L’autre journal municipal!

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Le journal de municipal du maire en lasse plus d’un à Hénin-Beaumont. Entre pages entières remplies d’autosatisfaction et insultes et mépris envers tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, l’exercice de propagande est poussé plus loin que n’importe où ailleurs. Et c’est sans compter les droits de réponse systématiques à la tribune de l’opposition municipale, pratique déjà condamnée par le préfet.

Comme nous ne sommes pas du genre à nous laisser abattre, nous avons donc décidé de vous proposer, avec Osons pour Hénin-Beaumont, « L’autre journal municipal ».

Vous pouvez le consulter et le télécharger en cliquant ici. Pour nous aider à le distribuer, à le financer où à écrire le prochain numéro, n’hésitez pas à nous contacter! (marine.tondelier@gmail.com)

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ÉDITO

On parle de plus en plus de “fake news”. En français : de fausses informations. Sur internet, dans certains médias, et jusque dans le journal municipal d’Hé- nin-Beaumont! (lisez en page3, vous verrez !).

Pour les combattre, deux armes sont essentielles. La première, c’estl’esprit critique dont nous savons que les habitants de cette ville sont dotés (à la différence de certains, nous avons confiance en votre intelligence). La se- conde, c’est la diversification des sources d’information, qui permet de se forger un avis en confrontant les points de vue.

C’est exactement le but de ce jour- nal ! Vous y trouverez des propositions pour notre ville, des remarques sur ce que l’on y vit, des éléments pour dé- crypter ce que le maire vous raconte…Ici, on est loin de la pensée unique :on vous offre des pistes de réflexion… et vous en faites ce que vous voulez ! Alors voici entre vos mains “l’autre journal municipal”, qui a l’avantage d’être gratuit… et de ne pas être payé par vos impôts, lui !

Si vous souhaitez y contribuer ou nous aider à le financer… rendez-vous page 4. En attendant, nous vous souhaitons une excellente lecture !

MARINE TONDELIER

Conseillère Municipale Pour “Osons pour Hénin-Beaumont”

Prochain Conseil: la déloyauté républicaine du maire atteint des sommets.

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position

Hier, le facteur est passé…

Sa grosse enveloppe annonçait un Conseil municipal à venir… ce Vendredi à 9 heures du matin (à peine 3 jours plus tard). Et une commission préparatoire…. Jeudi à 10 heures du matin (à peine 2 jours plus tard).

Quelque part j’ai « eu de la chance »: je l’avais appris avec deux heures d’avance sur le facteur… sur la page de la ville (parce que nous en sommes rendus là en tant qu’élus municipaux dans cette ville: devoir scruter les réseaux sociaux, informés avant nous des date et ordre du jour du Conseil Municipal).

J’ai « eu la chance » également, contrainte au télétravail par la grève, d’être physiquement présente pour réceptionner le colis.

Je dis « colis » parce que cette convocation était accompagnée de dizaines de pages de documents à étudier, dont le compte de gestion 2017, le compte administratif 2017 et le budget 2018. Rien que ça!

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Le délai qui nous est laissé pour préparer l’examen du budget, censé être un moment clef de la vie démocratique municipale, est proprement scandaleux.
Nous sommes insultés(au dernier conseil des adjoints ont notamment expliqué que j’était homophobe, démago, populiste… et facho – oui oui);
Nos propos et propositions sont manipulés par la majorité municipale à grands renforts de propagande sur sa page facebook et dans le magazine municipal;
Nos micros sont coupés quand nos interventions dérangent le maire en Conseil Municipal;
Nous, élus d’opposition, sommes visés par de multiples procédures judiciaires menées par le Maire aux frais du contribuable pour nous intimider et nous mettre à genoux financièrement;
Les Conseils municipaux ont lieu à des horaires improbables dont nous sommes prévenus au dernier moment.

Mais en se servant cette fois-ci du week-end de Pâques pour raccourcir encore un peu plus notre délai de préparation, le Maire fait preuve d’une déloyauté républicaine qui cette fois atteint des sommets.

Steeve Briois et ses acolytes les plus proches, dont plusieurs sont coupés de la réalité professionnelle depuis bien trop longtemps, prônent l’ « anti-système » mais mènent une vie de professionnels de la politique qui leur fait se croire tout permis.

Quand la conséquence est de nous en prendre plein ma gueule semaine après semaine, on encaisse.

Quand elle se traduit un appauvrissement de la démocratie locale nous ne pouvons l’accepter.

Il faut savoir que cette petite manoeuvre est tolérée par les textes en vigueur mais puisque la majorité municipale a fixé dans son règlement intérieur à 4 jours ouvrés le délai minimal de dépôt des motions et à 2 jours ouvrés celui des questions orales et des amendements, nous en avons cette fois-ci tout bonnement été matériellement empêchés.

Je dis cela avec d’autant plus de colère que j’avais pu constater le matin même en réunion du CCAS (prévenue vendredi pour une réunion du mardi 10h30) que les autres membres du CCAS, eux (des représentants des usagers notamment) se faisaient apporter les dossier directement à domicile par des agents publics qui les appellent même la veille au téléphone pour les en prévenir.
Comment expliquer cette différence de traitement incroyable? (je précise que je ne demande absolument pas de « porteur » mais d’être informée en même temps que tous les autres membres des dates de réunion du CCAS).
Comment expliquer que nous ne recevions AUCUNE invitation municipale, pas même par mail, pas même pour le 14 juillet, lors que plusieurs centaines de cartons d’invitation sont envoyés par ailleurs dans toute la ville avec la mention « le conseil municipal vous invite »?

Vraiment, Steeve Briois, qui déclarait la main sur le coeur en début de mandat vouloir respecter les droits de l’opposition, qui ne cesse à l’agglomération de réclamer du respect pour sa formation politique, est tombé bien bas…

Son attitude témoigne d’un sectarisme inouï, digne de la plus belle politique politicienne, et ne l’honore pas.

Le Front National et la culture: un poème :)

A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position
Ce soir à l’agglomération Henin-Carvin, le FN s’abstient sur les résidences artistiques à venir.
Ils sont « échaudés », disent-ils, par une précédente artiste qui aurait « fait de la politique » (la méchante), en vrai, traduire: elle était pas franchement d’accord avec nous et nous pas d’accord avec ses pièces (vous m’étonnez, ça parlait théâtre dans les camps de concentration et accueil des migrants).

Bref, tout ça pour vous dire que c’est marrant cette tendance des élus frontistes à être contre la culture quand les artistes en question sont engagés sur des thèmes qui les dérangent…

Mais de quoi ont-ils peur… Que les gens se réveillent? Se mettent à trouver que les migrants sont des gens comme eux? Qu’ils ne méritent pas de vote de motion « ma commune sans migrants »?

Vraiment, oui, ça serait dangereux…

En tout cas, je crois que Claire Audhuy a laissé chez les élus FN d’Hénin-Beaumont un genre de souvenir impérissable…

Ca veut pas dire qu’elle ait mal fait son job. Bien au contraire. Et en vrai je pense que c’est même ça qui les dérange 🙂

(Pour mémoire, j’avais écris à l’époque un article à lire ici  sur son travail remarquable et sur la « polémique » débile qu’avait tenté de lancer le FN à son sujet).

« Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place »

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

« Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place »

Extrait du chant des partisans

 

Il y a des semaines, comme ça, où les émotions se confondent.

La semaine dernière, les écologistes célébraient la victoire historique contre le projet inutile d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes, après plus de 50 ans de combat.

Simultanément, ma collègue Dounyazade Majidi, élue d’opposition à Hénin-Beaumont, faisait le choix de démissionner de son mandat (lire l’article de La Voix du Nord ici)

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Elle nous avait annoncé son souhait de se retirer quelques jours avant et cela, je l’avoue, m’a profondément affectée.

Parce qu’elle avait été violemment prise à partie sur les réseaux sociaux (« conseillère municipale du bled ») suite à un post facebook du maire la ciblant sur des prétextes fallacieux (leur technique classique).

