pas qu’ils aient peur? Peur d’être renvoyés chez eux par exemple? »
  • « Ce sont des humains comme les autres. Ils viennent juste d’un autre pays. Et alors? La terre est ronde »
  • « La plupart sont jeunes, et sont arrivés dans une ville qui les rejette. Alors oui nous avons peur, mais en comparaison, leur peur est bien plus grande et plus justifiée »

 

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Monter cette pièce n’a pas été simple. Des enfants ne voulaient pas jouer. Des parents n’ont pas voulu venir. Et l’équipe d’encadrement a craint jusqu’au bout de ne pas pouvoir jouer la pièce ou de faire face à des réactions hostiles dans le public. Il n’en fut rien. Et je peux même vous dire que parmi ceux qui étaient présents hier soir personne n’a regretté le déplacement, en témoigne la standing ovation de la fin et les élèves, sourire en banane, racontant leur expérience au pot de la fin.

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Voilà, une belle leçon d’humanité. Et une démonstration de l’utilité de la culture pour combattre les préjugés… Qui vous aura surement aussi mieux fait comprendre pourquoi le travail de Claire Audhuy ne plait pas beaucoup à l’équipe municipale en place, qui, pour cimenter son électorat, a surtout besoin que ces préjugés perdurent.

Je ne peux pas finir cet article sans répondre aux allégations de Steeve Briois qui, dans le courrier envoyé au Président de l’agglomération que je vous ai cité en début d’article et que je vous mets en photo ci-dessous, m’implique dans son combat avec Claire Audhuy.

Steeve Briois a été jusqu’à porter plainte auprès du procureur pour dénoncer une « infraction au financement des campagnes électorales », parce que Claire Audhuy ferait « ma promotion » dans « une vidéo ».

Quand j’ai été mise au courant de ce courrier j’ai d’abord cru à une blague. Et demandé à le voir pour le croire. J’ai eu une confirmation de plus du fait qu’ici, la réalité dépasse souvent la fiction. Un mélange de Dallas et de Baron noir comme je dis souvent!

Alors par totale transparence et parce que je n’ai rien à cacher, voici ma version des faits.   La vérité, rien que la vérité.
« J’ai fait la connaissance de Claire Audhuy le 27 février, soit très tardivement. Elle était venue au lancement de mon livre « Nouvelles du Front » au Shannon, ainsi qu’une centaine d’habitants. Elle s’est présentée à moi et m’a expliqué son travail local que j’ai trouvé hyper intéressant. Elle avait été présente à un Conseil municipal quelques jours plus tôt (le même que celui qui a été immortalisé par « complément d’enquête »), mais je ne la connaissais pas et on ne s’est pas parlé donc je ne pouvais pas le savoir. On s’est par contre croisées furtivement le 19 mars, à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, on s’est simplement dit bonjour.
Quand nous avons pris connaissance de ce courrier par contre, nous sommes entrées en contact pour comprendre cette folie du maire. Je tombais de ma chaise de la manipulation des faits par Briois. Et je ne comprenais pas ce que c’était que cette vidéo que brandit Steeve Briois en pièce à conviction. Vous lirez ci-dessous l’explication…
Pour ma part je ne supporte pas ces méthodes du FN qui cherchent à faire peur aux gens, à les dissuader de mener leur action, de se parler, de se rencontrer. J’ai donc revu plusieurs fois Claire depuis et quand nous nous croisons, nous échangeons systématiquement quelques mots plutôt que d’aller se cacher pour éviter les rumeurs.
Parce que la chape de plomb, dans cette ville, sa suffit. Il y a 10 jours en Conseil municipal ils ont expliqué que j’avais du sang sur les mains, que j’étais un emploi fictif et que j’étais corrompue. Maintenant je détournerais des fonds publics pour ma campagne électorale… Et demain ils inventeront quoi? Plus c’est gros plus ça passe! Donc à un moment ça va bien et désormais le seul impact que le Front aura sur mes relations sociales sera de me rapprocher de celles et ceux dont ils cherchent à m’éloigner. A bon entendeur 🙂 »
Et je vous laisse donc sur ce témoignage écrit à ma demande par Claire pour terminer cette opération transparence.
« Je n’ai aucunement fait la promotion d’EELV. J’ai juste répondu aux questions de « La Zone de Silence » dans une interview vidéo le 8 avril à Strasbourg dans laquelle je partageais mes observations d’Hénin-Beaumont. Ayant assisté à un conseil municipal ces dernières semaines, j’avais été choquée par la manière dont se déroulait la séance: micros coupés par Steeve Briois quand l’opposition parle, propos indécents à l’encontre de l’opposition, etc… J’ai donc cité Marine Tondelier comme exemple de l’élue d’opposition qui, ce jour-là, avait tenu bon malgré la tempête de mauvaise foi et de railleries autour d’elle. Elle avait même été huée par le public qui, selon moi, se devait d’être silencieux lors des débats du conseil.
J’ai fait part de mon indignation face à ces méthodes, pour la vidéo de Zone de Silence.
Je réside actuellement sur l’agglomération d’Hénin-Carvin pour 4 mois et, de fait, passe une partie de mon temps libre dans les différentes communes. Je me suis rendue à la soirée de sortie publique du livre « Nouvelles du front » présenté par Marine Tondelier à Hénin-Beaumont: c’est la première fois que je l’ai rencontrée après l’avoir entendue en Conseil municipal. Je l’ai revue ensuite à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.
 Je suis choquée des méthodes d’intimidation de la mairie qui n’hésite pas à fabriquer de rumeurs, notamment à mon sujet, m’accusant de détournement de fonds publics, ou m’inventant de fausses intentions. »
Et une belle fin de semaine à tout le monde 🙂

Journal des Verts d’Hénin-Beaumont : 5ème édition!

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Hénin-Beaumont, Législatives 2017, Mon travail d'élue, Nos campagnes électorales, Prises de position

Depuis les municipales de 2014, les Verts d’Hénin-Beaumont vous proposent leur journal deux fois par an, glissé dans toutes vos boîtes aux lettres.

Le 5ème numéro est téléchargeable ici au format PDF et consultable ci-dessous.

Vous pouvez également consulter les numéros précédents….

Journal des Verts d’Hénin-Beaumont N°1

Journal des Verts d’Hénin-Beaumont N°2

Journal des Verts d’Hénin-Beaumont N°3

Journal des Verts d’Hénin-Beaumont N°4

 

… et nous aider à le distribuer dans tout Hénin-Beaumont en m’écrivant un mail à marine.tondelier@gmail.com.

Bonne lecture !

 

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Beau succès de la distribution de graines bios sur le marché d’Hénin-Beaumont vendredi matin!

A Hénin-Beaumont, A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Environnement, Législatives 2017, Mon travail d'élue, Nos campagnes électorales, Prises de position, Sur le terrain

A l’occasion de l’arrivée du printemps – ENFIN!!! – et de la Semaine Internationale des alternatives aux pesticides, nous étions présents sur le marché pour vous parler biodiversité.

Photos DR

Les pesticides nuisent à notre santé et sont responsables de la mort inquiétantes des abeilles – en France 30% des colonies d’abeilles disparaissent chaque année – pourtant essentielles à la pollinisation et donc à la production alimentaire et à la biodiversité.

Les écologistes d’Hénin-Beaumont vous ont ainsi offert sur le marché des graines bios à planter dans vos jardins, sur vos balcons, et partout où vous le jugerez utile.

 

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Elles se transformeront en quelques semaines en fleurs mellifères, c’est à dire spécifiquement utiles aux abeilles. Si chacun en plante autour de lui, l’amélioration pour notre biodiversité locale sera significative!

Cela doit être accompagné de politiques publiques volontaristes au niveau local et national pour aller vers une France « zéro pesticide » en 2030, en développant notamment l’agriculture biologique par la distribution de repas bios et locaux dans les cantines de nos écoles, EPAHD et hôpitaux. Mais aussi en luttant contre l’artificialisation des sols dont nous savons quelque chose ici tant les champs qui séparaient autrefois Hénin de Beaumont ont laissé la place aux entrepôts, aux parkings et au béton.

Merci encore pour votre accueil chaleureux. Les habitants d’Hénin-Beaumont sont plus écolos qu’on ne le croit 

Agir contre la pollution de l’air sur l’agglo Hénin-Carvin

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Environnement, Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue, Prises de position, Santé

Jeudi dernier, l’agglomération Hénin-Carvin se réunissait en Conseil, l’occasion pour moi de poser au Président Jean-Pierre Corbisez une question relative à la pollution de l’air qui frappe durement notre territoire.

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Nous venions en effet de traverser un épisode de pollution sans précédent, après en avoir éprouvé 13 en 2016 représentant une durée totale de 24 jours.

En France, 130 personnes meurent chaque jours de l’exposition à la pollution de l’air. Dans les Hauts de France, cela représente chaque années plus de 6500 personnes, soit 13% de la mortalité totale de la région et ne perte d’espérance de vie de 16 mois en moyenne pouvant aller jusqu’à 19 mois dans les zones les plus urbanisée. En suivant les recommandations de l’OMS, c’est 3100 décès par ans qui seraient épargnés dans notre grande région.

L’agglomération d’Hénin-Carvin mène déjà beaucoup d’actions en matière de développement durable, surtout lorsqu’on la compare à sa voisine lensoise. Mais la branche « pollution de l’air » semble être en retrait par rapport à ses autres domaines d’intervention, même si plusieurs actions existent déjà : une aide pour remplacer les poêles à charbon par des poêles à bois, une flotte de 5 véhicules de service électriques, des bennes à ordure qui roulent au GNV, des opérations de sensibilisation à Aqua Terra dont une récente exposition la qualité de l’air intérieur et extérieur,  etc. Au niveau du Syndicat Mixte des transports, on avance également avec la prochaine mise en service d’une nouvelle flotte de véhicules qui seront hybrides et émettront moins de particules fines que leurs prédécesseurs.

Mais seule, l’agglomération n’est pas assez armée. Or à la fin de l’année 2016, nous apprenions malheureusement, au détour d’un article intitulé « comment respire-t’on dans le bassin minier » de l’édition lensoise de la Voix du Nord, que la communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin est avec sa voisine lensoise la seule des Hauts-de-France de cette importance à ne pas avoir adhéré au programme régional de surveillance de la qualité de l’air d’Atmo, organisme

Attentive à la santé de ses habitants, ne peut rester à l’écart de la lutte collective contre la pollution de l’air.

ATMO, organisme agréé par le Ministère en charge de l’Environnement, apporte aux collectivités qui y adhèrent des mesures spécifiques sur 30 polluants et familles de polluants surveillés dont 12 réglementaires, une veille scientifique, des interventions annuelles en réunion, un rapport dédié à son territoire, la possibilité de participer à des formations pour les agents, la réalisation d’études inscrites dans son pacte associatif, etc.

J’ai donc demandé au Président de l’agglomération, au cours de cette séance de Conseil Communautaire, s’il s’engageait à étudier les conditions d’un partenariat avec ATMO.

Suite à la réponse qu’il a apporté publiquement ainsi qu’à celle de Christian Musial, vice-président chargé de l’environnement et du développement durable, il a été convenu qu’ATMO serait reçu lors d’une prochaine commission afin que ses représentants puissent avoir l’occasion de nous convaincre d’adhérer à nouveau au dispositif, ce que je souhaite vivement.

Affaire à suivre…

Massacre à la tronçonneuse…

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Elaguer un arbre est nécessaire à sa bonne santé et à son intégration dans son environnement. L’organisation campagnes d’élagage régulières est donc tout à fait justifiée.

Mais la décision fin avril de la mairie, sans préavis et pour des raisons encore inexpliquées, d’abattre définitivement 39 tilleuls centenaires rue Berlioz dans le quartier du jeu de balle nous a interpelés.

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La rue Berlioz avant intervention de la mairie

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La rue Berlioz après intervention de la mairie

Un tel alignement d’arbres est en effet inestimable pour notre ville: en plus de sa beauté pittoresque, c’est un climatiseur géant en période de canicule, un refuge pour la biodiversité, et une véritable assurance vie face aux perturbations climatiques et environnementales qui nous attendent.

Alertée par plusieurs riverains effarés, et devant une mairie si sûre d’elle qu’elle refusait d’écouter ceux qui faisaient état de leurs doutes et de répondre à leurs demandes d’explications, nous n’avons eu d’autre choix que de faire intervenir la justice par un référé-suspension que j’ai improvisé en urgence le 26 avril (je ne suis pas juriste de formation…).

Lors de l’audience au tribunal administratif de Lille le surlendemain, j’ai en l’absence d’avocat défendu moi-même la cause des tilleuls de la rue Berlioz.

Rien ne m’a été épargné par l’avocat embauché par la ville, qui a commencé par dénigrer mon intérêt par agir en montrant, « plan mappy » à la main, que j’habitais à 20 minutes à pieds des arbres en question, et n’était donc pas impactée par l’abattage de ces arbres. J’ai donc dû rappeler que les riverains hostiles qui m’avaient alertée n’avaient pour la plupart pas souhaité, par peu de représailles, déposer un recours eux même. Et que c’est bien l’ensemble de l’écosystème de la ville (dont ses habitants ;)) qui profite des bienfaits de ces centenaires.