Parce le maire, alors qu’il a lui même fait d’Hénin-Beaumont une terre promise pour migrants électoraux du FN (Marine Le Pen qui habite à Saint-Cloud, Jean-Richard Sulzer de Neuilly, Bruno Bilde qui était élu régional de Douai et est maintenant député de Liévin, sans compter tous les élus FN des communes avoisinantes qu’ils font ou ont fait travailler à la mairie aux frais du contribuable), avait décidé d’humilier Dounya lors du dernier conseil et dévoilant un faux scoop: à la suite d’un divorce difficile, elle habite temporairement à Oignies car, comme plein de femmes qui divorcent, elle a du quitter précipitamment sa maison.

Parce qu’elle a été victime elle aussi du sexisme ordinaire : lors du dernier conseil, Steeve Briois déclarera d’ailleurs alors qu’elle intervient « vous êtes aussi soulante que l’autre c’est pas possible ». L’autre c’était moi…

Bref, tout a été fait pour la faire craquer.

Lors du dernier Conseil municipal, le Président du groupe FN Bruno Bilde s’était livré à un grand exercice d’hypocrisie, en reprochant au groupe d’opposition de ne pas être paritaire.

Je lui avait répondu que s’il était si attaché que ça (ce dont je doute) à avoir des femmes dans son Conseil Municipal, il pourrait commencer par se remettre en question. Que la corrélation était claire entre l’ambiance et les intimidation infligée lors de ces séances de cirque et le fait que, successivement, toutes les femmes de notre liste refusaient de siégeaient ou démissionnaient. N’est-ce pas d’ailleurs exactement le but qu’ils recherchent?

Je ne pensais pas si bien dire…

Dounyazade a fait aujourd’hui le choix de se préserver et je la comprends. J’ai été présente à ces côtés dans ce moment difficile. Je sais qu’elle le sera pour moi dans les années qui viennent. Parce que la solidarité féminine, ça existe vraiment 🙂

Je suis donc désormais la seule femme de ce groupe d’opposition municipale. Que le Front National se rassure: je ne compte pas démissionner.

Par contre je compte bien dénoncer leur attitude anti-républicaine et dangereuse pour la démocratie, leur harcèlement sur les réseaux sociaux, la chape de plomb qu’ils font régner sur la ville. Comme nous l’avions déjà fait avec elle dans cette tribune dans libération pour expliquer ce que signifiait être élue femme dans une ville FN.

En attendant, nous accueillons dans notre groupe Patrick Dulongpont, le suivant de liste, que nous avons présenté samedi matin à la presse lors de notre cérémonie de voeux à la population. Bienvenue et bon courage à lui, « hauts les coeurs! » 🙂

Comme nous l’avons expliqué lors de la cérémonie des voeux, notre force, dans l’opposition, est notre diversité (mot que le FN goûte peu) et notre force collective. Il y aura TOUJOURS quelqu’un pour remplacer ceux qui ne peuvent plus combattre. A bon entendeur!

 

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L’opposition n’a pas de proposition? Cas pratique sur les conseils de quartiers!

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position

Ou le jour où le FN a préféré saborder des propositions dont il reconnaissait lui-même la veille qu’elles étaient bonnes et applicables en l’état sans coût pour la commune… juste pour nous punir d’on ne sait pas trop quoi…

« Ils ne font jamais de propositions, ils ne font jamais de propositions », clame le FN à longueur de semaine à propos de notre opposition municipale. « Feignéants », « ils ne travaillent pas », « bons à rien », « aucun projet », vous connaissez la chanson.

De notre côté, nous vous proposons un cas pratique pour comprendre que le problème ne vient pas forcément de nous, car le dernier Conseil municipal nous a offert un épisode assez symptomatique (raconté dans cet article de la Voix du Nord daté d’hier – cliquer sur le lien pour y accéder).

Après une commission de plus de deux heures la veille à 19 heures au cours de laquelle j’avais fait plusieurs amendements à la motion « Conseils de quartier » dont nous avons longuement discuté, j’avais réussi à convaincre le maire et son adjoint Christopher Sczcurek de l’intérêt de baisser l’âge limite pour faire partie des Conseils de quartier à 16 ans (à 16 ans aussi on a un avis à donner sur là où on vit), sur la nécessité d’inclure un critère de parité (sinon le tirage au sort parmi plus de candidats hommes que femmes aboutira à une assemblée déséquilibrée), et sur le fait, puisque les élus (sauf le maire et son adjoint, voyez la subtilité) étaient interdits de Conseils de quartier, d’en exclure aussi les candidats aux élections.

J’avais d’autres idées (notamment le fait de faire présider ces conseils par l’un des habitants et non par le maire, et de les ouvrir aux personnes qui travaillent dans le quartier et qui y passent souvent plus de temps que les habitants qui travaillent ailleurs), dont ils ont fini par dire « on en reparlera ».

Le lendemain en Conseil, Steeve Briois a donc présenté mes 3 amendements « présélectionnés » et ayant fait consensus en commission. Le débat était serein, tout se passait bien (pour une fois). Et puis quand mon collègue Communiste David Noël a voulu poser une autre question (en soulignant que le FN lorsqu’il était dans l’opposition siégeait dans les Conseils de quartier et que dans leur nouveau dispositif leur propre opposition n’en aurait pas le droit), ils sont devenus très agressifs en disant que c’était des méthodes scandaleuses de poser des questions en séance quand on en avait déjà parlé en commission (ah bon?).

Alors j’ai pris la parole pour présenter mes idées (le maire les avait présentées pour moi à ce stade, car le délai d’amendement étant clos avant même la commission il était le seul à pouvoir le faire officiellement sous forme d’amendements), et là, rebelote, au moment où je suis passée aux deux idées « non retenues » la veille en commission, mais que j’avais tout de même le droit de porter au débat, Bruno Bilde est sorti de ses gonds de manière totalement disproportionnée. « Scandaleux », « Méthodes douteuses », « Mauvaise foi », etc

Il a fini par exiger, « en tant que président de groupe » et mettant ses collègues devant le fait accompli, le retrait unilatéral de tous les amendements et le vote de la motion en l’état « en tant que l’état ». Briois y a procédé en urgence sans que nous ne puissions répondre. Dans une telle précipitation que je ne sais même pas s’il a compté que nous votions pour, contre ou que nous ne votions pas.

Il fallait me punir de mon audace d’avoir présenter une idée qu’ils n’avaient pas retenu. Tant pis pour les 16-18 ans. Tant pis pour les femmes. Tant pis pour la démocratie.

Car ces amendements n’étaient pas faits pour me faire plaisir à moi. Ils étaient le fruit de propositions constructives, qui s’appuient sur ce qui marche bien ailleurs de l’avis de tous (à Béthune en l’occurence). Et les mêmes élus avaient reconnu la veille en commission que c’était de bonnes idées.

Morale de l’histoire: le FN est prêt à saborder une idée dont il reconnait lui même qu’elle est bonne et applicable en l’état sans coût pour la commune… juste pour vous punir d’on ne sait pas trop quoi.

#MaVilleAvance comme ils disent

DIVERSION – MANIPULATION – INTIMIDATION : lettre ouverte aux habitants d’Hénin-Beaumont

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

Cher-e- Habitant-e-s d’Hénin-Beaumont,

Puisque le FN a décidé de faire diversion, de manipuler et d’intimider à grands coups de « publicité » Facebook, vous avez sûrement pris connaissance de la publication ci-dessous à mon sujet.

 

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Les faits sont les suivants: mes collègues et moi avions engagé en début de mandat une procédure pour faire respecter nos droits vis-à-vis du magazine de propagande municipale que vous recevez chaque mois dans votre boite aux lettres et dont vous savez donc qu’il outrepasse ses fonctions d’informations municipales pour prendre violemment à parti élus d’opposition et journalistes locaux. Comme les exemples de pratique du directeur de publication qui nous paraissent contestables s’étaient multipliés entre temps, nous avons choisi de déposer un nouveau recours plus récent. Pour éviter un acharnement juridique sur la municipalité, nous avons donc décidé de nous désister de ce premier recours. La justice en a pris acte et nous a simplement demandé de rembourser les frais engagés par la mairie. Ce qui est normal et que nous ferons.