Il a même été jusqu’à réclamer une sanction de 3000 euros à mon encontre pour me punir de ce recours (se demandait-il toujours à ce moment là pourquoi personne d’autre n’avait souhaité engager de démarche juridique sur ce sujet?) en argumentant auprès du juge que je les détestait tellement que s’il ne m’infligeait pas une telle sanction, je déposerais des recours « tous les jours » contre ces clients (note de la rédaction: c’est le 1er recours que je dépose contre eux de toute ma vie).

Surtout, la ville et son avocat ont fait preuve de son ignorance la plus crasse en matière d’arbres.

Après avoir durant la semaine expliqué tour à tour que les arbres étaient victimes d’un grave champignon (alors pourquoi laisser les passants et riverains ramasser le bois laissé au sol par les abattages pour les ramener chez eux?), d’une épidémie (alors pourquoi les arbres situés à 1mètre à l’intérieur du parc n’en seraient pas victimes?), d’un mauvais élagage en 2005 (pourquoi ne pas les soigner plutôt que de les abattre?), la défense a fini par décréter que les arbres représentaient un danger car menaçaient de s’écrouler. Sauf que l’attestation d’expert brandie, ainsi que tous les constats d’huissier présentés étaient postérieurs au dépôt de mon recours et avait donc été produits pour la circonstance.

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L’adjoint à l’urbanisme a par exemple sorti de son chapeau une pièce « choc »: une photo de branche tombée sur la route en 2013. Si la stratégie du Front National est de s’en prendre aux arbres qui perdent des branches (ce qui est totalement normal dans le cycle de vie de l’arbre, comme un humain perd chaque jours des cheveux), la verdure héninoise peut trembler 😉

La municipalité s’est également appuyée sur une photo de tronc creux pour démontrer « le piteux état des arbres ». Sauf que ce creux existe depuis plus de 50 ans.

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La défense a ensuite expliqué qu’il n’y avait pas de préjudice écologique car elle promettait d’en replanter autant, voir même plus. Cela revient à bien méconnaître l’intérêt des arbres centenaires, aux bienfaits décuplés pour leur environnement, qu’un arbrisseau n’est pas en mesure de compenser.

Ils ont enchaîné en expliquant avoir parfaitement informé la population dans le journal municipal… qui avait en effet évoqué une campagne « d’élagage » (vous avouerez que dans les actes ils ont été LEGEREMENT au delà de ce qui avait été annoncé ;)).

Ils ont même poursuivi en expliquant qu’il était de toute manière trop tard car l’ensemble des arbres avaient entre temps étaient abattus. Ce qui était un mensonge éhonté puisque j’ai pu constater en rentrant de l’audience que 18 arbres étaient encore sur pieds.

Pendant ce temps là, la mairie s’était par contre empressée d’ordonner la décapitation des 18 arbres encore intacts dès 7h30 du matin le jour de l’audience, histoire de faire le plus de dégâts possible et de mettre en danger leur survie.

Voici le résultat de ce massacre à la tronçonneuse volontairement précipité par le paire.

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Lorsque le juge administratif a rendu son ordonnance quelques heures plus tard (que vous pouvez retrouver ici), c’est donc un ouf que soulagement que nous avons poussé, le juge reconnaissant lui même une « erreur manifeste d’appréciation » du maire concernant l’état sanitaire des arbres en question, mêlé de déception de n’avoir pu empêcher plus tôt le massacre des arbres.

Mais notre objectif était – bien que partiellement – rempli: pouvoir prendre le temps, sereinement, de déterminer si celui-ci nécessitait une mesure aussi radicale plutôt qu’un traitement au cas par cas.

C’était sans compter sur l’esprit revanchard du maire qui bien que n’ayant pas usé de son droit de recours contre la décision du juge, a préféré, le 18 mai, prendre en catimini un nouvel arrêté illégal piétinant cette décision de justice, affiché devant la mairie au dernière moment, en fin de journée, pour nous prendre de cours.

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A 7h15 le lendemain matin, une nacelle « Trimmer » arrivait sur place.

Précisons qu’il n’en existe que 3 en France et que le coût de cette petite vengeance n’est donc pas anodin pour le contribuable héninois. Mais pourquoi avoir commandé un tel engin plutôt que ceux qui avaient été utilisés deux semaines plus tôt? Parce que cette nacelle était le moyen le plus radical « d’aller vite »: tout aurait été bouclé en quelques heures.

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Ce véritable passage en force du maire aurait eu des conséquences irrémédiables sans la réactivité dont nous avons pu faire preuve : deux nouveaux recours ont été déposés dans la nuit auprès du juge administratif, ainsi qu’une demande de répression pénale auprès du procureur de la république et une demande d’arrêté d’interruption de travaux auprès du Préfet.

Surtout, la mobilisation d’une trentaine de militants et riverains que je remercie a permis d’empêcher le démarrage des nouveaux abattage le matin dès 7h30, et de mettre la société et la police au courant de la décision de justice l’interdisant.

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Bruno Bilde, dans un état d’excitation avancé, s’en est pris successivement à toutes personnes présentes, qu’elles soient militantes, riveraines ou journalistes. Il criait des leçons de droit à qui voulait bien l’entendre « 1ère année de droit, pas d’autorité de la chose jugée », invectivait les journalistes venus faire leur travail, dénonçait un buzz monté contre la ville, lui qui a construit sa stratégie électorale locale sur cette méthode en jouant le petit attaché de presse de Marine Le Pen et en organisant de vrais safaris pour journalistes dans notre ville qu’il destinait alors à transformer en vitrine du Front National.

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Acculé par la justice et mis en échec dans sa tentative de passage en force, le maire a fini par retirer son arrêté quelques heures avant l’audience prévue le lendemain matin (preuve que les leçons présomptueuses de droit de Monsieur Bilde n’étaient peut être pas aussi rodées que cela…).

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L’affaire s’arrête donc là pour l’instant, le temps que la mairie procède à une nouvelle expertise sanitaire. Vu ce qui a été infligé aux arbres ces dernières semaines, nulle doute qu’ils sont a présent extrêmement fragilisés. Il s’agira de notre côté de faire la démonstration qu’ils peuvent encore être sauvés. Ou sinon d’attaquer la mairie pour les dégâts commis.

Cet alignement d’arbre remarquable, protégé par le niveau plan local d’urbanisme, était notre patrimoine environnemental. Notre patrimoine paysager. Notre patrimoine populaire.

Il est de notre devoir de nous battre pour le préserver.  Nous sommes et serons à votre dispositions à chaque fois que ce patrimoine sera menacé. N’hésitez pas à nous alerter!

En attendant, pour nous aider à financer une contre-expertise sur les tilleuls centenaires restants, vous pouvez faire un don ici:

Passeport

Déchéance de nationalité et état d’urgence: lettre ouverte à Philippe Kemel, député de la circonscription Hénin-Carvin

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Humeur, Prises de position

Monsieur le Député, cher Philippe,

En ma qualité de citoyenne et militante de ta circonscription, je me permets de te demander aujourd’hui en âme et conscience de voter contre le projet de réforme de la Constitution en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.