Ce n’est pas la première fois que notre maire utilise des « publications sponsorisées » sur Facebook pour m’attaquer ainsi que mes collègues du groupe d’opposition municipale: c’est à dire qu’il paie pour que vous receviez des publications et insultantes et manipulatoires à notre égard. Soit. Chacun considère son rôle républicain de Maire comme il le souhaite.

J’ai quelque part pris l’habitude que le Maire règle ses comptes avec moi par réseau social interposé. C’est sa liberté de le faire s’il juge que je vaux ces sommes qu’il jette par les fenêtres. C’est surtout très paradoxal d’expliquer que je ne sers à rien et que je n’existe que dans les médias… mais de me consacrer un véritable budget communication, pour parler, lui-même, de moi, mois après mois. Peut-être que si nous étions si nuls qu’il le dit il ne le ferait pas, d’ailleurs…

Je trouve par contre extrêmement choquant qu’il le fasse cette fois via la page Facebook de notre ville, et pas sa page personnelle « Steeve Briois » qui elle n’engage que lui.

Qu’un maire utilise les outils de communication municipaux pour mettre en avant ses réalisations et relayer la vie municipale est une chose: c’est même leur but premier. Qu’il détourne ces moyens pour régler ses comptes avec une opposante municipale en est une autre. C’est choquant sur un plan moral. Sur un plan éthique. Et sur un plan politique. 

Je reste très calme et prends cela avec beaucoup de détachement (c’est ce que l’on apprend à faire quand on est élue d’opposition dans cette ville). Mais parce qu’il est est important de défendre la vérité, je souhaite rétablir certains faits par moi-même. Et suis contrainte de sponsoriser à mon tour cette publication pour que les personnes qui ont reçu le message initial de la ville reçoivent mes commentaires à son sujet et aient tous les éléments en main pour juger par eux-même (je ferai par ailleurs parvenir un droit de réponse au maire en lui demandant – c’est la loi – qu’il le fasse paraître sur la page facebook de la ville où mon honneur a été mis en cause, mais je sais par expérience que le risque est que cela prenne du temps… ou même que mon courrier soit ignoré parce ce grand démocrate).

Je précise que je le fais sur mes deniers personnels. Et sur ma page Facebook personnelle. Contrairement au maire, je n’utilise pas les outils de communication officiels de ma ville pour régler mes comptes. J’aimerais d’ailleurs que l’on fasse un jour la somme de ce que ce genre de stratégie coûte au contribuable héninois.

« Hénin-Beaumont c’est vous » titre chaque mois son journal municipal qui sert d’arme de propagande massive. Il a raison. Hénin-Beaumont, c’est vous. C’est votre argent aussi.

Ces éléments de contexte étant rappelés, passons-en à l’analyse de cette publication du 2 novembre qui reprend 3 des méthodes préférés du Front National: la Diversion, la Manipulation et l’Intimidation.

 

— DIVERSION —

Cette charge violente intervient comme par hasard le lendemain de la révélation d’une information grave et très embêtante pour la municipalité, et dont le maire souhaiterait détourner votre attention.

Après une longue enquête de police, Christopher Szczurek vient d’être mis en examen pour la création en 2015 d’une page Facebook « La Voie d’Hénin ». Cette page anonyme, ramassis de rumeurs, de propos gravement diffamatoires et de fake news à la Trump, insultait les élus d’opposition, employés municipaux « dérangeants » pour le maire et les journalistes de la Voix du Nord qui ont fini par déposer plainte… L’enquête qui s’en est suivie a fait le lien entre cette page et l’adresse « IP » (numéro d’identification d’un ordinateur) de l’adjoint Héninois! Si nous sommes dans l’attente du jugement définitif dans cette affaire, les faits en notre possession, qui confirment nos soupçons, sont pour le moins troublants.

C’est grave, car en plus d’être l’assistant parlementaire de Bruno Bilde et d’une députée européenne (là encore c’est son droit), Christopher Szczurek est aujourd’hui… l’adjoint à la communication de notre ville. Dans n’importe quelle autre ville, un adjoint qui serait soupçonné de créer des pages anonymes pour insulter et mentir sur d’autres élus, les journalistes locaux et des employés municipaux serait contraint à des explications (ce que nous n’avons toujours pas, son silence est assourdissant), ou à la démission (vous avez d’ailleurs été nombreux-ses à signer la pétition que j’ai lancée en ce sens). Partout, sauf à Hénin Beaumont!

Les élus FN héninois avaient en plus plusieurs fois affirmé que « la Voie d’Hénin » n’avait rien avoir avec eux. Dans n’importe qu’elle autre ville, il devraient faire leurs excuses aux habitant-e-s pour avoir menti, et aux élus, journalistes et employés municipaux qui ont été insultés. Partout, sauf à Hénin Beaumont!

Extrêmement mal à l’aise mais trop fier pour s’excuser et en tirer les conséquences, Steeve Briois choisit donc de faire ce qu’il sait faire de mieux: insulter, à nouveau.

— MANIPULATION —

Pour faire diversion, le Front National produit donc un post facebook outrancier dont il est question ici, qu’il diffuse à un maximum d’habitants de la ville à grand renforts de « sponsor facebook ». La formulation de ce post est manipulatoire à bien des égards. Démonstration !

  • Premier paragraphe: « Marine Tondelier condamnée par la justice« . Ca commence fort. Ce titre donne le sentiment que j’aurais personnellement été condamnée. Or le recours en question émanait du groupe des élus d’opposition d’Hénin-Beaumont dans son ensemble. Pourquoi donc me cibler personnellement? Parce que la veille, j’avais appelé pour les raisons ci-dessous à la démission de Christopher Sczcurek et que n’ayant rien à répondre, le maire a décidé astucieusement d’allumer un contre feu pour essayer de m’impressionner en me salissant. Technique classique. Il ne s’agit par ailleurs pas d’une condamnation en tant que telle : nous devons rembourser les frais de justice suite à notre désistement – là encore c’est naturel -, mais ne sommes pas condamnés sur le fond.
  • Deuxième paragraphe: « Marine Tondelier et sa clique viennent d’être condamnés par la justice. ». Cette deuxième phrase enfonce le clou, pour ceux qui auraient lu trop rapidement la première. Ainsi le groupe d’opposition devient « Marine Tondelier et sa clique ». Chacun jugera s’il trouve normal qu’un maire, sur la page facebook officielle de la mairie, appelle ainsi son opposition. Notez que si ce jugement était intervenu une semaine où David Noël, mon collègue d’opposition communiste, avait causé du tort au maire, l’article aurait surement écrit « David Noël et sa clique« . Le contexte dicte ici qui se prendre la foudre du maire alors que c’est bien 6 personnes qui ont déposé, conjointement, ce recours.
  • Troisième paragraphe: « En effet, l’opposition stérile et revancharde avait traduit la commune devant la justice, se plaignant du mépris supposé de son droit d’expression. Dans un mémoire particulièrement limité intellectuellement, Tondelier réclamait davantage de place dans le magazine municipal pour déverser sa haine d’Hénin-Beaumont et de ses habitants. » Trois choses sont ici à noter:

  1. La haine de l’auteur s’accentue ici: « stérile et revancharde », « limité intellectuellement », on retrouve les expressions favorites du maire et de son équipe. Il ne suffit pas de trouver une formule choc, il faut la répéter semaine après semaine tout au long du mandat. Le maire a le droit d’expliquer que nous sommes « stériles et revanchards », mais je trouve personnellement que cette expression serait parfaite pour qualifier le post facebook que nous sommes ici en train de commenter… et qui vient de lui. Cela s’appelle « projeter sur autrui ses propres turpitude », ou encore « voir la paille dans l’oeil du voisin – ou de son opposition – mais pas la poutre dans le sien ». Un grand classique chez notre maire qui, par exemple, alors qu’il est membre du Conseil de surveillance de l’hôpital local, refuse depuis plus de 3 ans d’assister à ses travaux car je l’y ai battu lorsqu’il s’est agi d’en désigner le-la président-e. 850 agents. Le plus gros employeur de la ville. Des enjeux de santé majeurs pour le territoire. Mais une aigreur et un égo trop forts pour s’y intéresser. Je vous confirme donc que pour ce qui est d’être « stérile et revanchard », le maire y connait donc un rayon. Quand à nous, élus d’opposition, nous siégeons en conseil municipal et jouons notre rôle, malgré la défaite aux municipales. Même si le maire fait tout pour nous en empêcher en programmant par exemple les Conseils municipaux le vendredi matin et en ne nous envoyant les convocations que le lundi précédent, histoire de compliquer la tâche à celles et ceux d’entre nous (5 personnes sur 6) qui ont une activité professionnelle contraignante qui nécessite d’anticiper et d’organiser les choses pour s’en absenter.
  2. L’auteur évoque ensuite au sujet de l’opposition le « mépris suppo de son droit d’expression ». N’importe qui a déjà pris le temps de feuilleter le bulletin municipal a pu constater, sans avoir besoin pour cela d’être sorti de l’ENA, à quel point celui-ci pose question. La municipalité y répond par exemple systématiquement à nos tribunes d’opposition sous forme de « droit de réponse » directement accolé à notre texte, ce pour quoi il a d’ailleurs déjà été rappelé à l’ordre par la préfecture (les éléments ici). Il est également fréquent que des attaques directes aient lieu contre l’opposition (ou la Voix du Nord) dans l’édito du maire, ou dans les pages suivantes, sans que nous ne puissions y répondre. Le recours dont il est question ici avait été déposé en début de mandat suite à la division par 2 de la taille de notre droit d’expression. Il nous avait alors paru  légitime de contester cette décision en justice après l’avoir constestée, sans succès, en conseil municipal où il ne vous aura pas échappé que nous ne sommes pas majoritaires. Mais à la lecture des numéros suivants du magazine municipal, nous avons estimé qu’il était plus utile de nous désister de cette procédure pour en introduire une autre, plus complète – et prenant en compte les pratiques constatées entre temps-,  procédure que mon collègue David Noël a engagée il y a peu.
  3. Finalement, ce paragraphe explique que je « déverse ma haine d’Hénin-Beaumont et de ses habitants ». Alors là c’est la meilleure… Je pense que l’égo de Steeve Briois le pousse de plus en plus à se prendre, lui tout seul, pour la ville entière. Il en est le maire, certes. Mais critiquer Steeve Briois ne veut pas dire critiquer Hénin-Beaumont ni ses habitants (dont je fais d’ailleurs partie, ainsi que mes collègues). C’est valable pour l’opposition municipale, c’est valable pour la Voix du Nord, c’est valable pour tous les autres observateurs. Steeve Briois ne peut pas à chaque fois qu’une remarque le dérange, nous accuser de haine de la ville et de ses habitants. Si nous détestions cette ville nous n’y habiterions pas. Si nous détestions cette ville nous n’y serions pas élus. Je rappelle que ce mandat est bénévole (nous ne touchons pas d’indemnité contrairement aux élus de la majorité, et d’ailleurs nous n’en demandons pas). Qu’il nous prend beaucoup de temps. Et nous cause beaucoup de problèmes (insultes du maire, attaques violentes dans le journal municipal et sur les réseaux sociaux, procédures judiciaires à répétition, réunions qui tombent systématiquement pendant nos horaires de travail). Si nous nous accrochons, c’est que nous estimons que cette ville a besoin d’élus qui disent les choses quand ça ne va pas. Quand le maire vous prend pour des imbéciles, ne prend pas les bonnes décisions, ou cause du tort à des employés municipaux, telle association ou telle structure, etc. Ca ne veut pas dire que nous disons pour autant que tout va mal: il arrive souvent que nous votions des délibérations en conseil municipal lorsqu’elles vont dans le bon sens. Mais cela signifie que dans chaque ville, il est utile qu’il y ait une opposition municipale. Je considère que Steeve Briois ne déversait pas sa haine d’Hénin-Beaumont lorsqu’il demandait à Gérard Dalongeville de rendre des comptes sur sa gestion financière. C’est la même chose aujourd’hui lorsque nous demandons des explications à l’abattage soudain de 40 arbres centenaires, lorsque nous questionnons l’installation d’une crèche religieuse dans le hall de la mairie alors qu’elle pourrait être mise dans un lieu plus neutre (autour de l’église), lorsque nous dénonçons l’adoption en Conseil municipal d’une charte « ma commune sans migrants » que nous jugeons xénophobe, lorsque nous nous inquiétons des pressions subies par certains employés municipaux, etc. C’est notre manière de défendre une ville et ses habitants, pour lesquels vous connaissez notre attachement. Ce sont les valeurs sur lesquelles nous avons été élus que nous défendons.
  4. Quatrième paragraphe: « Las, les juges du Tribunal Administratif de Lille ont condamné la bobo parisienne à 1000 euros à rembourser à la Commune d’Hénin-Beaumont au vu de ses frais de justice« . Là aussi ce paragraphe mérite commentaire. Il est déjà comique de lire, de la plume de l’équipe FN, « les juges du Tribunal Administratif de Lille », sans qu’aucune insulte n’y soit accolée. Car quand le Maire d’Hénin perd une procédure, on a droit « aux juges gauchistes », à « une décision incompréhensible », etc. C’est marrant comme son analyse peut être à géométrie variable. De notre côté, nous savions les risques que nous prenions en déposant ce recours comme les autres, sachant que la justice administrative n’est pas une science exacte et que quand on va aux justice, il faut toujours se préparer, éventuellement, à perdre. Et lorsque nous perdons, ou nous désistons et sommes condamnés à indemniser la commune (donc vous) pour les frais de justice engagés, nous en assumons l’entière responsabilité. C’est pour cela que nous ne ferons pas appel en insultant la planète entière et le tribunal administratif. Non, nous paierons ces 1000 euros pour rembourser à la mairie de ses frais d’avocats. Par ailleurs, vous constaterez que le maire m’appelle dans ce paragraphe « la bobo parisienne ». Je veux bien que le maire m’explique, à moi qui suis née, ai grandi et habite à Hénin-Beaumont que je suis une « bobo parisienne » si ça l’amuse. C’est pour lui une manière commode de faire diversion sur le fait que notre ancien adjoint aux finances, Jean-Richard Sulzer, habite Neuilly sur Seine et y soit d’ailleurs retourné, en abandonnant récemment son mandat ici. Une manière aussi d’éluder le fait que la seule élue du coin qui habite en Ile de France soit du Front National: Marine Le Pen, que l’on a la chance d’apercevoir que lorsqu’elle se décide à faire un aller retour express. Donc là aussi, la paille, la poutre… Je suis née à Hénin-Beaumont, j’ai d’ailleurs deux grands parents d’Hénin et deux de Beaumont, j’habite dans le centre ville même si je n’ai jamais pu trouver de travail, dans mon secteur, ici. Ca embête peut-être Steeve Briois mais c’est ainsi.
  5. Cinquième paragraphe: « La municipalité se félicite de cette décision qui vient mettre un sérieux coup d’arrêt au harcèlement judiciaire que les élus d’opposition ont entrepris, furieux de leurs résultats électoraux. » Steeve Briois est gonflé de parler de harcèlement judiciaire à propos de l’opposition, lui, qui lance une nouvelle procédure à chaque crise de nerfs de Bruno Bilde (et elles sont nombreuses), à chaque fois en finançant ses procédures par l’argent du contribuable. L’opposition, elle, finance elle-même ses procédures. Notez d’ailleurs que si la mairie était si sûre d’être dans les clous, elle n’aurait pas recours à des avocats si coûteux. Les Héninois seront donc heureux d’apprendre qu’ils financent dans cette procédure et dans plusieurs autres de la municipalité les activités de Maître Frölich, ancien militant du GUD et avocat Place Vendôme, dans un des quartiers les plus chers de Paris. Vous serez par ailleurs heureux d’apprendre que la mairie, non seulement envoie par dizaines les droits de réponse à la Voix du Nord, mais les fait porter par huissiers (tout cela VOUS coûte cher). Dans n’importe qu’elle ville, le maire ferait un bilan des procédures qu’il lance lui-même. Sauf à Hénin Beaumont.