Alors que toucher la Constitution ne devrait se faire qu’en tremblant, ce projet de révision entérine sans recul ni efficacité des dispositions que j’estime inutiles et contraires aux valeurs de notre République.

Nous étions nombreux-ses à critiquer sous Sarkozy les « projets de loi de circonstance » pour répondre à des faits divers. Répondre à des attentats d’une barbarie sans nom par une réforme Constitutionnelle impulsive et polémique examinée à la hâte interroge également beaucoup d’observateurs, qu’ils soient militants ou universitaires.

La déchéance de nationalité constitue une rupture d’égalité de fait devant la loi entre les citoyens français. C’est une mesure discriminatoire et stigmatisante capable de crisper un peu plus une société dont les besoins d’apaisement et de fraternité sont impérieux. Son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme, elle, est unanimement reconnue. Jean-Jacques Urvoas, aujourd’hui Garde des Sceaux, avait d’ailleurs craint dans son rapport de mars 2015 que cette mesure ne soit « susceptible d’alimenter la martyrologie djihadiste ». En somme, être « déchu », en plus de ne pas décourager des terroristes qui rappelons-le souhaitent combattre les valeurs de la France et mourir pour cette cause, constituerait pour eux une sorte de brevet décerné à leur combat.

Je comprends que certains soient tentés de dire que s’ils ont prêté leurs bras meurtriers à la haine c’est qu’au fond ils n’étaient pas vraiment Français, puisque d’ailleurs ils avaient notre pays en horreur. Alors pourquoi refuser de les déchoir d’une nationalité qu’eux même récusent violemment ?
Parce qu’à cet instant précis, nous emprunterions le chemin de nos ennemis. Inscrire la déchéance dans notre Constitution, c’est au fond laisser l’insensé dire le sens commun, laisser l’aliéné prescrire l’ordonnance, laisser le fanatique décider d’un traitement qui nous empoisonnerait tous. Leur haine ne saurait dicter notre conduite collective.

Refuser cette escalade qui aurait des conséquences lourdes sur les valeurs qui fondent notre socle commun : c’est le chemin courageux, digne et solennel qu’avait choisi d’emprunter le Premier ministre Norvégien Jens Stoltenberg. Quelques heures seulement après les attentats qui avaient touché l’île d’Utoya et Oslo le 22 juillet 2011, il avait déclaré : «J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»
Tenons la déchéance pour ce qu’elle est – une diversion commode mais inefficace -, et attachons nous plutôt à rebâtir un esprit républicain trop longtemps délaissé. La priorité n’est pas la révision de la Constitution mais la réinvention de la République.

En ce sens d’ailleurs, l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution ne devrait avoir pour seul objectif que le renforcement des contrôles et des garanties de respect de l’État de droit en période de crise. Inscrire l’état d’urgence dans la Constitution sans le borner, notamment par un contrôle parlementaire digne de ce nom, c’est graver dans le marbre tout autant que banaliser ce régime d’exception qui exonère l’action des forces de sécurité du contrôle d’un juge.

Cette mesure d’exception qu’est l’état d’urgence n’a pas vocation à durer dans le temps. Ces restrictions de nos libertés fondamentales, collectives et individuelles, menacent l’équilibre des pouvoirs et le droit commun jour après jour. De tristes et nombreuses dérives (assignations à résidence de militants écologistes avant et pendant la COP21, perquisitions administratives chez des maraichers bios, stigmatisation d’acteurs associatifs et sociaux, multiplication des contrôles au faciès…) l’ont prouvé.

L’Etat de droit existant n’est pas un Etat de faiblesse. Toi et tes collègues parlementaires avez entre vos mains, en tant qu’élus de la Nation, un choix précieux que l’Histoire n’hésitera pas à scruter de son regard implacable.

Approuver cette réforme de la Constitution sans discernement constituerait une profonde défaite morale envers nos principes fondamentaux et une victoire éclatante pour toutes celles et tous ceux qui combattent lâchement les valeurs et les libertés de notre pays.

La démocratie est la cible des terroristes, elle doit être notre arme.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député, cher Philippe, en l’assurance de ma considération distinguée et de ma confiance pour prendre la bonne décision concernant ce projet de loi qui marquera l’histoire de ce quinquennat.

Marine Tondelier, Habitante de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

 

Du mieux au Centre hospitalier d’Hénin-Beaumont!

A Hénin-Beaumont, A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue, Santé, Sur le terrain

Ce matin, les pages « Région » de la Voix du Nord indiquent une bonne nouvelle: « du mieux au Centre hospitalier d’Hénin-Beaumont », que vous êtes nombreux à mieux connaître sous le nom d’ « Hôpital Charlon ».

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En tant que Présidente du Conseil de Surveillance de la structure et dans un travail d’équipe où chacun – Directeur, personnels, député de la circonscription, etc – a joué son rôle avec implication, je me suis pleinement attelée à la lourde tâche de sauvegarder cette structure, qui avait obtenu en 2014 le triste record d’être la plus déficitaire de France, et dont la pérennité était alors clairement menacée.

Les élus Front national représentant la Mairie au sein du Conseil de Surveillance ont de leur côté purement et simplement déserté l’établissement. « Je n’y remettrai plus les pieds » avait déclaré rageusement Steeve Briois avant de claquer la porte du Conseil de surveillance suite à mon élection en tant que Présidente (lire ici pour mémoire). Son homme de main Bruno Bilde m’avait lui menacée lors des cérémonies du 14 juillet: « si vous gagnez ce vote, vous sombrerez avec votre hôpital ».

Il faut croire que les menaces me découragent que ceux qui les croient… Puisque l’hôpital est aujourd’hui bel et bien debout. Et que la tâche reste immense mais que la situation financière dramatique laissée en héritage par les directions précédentes est aujourd’hui en passe d’être résolue.

Ce contexte de redressement, j’ai justement eu l’occasion de l’évoquer lundi dernier lors de mon discours prononcé pendant la cérémonie des voeux de l’établissement, dont vous pouvez retrouver ici le récit fait par la Voix du Nord.

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Ce fut en effet pour moi l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée, de remercier les personnels pour leur engagement et de regarder vers l’avenir.