— INTIMIDATION —

Diversion, Manipulation, donc, mais aussi… Intimidation.

In fine, le fond manipulatoire de cette publication importe peu. C’est l’écume des jours. Ce qui alerte c’est la méthode et ses conséquences.

Pourquoi m’afficher ainsi, outre pour faire diversion de l’embêtante affaire de « la Voie d’Hénin »? Pour tenter de m’intimider. De peser sur mon moral. Une vraie guerre des nerfs. Ce genre de post facebook de la mairie, ce sont ensuite des dizaines de messages de personnes, que je connais ou non, qui viennent me demander ce qu’il se passe. Exposer pour humilier. Une stratégie à laquelle le maire à déjà eu recours à plusieurs reprises à mon égard.

J’encaisse. Et continuerai d’encaisser. Car je considère qu’il est de mon devoir moral de militante de ne pas me laisser impressionner par ces pratiques que je juge anti-républicaines.

Mais je sais aussi à quel point ce genre de pratique dissuade l’engagement. Des tas de personne qui souhaiteraient s’intéresser à la vie municipale, s’engager pour leur ville, ne le font pas car ils reçoivent régulièrement ce genre de publication et ne veulent pas être les prochains à être ainsi « affichés » par le maire sur les réseaux sociaux ou dans le journal municipal. Cela nous rappelle quelques sombres périodes de l’histoire, où les même stratégies de propagande ont été employées. Elle n’honorent pas leur auteur.

Alors voilà, j’ai trouvé nécessaire de vous écrire pour vous dire cela, estimé que je vous devais, en tant qu’élue, ces explications, car il était légitime que la publication facebook de la ville vous interpelle.

J’ai toujours été disponible pour les échanges, même avec celles et ceux qui ne partagent pas mes convictions. Je le reste donc pour toute question.

Sincèrement,

Ecologiquement,

Héninoisement et Beaumontoisement,

Marine Tondelier.

PETITION – Mis en examen, l’adjoint FN Christopher Szczurek doit démissionner!

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

Mis en examen!

La nouvelle est tombée ce matin: l’adjoint Héninois, conseiller départemental FN et ex tête de liste bleu marine pour les élections sénatoriales Christopher Szczurek est mis en examen par un juge d’instruction du tribunal de Lille dans l’affaire dite de la page Facebook anonyme « La Voie d’Hénin ».

Cette page facebook infamante crée en décembre 2015 prétendait « Reinformer sur l’actualité Henin-Beaumont » « sur un ton impertinent et libre », mais s’était surtout avérée, semaines après semaines, être une machine à insultes et à propos diffamatoires gérée en ligne directe par la mairie frontiste.

Les élus FN avaient toujours nié en être à l’origine et la gérer « en direct » mais sa date de création après des menaces lourdes de sens en Conseil municipal et le fait par exemple que des vidéos de ce même Conseil Municipal y ait été publiées dès le lendemain, dont l’angle de la prise de vue correspondait pile poil à celui de la caméra officielle de la mairie, ne laissaient aucun doute à ce sujet.

1609986_1079205518797050_7127455021912268101_nPour alimenter le bras de fer insensé dans lequel Steeve Briois s’était lancé contre le journal local « La Voix du Nord » accusé à tort de « salir la ville » – en langage FN ça veut dire « traiter objectivement l’actualité locale » mais tout ce qui ne fait pas leur promotion les dérange, c’est bien connu -, cette page était entrée en croisade contre toutes celles et ceux qui n’allaient pas dans son sens.

Les insultes, mensonges et ragots niveau Closer y pleuvaient donc régulièrement contre la Voix du nord, les élus d’opposition et les syndicalistes du personnel municipal, le tout sous le sceau de l’anonymat.

Y fleurissaient des théories complotistes délirantes, sorties d’un esprit manifestement tordu adepte des bonnes vieilles méthodes fascisantes dont on pensait qu’elle appartenait, en France au moins, a un autre siècle.

J’y étais accusée d’occuper un emploi fictif et mon collègue d’opposition Geoffrey Gorillot et sa femme Florence Binaisse des emplois de complaisance, la supposée collusion entre l’opposition municipale et la Voix d’Hénin y faisait l’objet de fantasmes obsessionnels de l’auteur, les moqueries sur le physiques étaient également fréquentes, et d’un grand courage puisqu’anonymes.

Cette page Facebook a pourri la vie d’un certain nombre d’entre nous pendant des mois. Le syndicaliste CGT et employé municipal René Gobert, appelé « judas » et accusé d’avoir obtenu son emploi par favoritisme « car sa fille a été très dévouée auprès de Dalongeville! ». Ces deux publications le concernant font l’objet d’un contentieux et ont été supprimées depuis.

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Le triple objectif de tout cela?

  1. Aller plus loin dans l’ambiance de propagande et de délation déjà installée en ville par la page facebook officielle du maire et le journal municipal régulièrement détourné de ses fonctions de base pour insulter la Voix du Nord et l’opposition
  2. Accentuer la pression psychologique mise sur nous
  3. Dissuader celles et ceux à qui viendrait la folle idée de s’opposer au maire de passer à l’action, en leur faisant comprendre à quelle type de lynchage public ils s’exposeraient

Visage masqué, la municipalité frontiste se permettait des propos qu’elle savait diffamatoires pour éviter d’avoir à répondre de leurs allégations devant la justice. 

Raté: la presse révèle en effet aujourd’hui qu’un lien a été établi entre les adresses informatiques (IP) du créateur de la page La Voie d’Hénin et celle de l’ordinateur de Christopher Szczurek, President du groupe frontiste au Conseil municipal d’Hénin-Beaumont et Adjoint à la vie associative et culturelle. Depuis l’élection de Bruno Bilde, alors adjoint à la communication, Crjstopher Szczurek a en outre repris cette délégation.

Comment, mis en examen pour de graves faits de diffamation sur les réseaux sociaux, pourrait-il rester adjoint à la communication de notre ville?

Il doit démissionner.

En attendant qu’il se décide, je propose que sa délégation soit revue et qu’on l’appelle désormais « adjoint à la propagande, à la manipulation, à l’insulte et au mensonge ».

Pour signer cette pétition, rendez-vous ici!

–> signer la pétition <–

Emplois fictifs, financement illégal de campagnes électorales, incitations à la haine: ce parti qui affichait le slogan « tête haute et mains propres » mais multiplie depuis les mises en examen devrait baisser les yeux et repasser un petit coup de Karcher dans ses rangs.

Quand je pense que ces mêmes personnes attaquent mon livre Nouvelles du Front en justice pour diffamation, et aux frais du contribuable héninois s’il vous plait, il y a de quoi rire… ou pleurer.

J’en profite donc pour vous en proposer deux extraits qui évoquent justement « La Voie d’Hénin » et qui sont donc plus que jamais d’actualité.

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« La bagarre débute véritablement avec la CGT lorsqu’un de ses membres avertit La Voix du Nord de l’installation des caméras de vidéosurveillance. On ne brise pas impunément la loi du silence! René Gobert est alors pris pour cible. Tout semble ensuite fait pour le pousser à bout. La page Facebook anonyme « La Voie d’Hénin», dont je vous reparlerai plus tard, est utilisée pour le harceler. Le 18 avril 2016, un post tente de le faire sortir de ses gonds: «Pourquoi Gobert a-t-il été embauché à la mairie? Car sa lle a été très dévouée auprès de Dalongeville!» L’attaque a beau être basse, personnelle et insultante, elle est «likée» par trois élus, Nicolas Moreaux, Anthony Garénaux et Aurélia Beigneux, ainsi que par plusieurs employés. Récidive le 22avril 2016 sur «La Voie d’Hénin»: «Attention au judas Gobert. Le représentant de la CGT ne vous défend pas. […] Agents municipaux, ne vous laissez pas manipuler par cet opportuniste de René Gobert. C’est un menteur qui ne sait même pas écrire.» Les mêmes «aiment». Un mois plus tard, Steeve Briois poursuit l’acharnement et écrit au secrétaire syndical pour lui imposer un changement d’a ection: celui qui jusque- là o ciait comme animateur à la maison de quartier de Darcy se voit proposer un poste d’agent d’entretien des locaux.

Le 7 juillet, les nerfs à vif, le syndicaliste poste sur son pro l Facebook une réponse de mauvais goût: une photo de carabine à plomb accompagnée du statut «J’aurais pas tiré sur la police ni sur le GIGN ni sur la municipalité. j’aurais tiré sur deux cons en mairie». Steeve Briois demande immédiatement sa révocation de la fonction publique et dépose une plainte contre lui au tribunal de grande instance. René Gobert est en arrêt depuis. Pour dépression.

Le jour de son audition par le conseil disciplinaire, le 4 décembre, son avocat plaide la provocation. Il semble qu’il ait été entendu puisque le coupable n’écope non pas d’une révocation, la sanction la plus lourde, mais d’un blâme, une sanction pour faute légère. Son avocat m’explique par téléphone: «Là où ils sont très malins, c’est que le cercle administratif et les décideurs de la commune ne portent jamais le glaive. Cela se fait en o , par exemple par le blog La Voie d’Hénin. La di é- rence essentielle avec les autres mairies sur lesquelles j’ai travaillé, c’est qu’à Hénin-Beaumont, quel que soit le contentieux, on peut démontrer un véritable harcè- lement et des insultes sur les réseaux sociaux. Ils disent qu’ils n’y sont pour rien mais c’est la seule mairie où ça se passe comme ça. Leur stratégie de conquête du pouvoir ne laisse rien au hasard. En cas de contentieux administratif, tout le monde est au courant, la toile s’en amme. »

Le but est d’isoler l’agent visé. Ses collègues nissent par s’en éloigner, craignant qu’il n’apporte des problèmes puisqu’il est devenu une cible manifeste de leurs chefs. Dans le cas de René Gobert, cela fonctionne assez bien : «Dès que les gens ont compris que j’étais surveillé, plus personne n’a voulu me parler en mairie. Mais on arrivait quand même à communiquer. Y a des trucs qui passent dans les poignées de main par exemple. Je sens des émo- tions, parfois même une forme de soutien. »

En plus des sou rances qu’il génère, cet acharnement est onéreux. Des méthodes d’investigations coûteuses sont déployées avec pour seule intention de « coincer » un agent incriminé. Du 3 mars au 27 juillet, la commune a ainsi fait établir cinq ou six volumineux constats d’huissier pour un montant estimé à plusieurs milliers d’euros. Au lieu d’ouvrir la discussion, de demander des explications sur un comportement inapproprié, les supé- rieurs hiérarchiques tissent patiemment une toile autour de leur proie, alimentant des mois durant un rapport à charge qui permettra de l’assommer. Ces procédés sont dangereux, malsains et contraires aux valeurs de la fonction publique.

René Gobert est le seul à être incriminé. D’autres subissent également les foudres des élus sans oser en parler. Les menaces de sanctions disciplinaires envoyées à domicile avec accusé de réception sont devenues une pratique courante.

Un jour où j’alerte sur l’état psychique des employés en conseil municipal et où je demande au maire d’être vigilant, Briois répond, désinvolte: «Les gens sont heureux de travailler avec nous! Personne ne s’est encore suicidé!» Tout va très bien, madame la mar- quise… Un cadre encore éberlué par la scène revient sur cet épisode: «Il s’est dépêché de passer au point suivant, mettant n au débat de manière très abrupte. Tu semblais vraiment préoccupée. Ça nous a fait du bien de l’entendre. »

Certains, optimistes, se rassurent à leur manière, comme ce syndicaliste qui répète à qui veut l’entendre: « Le pouvoir d’un maire est éphémère. C’est comme une grande roue. Un jour t’es en haut, le lendemain tu peux être en bas… À Hénin on en sait quelque chose ! »

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 » Lors du conseil municipal du 12 décembre 2015, veille du deuxième tour des élections régionales, le Front national cherche à prendre une énième revanche sur le quotidien. Bruno Bilde prévient : La Voix du Nord, elle va voir ce qu’elle va voir! Il promet: son insupportable monopole va bientôt voler en éclats ! Il nous réserve une petite surprise…

Effectivement. Le 15décembre 2015 apparaît une mystérieuse page Facebook. Elle suscite immédiatement la curiosité. «La Voie d’Hénin» a che son slogan: « Réinformez-vous sur l’actualité d’Hénin-Beaumont » et se présente comme «une page Facebook d’information sur un ton impertinent et libre». C’est sûr que côté impertinence, nous sommes servis !

La page est anonyme mais, après les annonces de Bruno Bilde, c’est comme si elle était signée. Les hostilités com- mencent le jour même dans une seconde publication intitulée «La soirée secrète de l’opposition à l’agence héninoise de La Voix du Nord ». Le matin même, la jour- naliste de La Voix du Nord est venue nous demander quelques explications sur un point du conseil municipal. L’ambiance délétère de la salle ne nous a pas permis de discuter sur place et nous nous sommes donnés rendez- vous à l’agence locale du journal. En temps normal et dans une ville normale, cela ne poserait pas de problème. Ce type d’entretien n’est en rien contraire à la déonto- logie. Marine Le Pen a d’ailleurs déjà accordé plusieurs interviews à Pascal Wallart dans ces mêmes bureaux.

Mais à Hénin-Beaumont, comme l’indique l’œil inquisiteur du logo de « La Voie d’Hénin », nous sommes sous surveillance. Les caméras de «vidéoprotection» souhaitées par le maire ne sont pas encore installées mais bien probablement des petits espions jouent déjà ce rôle. La plume de «La Voie d’Hénin» extrapole donc lar- gement quand elle estime que «les élus de l’opposition, selon plusieurs témoins, ont passé la soirée de samedi à La Voix du Nord. De là à parier que la réunion visait à harmoniser les éléments de langage entre Céline Debette [journaliste de l’agence locale] et l’opposition, il n’y a qu’un pas, que nous franchissons.» Dans les jours et les semaines qui suivent, la démonstration manipulatoire, qui ne repose sur rien d’autre que sur du vent, continue. «La Voie d’Hénin» poursuit son œuvre. Les journalistes de l’agence locale de La Voix du Nord sont pris pour cible nommément, un par un, attaqués même sur leur physique. Chacun en prend pour son grade, en alternance avec les membres de l’opposition et quelques autres têtes de Turc, comme le Parti socialiste ou la CGT. Le Front national a toujours nié être à l’origine de cette page Facebook anonyme… Comment expliquer que le ou les auteurs soient en possession quasi immédiate des enregistrement vidéo de la municipalité? Que la ligne éditoriale de la page Facebook soit exactement la même que celle de la propagande municipale et que « La Voie d’Hénin » partage les publications de Steeve Briois ?