 » 2015 a été une année au cours de laquelle nous avons inauguré officiellement, enfin !, des structures dont nous pouvons être fiers : cette clinique Fleury Joseph Crépin et le Kaleidoscope. Deux structures à la pointe de ce qui se fait de mieux architecturalement mais également en terme de prise en charge des patients. Deux structures ouvertes sur l’ambulatoire. Accessibles. Agréables pour les patients et pour les personnels. Les réactions de ceux de nos partenaires qui avaient fait le déplacement et en sont partis impressionnés, impressionnés que des structures de ce niveau existent, et oui, à Hénin-Beaumont, ces réactions doivent rendre fier-e-s de leur travail celles et ceux – j’en vois dans cette pièce – qui se sont battu-e-s pour qu’elles voient le jour. Et celles et ceux qui travaillent au quotidien pour que la suite de l’histoire soit à la hauteur des attentes suscitées.

2015 fut également une année au cours de laquelle j’ai vu l’équipe de cet hôpital toute entière unie, dans l’adversité certes, mais surtout autour d’un même objectif : sortir la tête de l’eau. C’est à chacune et chacun d’entre vous  que nous le devons.

J’ai bien conscience des trésors de patience, d’énergie et – dans la mesure du possible, de sérénité ;)- qu’il a fallu déployer pour en arriver aux résultats que nous constatons aujourd’hui.

> Je n’oublie pas l’engagement du Député avec qui nous sommes intervenus en tandem auprès du Ministère de la santé pour obtenir une enveloppe d’aide financière exceptionnelle d’un montant je dois le dire inespéré.

> Je n’oublie pas le dévouement de l’équipe de direction pour maintenir un cap ambitieux.

> Je n’oublie pas la responsabilité des représentants syndicaux qui, malgré la difficulté du contexte et sans ne rien renier de leurs revendications ni de leur engagement envers leurs collègues, ont su maintenir un climat social sain dans cet hôpital.

> Je n’oublie pas non plus de vous remercier, chacune et chacun d’entre vous, quelque soit le poste que vous occupez dans cette structure, pour les efforts que vous avez fournis. J’ai bien conscience que cela ne changera rien à ce qu’ils vous coûtent mais sachez que je les mesure et les garde en tête à chaque instant.

C’est pour cela que je fais le vœux et mettrai tout en œuvre, grâce à l’engagement de vos représentants syndicaux mais également, car cela est suffisamment rare pour être rappelé, avec l’engagement de l’équipe de direction, pour que chacun de ces efforts soit compensé, soit récompensé, à sa juste valeur.

Car les cérémonies de vœux doivent également et surtout être l’occasion de regarder vers l’avenir.

Le redressement financier est aujourd’hui une réalité. Une réalité qui va nous permettre de passer à autre chose, de tourner une page difficile, pour écrire des chapitres que je souhaite plus sereins, plus épanouissants, plus réjouissants.

Côté ressources humaines, 19 CDD ont d’ores et déjà été transformés en CDI. C’est un vrai soulagement, car je vous avoue que j’avais honte – et je n’étais pas la seule – de constater pour certains agents combien de fois leur CDD avait déjà été renouvelé.

Un CDI, c’est certes toujours plus sécurisant qu’un CDD. Mais lorsque l’on parle d’un hôpital public cela ne peut pas être satisfaisant. Il faudra donc organiser des mises en stage par le biais de concours, procédure qui a déjà été entamée pour 5 postes d’aides soignants et 5 postes infirmier.

Tous ceux qui sont partis en promotion professionnelle se verront par ailleurs proposer un concours, comme cela a d’ailleurs déjà été le cas pour plusieurs personnes.

La résorption de l’emploi précaire sera également un objectif au centre des préoccupations de chacun. Ceux qui sont en contrat de droit public depuis plusieurs mois voir plusieurs années vont se voir proposer une intégration dans la fonction publique hospitalière au plus tard au premier semestre.

Nous souhaitons réellement que ce ne sont qu’un début. Comptez sur notre détermination à continuer dans cette voie.

Pour finir, le redressement financier de notre hôpital a absorbé beaucoup de nos énergies. Et a concentré les efforts. Cela était essentiel, comme il est essentiel aujourd’hui que le travail sur les stagiairisations et titularisations s’intensifie.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier le reste. Les projets. Les patients. Et l’avenir de notre hôpital auquel nos concitoyens tiennent et quoi doit continuer à être cette institution centrale de notre territoire et de la ville d’Hénin-Beaumont – ce pourquoi je continue de déplorer, c’est aussi l’occasion de le réaffirmer, l’absence du maire à tous nos conseils de surveillance et à toutes nos cérémonies de vœux ou d’inauguration. Ce boycott est impréhensible et je ne perds pas espoir qu’il cesse avant la fin du mandat.

Et pour ce qui est de ne pas oublier les projets ni l’avenir, je sais que le Conseil de surveillance pourra s’appuyer sur votre créativité et votre motivation.

16 lits de soins de suite et de réadaptation ont été installés en septembre et 4 en novembre. La visite de conformité de l’ARS a eu lieu depuis et a souligné le sérieux avec lequel le projet a été mené à bien. J’en profite donc pour féliciter les équipes qui l’ont porté. Nous avons convenu d’organiser une visite de ce service par les membres du Conseil de surveillance dans les semaines qui viennent. Peut être auront nous d’ailleurs l’occasion ensuite d’organiser une nouvelle inauguration à destination des partenaires de l’hôpital comme nous l’avions fait pour ce bâtiment ?

Dans tous les cas ce service est d’ores et déjà un succès, comme en témoigne le taux d’occupation de ces lits. La barre est donc haute, au sein du pôle gériatrie et médico-technique, pour faire encore mieux en 2016. Mais je sais que vous trouverez 🙂

Concernant le pôle de psychiatrie et santé mentale, le travail mené par le Docteur Bétrémieux et ses équipes sur le parcours de soins en santé mentale est unanimement salué. Peut être 2016 pourrait-il être l’occasion de le faire essaimer dans les autres établissements du groupement hospitalier de territoire, et pourquoi pas au-delà.

Concernant le pôle addictologie enfin, l’année 2016 ne manquera pas de défis, et je pense que la mise en place du groupement hospitalier de territoire peut être l’occasion pour le centre hospitalier d’Hénin-Beaumont de devenir LE centre de référence du territoire en matière d’addictologie.

Finalement, l’activité de soin est au centre de cet hôpital mais je n’oublie pas le reste.

J’ai eu notamment cette année l’occasion en septembre de visiter avec Monsieur le Député l’exposition organisée à l’initiative de l’Association Nature de l’établissement, et qui retraçait ses actions en faveur de la biodiversité. J’espère que cette action s’intensifiera en 2016, surtout que notre Centre hospitalier est maintenant membre du C2DS, Comité pour le Développement Durable en santé, ce qui l’appuiera dans le déploiement d’actions qui permettent les économies d’énergie et donc les économies tout court, mais aussi le développement d’activités comme celles que cette commission nature de notre hôpital mène, activités qui font du bien à la planète mais aussi aux personnels et aux patients.