Systématiquement, quand un article nous concernant paraît dans La Voix du Nord, «La Voie d’Hénin» dénonce du favoritisme. La main “anonyme”, dans la lignée des articles de blog de Steeve Briois, lequel avait été jusqu’à présenter Pascal Wallart, à l’occasion des élec- tions départementales de 2015, comme mon directeur de campagne, écrit, le 26janvier 2016: «Tiens, un article sympa sur Hénin ! Ah oui, c’est sur Tondelier ! On trouvait ça tellement étrange. »

Cette obsession du FN à propos du traitement médiatique de leurs concurrents est maladive, ce qui est d’autant plus incompréhensible qu’ils n’ont rien à envier à personne, étant donné la très large couverture presse dont ils béné cient. Mais il faudrait que nous n’existions pas pour qu’ils arrêtent de se plaindre… En mai 2016, je suis en plein bras de fer avec la mairie : elle a décidé d’abattre quarante tilleuls centenaires malgré un arrêté suspension du tribunal administratif en ma faveur. Je suis contrainte de mobiliser une trentaine de collègues, au petit matin, pour empêcher les tronçon- neuses d’entrer en action. Bruno Bilde est là aussi, iPad à la main, pour photographier tous les présents. Il prend à partie les journalistes : « Monsieur, vous êtes là pour faire le buzz et le service après vente d’une élue qui a fait 4 % aux élections régionales […] Vous êtes aux ordres. » À la journaliste de France 3 qui cherche justement à recueillir sa version pour le reportage qu’elle prépare, il lance, devant tout le monde: «Je vous parlerai lorsque vous appliquerez un traitement égalitaire.» Ce petit jeu peut durer longtemps… Rageur, Steeve Briois publiera le len- demain un communiqué sur sa page Facebook: «Hier matin, dès 7h30, les journalistes de M6, France 3, et la Voix du Nord évidemment, ont répondu au plan com de l’opposition comme de vulgaires toutous […]. On savait que cette profession était la plus moutonnière au monde. Ne leur manque désormais que le collier et la laisse…» Les journalistes en question ont même la chance d’appa- raître en photo pour illustrer l’article.

Pour tenter d’asphyxier la presse locale, le FN héninois a un autre moyen redoutable: ils ne font parvenir aucune information utile à La Voix du Nord, stratégie parfaitement assumée par Bruno Bilde, qui explique au journaliste de Libération Dominique Albertini (31 juillet 2016) : « Je ne leur le plus aucune information, sauf cas extrême. Pascal Wallart, interviewé pour le même article, commente: «Cette attitude est contre-productive pour eux. Car le résultat, c’est qu’on ne couvre plus l’actualité politique de la ville. Ils font sans doute des choses très bien, mais on ne les voit plus et le maire n’apparaît plus en photo. Ils auraient intérêt à a cher leur sérénité, plutôt que de fonctionner à la trique.» Et hop, c’est reparti pour un tour… Nouveau journal municipal, titre évocateur : « Nouvelles attaques de La Voix du Nord contre la ville d’Hénin-Beaumont». Et les deux frag- ments de phrase suivants, isolés et attribués à Pascal Wallart: «On ne couvre plus l’actualité politique de la ville» et «Le maire n’apparaît plus en photo». Toute la partie sur le refus de communiquer avec le journal local a disparu. On a l’impression que Wallart a décidé de son propre chef, dans un accès de mauvaise humeur, de ne plus parler d’eux. La guerre des nerfs continue… et semble avoir de beaux jours devant elle. »

 

Décidément, le procès en diffamation intenté par la municipalité contre cet ouvrage risque d’être hilarant vu tout ce qui se confirme, de jour en jour, depuis sa publication…

 

Les petits numéros de pipeau de Steeve Briois, épisode 1: la vidéosurveillance

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

Steeve Briois est un petit malin… Depuis le début du mandat, il nous y a habitués : la communication, c’est sa spécialité !

Par exemple sur la vidéosurveillance, rebaptisée pour l’occasion vidéoprotection « pour faire moins peur », il en a fait des caisses, et dans sa campagne électorale, et auprès de la presse et des habitants depuis qu’il est maire.

Clairement, ce projet a été présenté comme LE dossier prioritaire de son mandat. Le maire s’est même largement avancé lors de ses voeux à la population en janvier 2017 en promettant 110 caméras en ville d’ici à la fin de l’année, puis a réitéré sa promesse au moment du vote du budget communal en avril, ce dont a rendu compte La Voix du Nord en titrant « la ville met le paquet sur la vidéoprotection ».

camera 2

Camera

Seul hic? De caméra il n’y a toujours pas à Hénin-Beaumont…

Pire que ça pour lui, le dossier a bien du plomb dans l’aile puisque les 300 000 euros que Steeve Briois attendait de l’Etat n’arriveront pas. Alors le maire a beau s’énerver, clamer que l’Etat « l’a pris pour un imbécile », se glorifier d’avoir eu « une discussion houleuse » avec le préfet (de toute façon avec lui c’est simple: c’est toujours la faute des autres), les faits sont là: une promesse non tenue. Et un élu qui, comme ceux qu’ils dénonce, s’est avancé sans garantie de pouvoir tenir ses engagements, juste avant les élections de 2017, à un moment où il fallait impressionner les électeurs.

Exemple le plus caricatural de ce petit tour de passe passe, cette interview donnée en mai 2017 à la chaine belge « RTBF’.

Pris en flagrant délit de mensonge, Steeve Briois dit mot pour mot: « Nous avons déployé un dispositif de vidéoprotection. Voilà des choses concrètes. Lorsqu’on promet quelque chose on le fait. C’est la grande différence avec les autres partis politiques parce que lorsqu’ils sont élus ils oublient souvent leurs promesses ».

​La preuve en images:

 

 

Cette fierté à présenter comme fini le déploiement de la vidéosurveillance alors qu’il n’y a 3 mois plus tard toujours aucune caméra promise en ville. Cette hypocrisie de se vanter d’être de ceux qui font en opposition aux autres « qui ne tiennent pas leurs promesses ». Ce cynisme de maquiller la vérité face caméra, peut-être en croyant que nous ne remarquerions rien…

Vraiment, une bonne blague belge ce Steeve Briois 🙂

Bruno Bilde, fan de Manuel Valls!

Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Prises de position

Depuis 3 ans, l’adjoint au maire FN héninois Bruno Bilde avait un jeu qui avait l’air de beaucoup le faire rire. Ca s’appelle « vos amis les socialistes ». En toutes circonstances, utilisant ce mot comme une insulte, il évoquait pour me répondre en Conseil Municipal « votre ami Valls », « votre ami Cazeneuve » (je vous les fais pas tous mais vous voyez l’esprit), ou dans le journal municipal me disait « membre socialiste de l’agglomération » ou expliquait que j’avais déposé « une gerbe socialiste » pour une commémoration patriotique (d’ailleurs j’ai toujours pas compris ce que ça voulait dire une gerbe socialiste).

La stratégie était claire: 1. M’énerver 2. M’associer un maximum au gouvernement Valls avec lequel je n’avais pour le coup pas grand chose en commun 3. Rabâcher pour imprégner ce leitmotiv dans les crânes héninois.

Propagande as usual quoi: plus Valls et ses amis dégringolaient dans les sondages, plus il fallait expliquer que c’était mes amis même si c’était totalement invraisemblable, pour essayer de faire déteindre leur mauvaise image sur moi…

Imaginez donc ma surprise à l’instant en tombant sur cette vidéo où l’on surprend le même Bruno Bilde, devenu député, avachi au fond de l’hémicycle, applaudir allègrement le même Manuel Valls 😂. Ou plutôt devrais-je dire « son ami Manuel Valls »? 😎 😎

 

Morale de l’histoire: on n’en a pas fini avec la décomposition politique. Décidément, ça part en toupie!

Les bonnes vieilles méthodes de Steeve Briois

Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Prises de position

A Hénin-Beaumont, les jours passent mais les méthodes de propagande et d’intimidation du maire ne changent pas…

Suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’un courrier/pétition de parents d’élèves, la foudre du Maire a frappé Virginie Frican, qui préside cette association.

 

 

Avec lui c’est toujours pareil: il faut livrer les gens qui signalent des dysfonctionnement en pâture sur les réseaux sociaux pour les dissuader de recommencer… en espérant que ça donnera aussi la bonne idée aux autres de rester bien dans le rang de peur de subir le même sort !