Enfin, Madame Delemer m’a également fait visiter l’exposition « Rétrospective » au moins d’octobre, l’occasion de prendre conscience de la richesse de l’activité culturelle de notre centre hospitalier dont j’espère qu’elle continuera à s’intensifier, peut être même en sortant davantage des murs de cet hôpital comme ce fut le cas à l’automne avec la participation du centre hospitalier au forum santé organisé salle Montpencher.

Bref, notre hôpital s’est relevé en 2015.

Ce travail se poursuivra en 2016, je nous le souhaite, avec beaucoup de succès.

Pour qu’il soit un lieu dans lequel vous soyez fier-e-s de travailler. Pour que cela vous soit agréable. Et pour que vous ayez les moyens d’y mener à bien et dans de bonnes conditions les valeurs que vous avez confirmées en faisant le choix de l’hôpital public.

Je vous remercie. »

COP 21: l’agglo Hénin-Carvin s’engage à l’initiative des élus écologistes

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Economie, Environnement, Mon travail d'élue, Prises de position

Le 14 octobre, le Conseil Communautaire de la CAHC (Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin) a eu l’occasion d’examiner une motion sur le climat que j’avais déposée avec mon camarade écologiste Carvinois Bruno Wilk pour l’occasion.

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France préside et accueille en effet au Bourget, en Seine-Saint-Denis, la 21ème Conférence intergouvernementale sur le climat, également appelée « COP21 ».

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L’objectif de ce sommet, vous l’avez surement déjà entendu, est de lutter contre le dérèglement climatique dont nous sentons aujourd’hui les conséquences directes dans notre pays – en témoignent les violentes inondations récemment subies par nos concitoyens du Sud Est de la France – mais également dans notre région, puisque Dunkerque pourrait être submergé dans quelques dizaines d’années, et que la centrale nucléaire de Graveline, la plus importante d’Europe, aura alors les pieds dans l’eau, ce qui pose les problèmes de sécurité que vous pouvez imaginer.

Plus particulièrement, l’idée est de tenir l’objectif de maintenir le réchauffement planétaire en deçà de la barre des 2 degrés au-delà de laquelle les conséquences pour l’homme seraient irrémédiables.

Cet objectif « moins de 2 degrés » n’est tenable que si 80% des réserves connues de pétrole, charbon et gaz restent dans notre sous-sol. Le problème, c’est que l’on estime que dans les 10 prochaines années, 6000 milliards de dollars pourraient encore être investis dans ces énergies. Une partie de la solution réside donc dans le fait de mettre fin à cette logique infernale qui détruit le climat.

L’idée est donc de frapper à la source du problème, c’est à dire de viser les banques, fonds de pension et d’investissement, assurances, institutions financières publiques et caisses de retraite. mais aussi les collectivités locales, universités, églises, fondations, et Etats qui favorisent ces placements, consciemment ou inconsciemment, par les investissements qu’ils font.Visuel_INONDATIONS_A4_Marche_29nov15_OK

 

La question que vous devez vous poser dans tout ça: et l’agglo d’Hénin-Carvin?

Nous n’avons certes pas le pouvoir sur notre territoire de sauver le climat à nous tout seuls. Mais dans la logique de la légende amérindienne du Colibri, l’idée est que nous « fassions notre part », comme les 181 villes, regroupements de ville et universités qui ont déjà fait le choix de « décarbonner leurs investissements » (San Fransisco, Seattle, l’université de Stanford, la Région Ile de France, le département de la Gironde, la Région Rhône Alpes, etc).

Ce genre de démarche est un levier précieux. On sait en effet que 90 entreprises de la fillière des énergies fossibles sont responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre. Vu les intérêts financiers en jeu, il est peu probable que demander de leur gentiment de faire autrement suffise. Ni qu’une réglementation ait des chances d’être adoptée.

Or on sait aussi que là où les coups de bâtons et la réglementation ne fonctionnent pas, la carotte est le meilleur outil pour faire adopter aux producteurs/financiers des comportements écologiquement et socialement vertueux. C’est le principe de la « carrot mob », qui par un changement de comportement des consommateurs est très efficace pour faire changer de comportement les offreurs.

Les écologistes du Conseil communautaire ont donc déposé la motion suivante au suffrage de l’assemblée qui demande que l’agglomération d’Hénin-Carvin interroge les organismes de retraite auxquels elle  cotise au bénéfice  de ses fonctionnaires, agents contractuels et élu-es, mais aussi aux banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance, quelle que soit leur forme juridique, avec lesquelles elle travaille. Il s’agirait de les questionner sur l’empreinte carbone des différentes catégories d’actifs financiers composant leur portefeuille et sur la part des investissements réalisés dirigée vers des entreprises ou des projets relevant du secteur des énergies fossiles.

L’idée est aussi que la CAHC demande à ces mêmes organisme de se retirer d’ici fin 2016 du secteur du charbon.

Comme il est de coutume, un débat a eu lieu en séance  avec les présidents des groupes politiques. Le Front national ne s’est pas exprimé et s’est abstenu. Le groupe communiste, présidé par Jean Haja, aurait jugé plus utile de s’attaquer directement au capitalisme (ça nous fera une idée de prochaine motion ;)) et s’est abstenue. Le groupe centriste de Jean Urbaniak s’est interrogé sur l’opportunité de remettre en cause le charbon, ce qui pourrait être vécu comme une insulte à notre histoire, et s’est abstenu. Suite à quoi j’ai expliqué que les écologistes soutiennent et soutiendront toujours la valorisation de notre patrimoine minier – en témoigne l’action de Jean-François Caron en faveur du classement de notre chaîne des terrils au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais que cela ne signifiait pas pour autant qu’il faille fermer les yeux sur les conséquences environnementales, humaines, sanitaires et sociales que cette exploitation avait eue. Maintenant que cette exploitation est terminée ici, et que l’on connait ces enjeux, pourquoi la cautionner et l’encourager ailleurs?

Enfin, le président du groupe socialiste, le député maire de Carvin Philippe Kemel, a annoncé l’abstention des autres membres du groupe socialiste, verts et apparentés, notamment génés par la dernière phrase de la motion. Vu l’urgence climatique et le mauvais symbole qu’aurait constitué un échec de cette motion à quelques semaines de la COP21, j’ai donc proposé au président de l’agglomération d’amender ma propre motion pour retirer cette phrase et la rendre ainsi plus consensuelle. Car écrire un courrier sa banque pour demander où est placé notre argent ne me parait pas très subversif et irréalisable, et aurait du convaincre mes collègues.

Ce dernier l’a refusé – alors que c’est de droit-, manifestement excédé pour des raisons que je n’ai pas encore saisies. La motion a donc été mise au voix telle quelle, et n’a reçu que 3 suffrages favorables: celui des deux conseillers communautaires écologistes et d’Eugène Binaisse, ancien maire d’Hénin-Beaumont.

Mais comme toutes les autres composantes se sont abstenues, cette motion a été adoptée et même…. à l’unanimité (aucune voix contre).

 

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Conférence internationale sur le Climat

Vœu de Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin

pour le désinvestissement de nos partenaires financiers, investisseurs, bancaires et assureurs du secteur des énergies fossiles et le réinvestissement en faveur de la transition énergétique 

Motion portée par Marine Tondelier

Signataires: Marine Tondelier, Bruno Wilk

Considérant l’importance des acteurs non-étatiques comme les collectivités locales dans les discussions liées à la prochaine conférence climat à côté de la négociation verticale entre Etats ;

Considérant l’aptitude de ces collectivités locales à développer depuis plusieurs années déjà des expertises indépendantes, des initiatives innovantes et concrètes sur leur territoire avec des gains encourageants ;

Considérant le désir grandissant des collectivités locales à plus d’exemplarité, en s’engageant non seulement en actes mais aussi par des prises de position à forte teneur symbolique, et leur volonté à vouloir s’exprimer, ensemble, dans le cadre de démarches concertées afin de contribuer à un succès des négociations. Volonté qui s’est notamment traduite, lors du Sommet mondial Climat et Territoires de Lyon (Rhône-Alpes) les 1er et 2 juillet derniers, par la déclaration mondiale la plus largement signée de l’histoire des négociations climat, soutenue pour la première fois par l’ensemble des réseaux majeurs d’acteurs non-étatiques mondiaux.

Considérant la tenue en décembre 2015 de la COP 21 à Paris, conférence pour laquelle la France affiche des objectifs ambitieux et souhaite être exemplaire en matière de lutte contre le changement climatique ;

Considérant le rôle décisif de la finance et des acteurs des marchés de capitaux dans le financement d’une économie carbonée, non compatible avec l’objectif de limiter à 2 degrés la hausse des températures moyennes à la surface terrestre ;

Considérant l’impérieuse nécessité de réorienter les fonds existants et d’orienter les flux à venir pour financer la transition vers une économie bas carbone ;

Considérant les nouvelles obligations résultant de l’article 173 de la loi de transition énergétique en matière de transparence des banques, des assureurs, des investisseurs, sur leur rôle dans le financement de la transition énergétique et du passage à une économie bas carbone ;

Considérant l’essor du mouvement mondial marqué, les 13 et 14 février dernier, par les premières « Journées Mondiales de Désinvestissement dans l’industrie fossile », au succès incontestable avec près de 450 événements organisés à travers le monde dans 60 pays dont l’Australie, la Grande-Bretagne, les Philippines, la Norvège, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Ukraine, les Etats-Unis et la Belgique ;

Considérant l’engagement déjà connu de 181 villes, universités et autres institutions dans cette démarche, à l’image des villes de San Francisco et Seattle ou encore de l’université de Stanford ;

Considérant le cas emblématique du Fonds de Réserve pour les Retraites créé en France en 2001 à l’initiative du gouvernement dans l’objectif de contribuer au financement dans la durée du régime général d’assurance vieillesse, disposant à ce jour de 34 milliards d’euros d’actifs, et qui, bien que géré selon une stratégie d’investissement « socialement responsable et prenant en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance », a placé des centaines de millions d’euros dans des titres émis par 60 des 100 premières entreprises mondiales du secteur pétrolier et gazier et par 21 des 100 premières entreprises mondiales de charbon ;

Considérant l’influence que chaque collectivité peut exercer auprès de ses partenaires financiers, bancaires, assureurs, investisseurs institutionnels afin qu’ils réorientent leurs stratégies d’investissement dans un sens favorable au climat et au passage à une économie décarbonée, en cohérence avec la politique inscrite [dans son plan climat] ou [dans son agenda 21]

Le Conseil communautaire d’Hénin-Carvin demande:

1) aux organismes de retraite auxquels il cotise au bénéfice  de ses fonctionnaires, agents contractuels et élu-es (CNRACL, IRCANTEC, ERAFP, CAREL ou FONPEL notamment) de lui indiquer dans le courant de l’année 2016 :

> quelle stratégie d’investissement bas carbone est définie et mise en place pour la gestion de leurs réserves ou actifs ;

> quelle est l’empreinte carbone des différentes catégories d’actifs financiers composant leur portefeuille ;

> quelle part des investissements réalisés est dirigée vers des entreprises ou des projets relevant du secteur des énergies fossiles et comment l’organisme envisage de réduire cette part afin de diminuer les risques associés à ce type d’investissement ;

> quelle part des investissements réalisés est dirigée vers des entreprises ou des projets contribuant au financement de la transition énergétique (efficacité énergétique, énergies renouvelables, infrastructure, économie circulaire, etc.).

2) à ces mêmes organismes, comme l’Etat de Californie vient de le décider pour leurs équivalents, de se retirer d’ici fin 2016 du secteur du charbon ;

3) aux banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance, quelle que soit leur forme juridique, avec lesquelles elle travaille ou qui souhaiteraient travailler avec elle de fournir d’ici la fin de l’année 2017  les mêmes informations qu’au 1) ci-dessus ;

4) aux mêmes banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance de décider de cesser de financer le secteur du charbon à l’image du Groupe AXA qui l’a annoncé le 22 mai dernier à Paris ;

Le conseil communautaire d’Hénin-Carvin s’engage à modifier dans le courant de l’année 2016 son règlement budgétaire et financier pour tenir compte des dispositions précédentes ;

Le conseil communautaire d’Hénin-Carvin encourage et soutiendra toute initiative à l’occasion des prochaines « Journées mondiales de désinvestissement de l’énergie fossile ».

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Reste à suivre de près sa mise en oeuvre dont je vous tiendrai informés.

En attendant, je vous propose à vous aussi d’agir pour le climat,

>En participant pour la marche mondiale du 29 novembre pour le climat:

> En adoptant les bons réflexes au quotidien

> En devenant des ambassadeurs du climat

> En testant vos connaissances grâce au quizz « Je sauve le climat » 

Et si comme la CAHC, vous voulez interroger votre banque, vous pouvez lui envoyer La lettre qui vous est proposée ici, ou une autre que vous écririez à votre sauce sur papier libre 😉

L’agglomération Hénin-Carvin (CAHC) prend position contre le projet de doublement de la ligne THT « Avelin-Gavrelle »

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Environnement, Mon travail d'élue, Prises de position, Santé

Ce soir a lieu à Hénin-Beaumont un Conseil Communautaire, à l’ordre du jour duquel a été inscrite une motion sur la ligne Très Haute Tension « Avelin-Gavrelle » déposée au milieu du mois de mai par 4 Conseillers Communautaires:

> Christian Musial, Maire socialiste de Leforest mobilisé de longue date contre le projet,

> Bruno Wilk et moi-même, Conseillers communautaires EELV, et

> Eugène Binaisse, mon compagnon de galère dans l’opposition Hénin-Beaumontoise qui a d’ailleurs, unie, déposé une motion similaire à examiner lors du prochaine Conseil municipal (suspens…)

20150507 - Motion THT CAHC

20150507 - Motion THT CAHC page 2

Cette motion a été adoptée à la quasi unanimité. Seul le Front national n’a pas souhaité voter pour et a choisi de s’abstenir, brandissant en la personne de François Vial des arguments fallacieux en expliquant que je n’étais pas une vraie écologiste car anti-nucléaire… Et surtout que j’étais contre la réussite de l’EPR donc contre l’emploi. Je ne vais pas faire l’affront à mon mouvement de devoir ici me justifier sur ces deux points, même si j’ai eu l’occasion d’apporter des réponses techniques en séance.

En tant qu’élu-e-s écologistes à l’initiative de la motion, Bruno Wilk et moi-même, conseillers communautaires EELV, remercions les membres de notre groupe qui ont accepté de porter avec nous cette motion. Ainsi que Christian Musial qui nous a apporté pendant la phase de rédaction de précieuses remarques sur le fond comme sur la forme, et l’a présentée avec beaucoup de pédagogie et de conviction ce soir en séance.

Enfin, nous nous félicitons de son adoption ce soir. Et remercions les groupes de Jean Urbaniak et de Jean Haja de nous avoir soutenu-e-s dans cette démarche.

Nous sommes fier-e-s de faire partie d’un conseil communautaire qui ait accepté de prendre une position aussi claire sur ce projet du passé, témoin d’un modèle obsolète qui s’accroche au détriment de nos finances publiques, de notre santé, de notre paysage,  de notre environnement et de notre modèle énergétique en pleine mutation.

J’imagine que ce vote fera plaisir aux associations qui militent depuis la première heure dans la même direction. Et les encouragera – s’il en était encore besoin – à poursuivre leur combat avec détermination.

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Conseil communautaire du 28 mai 2015

Ligne THT « Très haute tension »

La CAHC mobilisée pour le respect du principe de précaution

Motion portée par Marine Tondelier, Christian Musial, Eugène Binaisse et Bruno Wilk

Conseiller-e-s communautaires

La société RTE (Réseau de Transport d’Électricité) a décidé de renforcer la ligne « THT », c’est-à-dire « très Haute Tension »,  entre Avelin (près de Lille) et Gavrelle (près d’Arras). Il s’agirait d’une reconstruction avec doublement des câbles et très certainement triplement de la capacité de transport, sur un territoire déjà envahi de pylônes.

Le projet a été soumis au débat public, ce qui constitue une obligation légale pour ce type d’infrastructure. Mais au fil des échanges, il apparaît de plus en plus manifeste que le débat ne permet pas aux citoyens d’être écoutés. Pourtant, de nombreux citoyens et associations et un certain nombre d’élus ont fait part de leurs craintes justifiées. Mais leurs réserves et alertes, ainsi que celles du président de la commission du débat public, sont restées vaines.

RTE et l’Etat, via le préfet, semblent de plus en plus enclins à passer en force dans une caricature de procédure de concertation, ce qui méprise et inquiète les riverains du projet et les associations, fortement mobilisées contre le projet.

En France, on considère que près de 200 000 personnes vivent à moins de 100 mètres d’une ligne à très haute tension.

Les personnes qui vivent à proximité de ces installations constatent :

> Des dysfonctionnements sur les appareils électriques et électroniques deux fois plus importants chez les riverains exposés que chez les riverains non exposés.

> Des problèmes de santé focalisés sur des troubles du sommeil, de la mémoire, de l’audition, mais aussi des maux de tête, de l’irritabilité et des états dépressifs significativement plus fréquents chez les riverains exposés que chez les riverains non exposés. Ces symptômes disparaissent significativement lorsque les riverains quittent la zone affectée par la ligne THT, le lien de cause à effet est difficilement contestable.

> Des maladies graves ayant fait l’objet de traitements lourds, d’actes chirurgicaux et des cancers (leucémie, cancers du sein et de la thyroïde…). Gerald Draper, directeur de recherche à l’université d’Oxford, explique par exemple suite à une étude épidémiologique menée sur plus de 60 000 enfants britanniques que chez les enfants, le risque de leucémie est de 69 % plus élevé que la moyenne si l’on se trouve à moins de 200 mètres d’une ligne à haute tension, et de 23 % plus élevé si l’on se trouve à une distance comprise entre 200 et 600 mètres d’une ligne à haute tension.

> Des conséquences directes sur les élevages impactés : les lignes THT peuvent être à l’origine de courants parasites dans les structures métalliques (portails, abreuvoirs, cornadis…) générés par des phénomènes d’induction, nuisibles aux animaux et à la production des exploitations. Le lait des vaches exposés devient par exemple impropres à la consommation.

Le Conseiller Communautaire de la Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin, réuni le 28 mai 2015, rappelle :

> Que la construction d’une telle ligne, qu’elle soit souterraine ou aérienne, induit au moins des risques, au mieux des inconvénients qui concernent la santé des riverains, l’agriculture dans la zone de passage de la ligne, la flore et dans une moindre mesure la faune, ainsi que la qualité des paysages.

> Que le sens de l’histoire va vers plus d’efficacité énergétique et de sobriété entraînant une baisse de la demande d’énergie, baisse qui questionne les chiffres prévisionnels de consommation du électrique (le scénario de consommation réalisé par RTE prévoit une consommation constante d’ici 2030) ;

> Que l’avenir est également à la production locale, stockée et partagée d’énergies en grande partie renouvelable. Et que cette arrivée prochaine et massive des renouvelables stockés, prévue par la loi de transition énergétique, va nécessiter une évolution profonde de la gestion de la connexion entre tous les sites de production ;

> Que cette ligne aurait principalement pour but de vendre à la Belgique l’électricité produite au réacteur nucléaire de Flamanville, dont le cumul des anomalies rend l’entrée en fonction de plus en plus improbable ;

> Qu’il ne semble donc pas opportun de prendre une décision trop hâtive vu l’imprécision de la demande d’électricité future ;

> Que les lignes à haute tension aériennes sont extrêmement vulnérables en cas de tempête : en France, la tempête de 1999 a entraîné un surcoût de 30% rien que pour la mis aux normes des lignes THT afin qu’elles résistent à des vents violents.

Il demande :

> La prise en compte du principe de précaution sur un plan environnemental mais aussi sanitaire

> La suspension du projet de RTE dans l’attente de certitudes sur la nécessité du projet et les possibilités d’enfouissement

> La réaffectation des 150 millions en jeu aux productions de proximité