C’est le fameux système de la chape de plomb que j’avais décrit dans les Nouvelles du Front.

Je trouve ça fantastique cette fâcheuse habitude qu’a le maire d’Hénin-Beaumont de ne jamais répondre calmement aux questions sur le fond mais de systématiquement monter sur ces grands chevaux en accusant ceux qui mettent le doigt sur un problème d’instrumentalisateurs de « polémiques » « pitoyables » « à des fins politiciennes » (quand on se rappelle comment il a creusé son sillon politique à Hénin c’est à mourir de rire).

Le plus tragi-comique c’est que le mot « socialiste » est aussi régulièrement utilisé comme une insulte dans la propagande du maire, accolé aux noms de celles et ceux qui le dérangent.

Or la collègue Virginie Frican dont il s’agit ici – qui a eu l’audace de faire un courrier en tant que Presidente d’une association de parents d’élèves et de le diffuser – n’est pas plus socialiste qu’Eugène Binaisse, David Noël ou moi, qui sommes également habitués à être affublés du meme qualificatif.

Alors que les tensions en mairie atteignent des sommets entre le maire et ses directeurs et chefs de service sous pression, mais également entre élus (en témoigne la récente démission de l’adjoint aux finances Jean-Richard Sulzer), la fébrilité de Steeve Briois est de plus en plus manifeste derrière sa façade autosuffisante.

Courage tout le monde. Et tout mon soutien à Virginie!

 

Des réfugiés bienvenus à Hénin-Beaumont… quand les collégiens font notre fierté :)

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C’est l’histoire de Claire Audhuy. Elle est auteure et metteur en scène, et a grandit en Auvergne et en Alsace…

Mais qu’est-elle donc venue faire à Hénin-Beaumont?

Un contrat local d’éducation artistique! (CLEA). En clair, elle est en résidence-mission pour 4 mois au sein de l’agglomération Hénin-Carvin.

Sa spécialité? Le théâtre de l’extrême. Elle a beaucoup travaillé sur le théâtre dans les camps de concentration, et est l’auteure de pièce de théâtre documentaires qui interrogent notre monde et donnent la parole à ceux que l’on entend pas. Et notamment les réfugiés.

Elle est connue, donc, pour son travail artistique sur le territoire. Mais aussi – et ce n’est pas la première dans ce cas sur le territoire -, pour avoir été violemment ciblée par Steeve Briois dans une lettre comminatoire adressée au Président de l’agglomération.

 

 

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La Voix du Nord, Avril 2017

Briois reproche donc tout un tas de choses à Claire Audhuy, dont le fait de « faire ma promotion » ce qui serait « une infraction au financement des campagnes électorales ».

Alors je reviendrai là dessus à la fin: je ne CONNAISSAIS pas Claire Audhuy. Mais je peux vous dire qu’avec toute cette histoire on a bien sûr été amenées à prendre contact. Parce qu’on a en fait le même caractère: quand on cherche à nous intimider, on a vraiment, mais alors vraiment envie de faire l’inverse. On a donc fait connaissance. Et maintenant que je la connais j’ai décidé, en toute liberté, de faire, moi, sa promotion 🙂 (ça doit être mon côté rebelle).

Voici du coup un petit retour sur ma soirée d’hier soir. Claire et les collégiens avec lesquels elle travaille depuis 4 mois présentaient, au collège Gérard Philippe, une pièce de théâtre, « Bienvenue à Hénin-Beaumont ».

Ces 30 collégiens n’ont que 14, 15 ans et viennent pour certains du Tchad, d’Afghanistan, d’Albanie, du Bangladesh, de Bulgarie, d’Angola, d’Algérie et d’Espagne. Ils sont arrivés,  ayant fuit la misère ou la guerre, à Hénin-Beaumont, dans la classe d’Unité Pédagogique pour Élèves Arrivant Allophone (UPE2A), et ont rencontré les  élèves de 3e du collège Gérard Philippe cette année. Ensemble ils ont écrit cette pièce, qui met des grosses claques aux préjugés… Y compris aux leurs!

Ecoutez plutôt cette vidéo de Claire en introduction du spectacle qui explique la démarche.

 

Quand elle a annoncé aux élèves de 3èmes qu’elle allait 10 minutes après ouvrir la porte et laisser entrer des « migrants », ça a été la stupeur dans la classe. Elle a fait parler les élèves, qui rapportent au début de la pièce leur appréhension.

Dans le premier acte de la pièce, intitulé « les sauvages et moi », ils reviennent donc sur ces sentiments. C’est cru, brut de décoffrage, sans filtre:

  • « J’étais stressée par les idées reçues que donne la télé »
  • « Je pense qu’ils viennent nous faire du mal, qu’ils sont méchants, qu’ils veulent envahir la France »
  • « Ils seraient des personnes sales. Tout le monde les considère comme des animaux. Les Français croient qu’ils nous veulent du mal. On parle des migrants comme de personnes à ne pas côtoyer. La politique se sert d’eux pour gagner des voix. Les journalistes se servent d’eux pour faire la une des médias. J’entends parler d’eux comme de gens très dangereux pour la France ».
  • « Quand j’ai su que j’allais rencontrer des migrants j’ai stressé parce que j’avais compris qu’ils étaient agressifs et méchants »
  • « J’ai eu des préjugés. Ce que disent certains politiciens, « virons les de chez nous », ça faisait que j’avais peur de les rencontrer. J’appréhendais mais en y repensant c’est eux qui devaient avoir peur dans cette ville où on les rejette ».

En créant cette pièce ils ont avancé ensemble et ont permis de montrer un autre visage d’Hénin-Beaumont. Avec leurs mots innocents, ils font avancer la salle, qui parfois se prend à rire, comme ce moment où l’un d’entre eux déclame: « Chez eux comme chez les français il y a des cons partout ». Et oui, c’est ce que l’on appelle l’universalité 🙂

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Et puis vient le deuxième acte: « ma commune avec migrants ». Cet acte prend le contrepied de la « Charte ma commune sans migrants », adoptée dans des conditions déplorables à Hénin-Beaumont en octobre dernier (voir cet article précédent) et que j’ai d’ailleurs attaqué au tribunal administratif (voir cet autre article). La commune a produit son mémoire en défense, l’instruction est en cours…

Dans cet acte, les primo-arrivants racontent leur parcours de manière croisée (chacun raconte le parcours d’un copain). Là aussi, on pleure et on rit. Morceaux choisis:

  • « J’ai dû laisser derrière moi ma famille, mon amie, mes frère et mes soeurs, qui sont encore au Bangladesh. La seule chose qu’il me manque ici pour me sentir bien, c’est un meilleur ami, je ne l’ai pas encore trouvé ».
  • « Le dernier jour, avant de monter dans cette voiture pour quitter mon pays, j’étais avec ma famille et mes amis, et puis je suis monté à l’arrière et ils ont disparu derrière moi »
  • « Je ne fais pas d’histoire, pas de bagarre, je veux juste réussir à l’école puis devenir policière: la première femme policière étrangère d’Hénin-Beaumont, maman serait fière de moi! »
  • « Le tout dernier souvenir de chez moi, je n’ai pas envie d’en parler, je préfère me souvenir de quand j’étais à la maison et que je jouais avec mes amis. »
  • « Les souvenirs, heureusement, c’est gratuit, donc je fais souvent le voyage dans ma tête. En vrai, aller en Afrique, c’est bien trop cher, on n’a pas les moyens ».
  • « J’ai quitté l’Afghanistan comme on quitte l’enfance, et j’ai découvert la jungle de Calais. C’est ici que j’ai découvert la peur. La guerre ne m’a pas suivie ici mais elle est toujours là bas, où est ma famille. J’ai peur de ne pas obtenir mes papiers et de devoir rentrer. Je serais heureux de revoir les miens mais la guerre, je ne veux plus la revoir ».

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Comparer leur situation les font réfléchir. Siyana qui vient de Bulgarie a pu emporter son chien mais pas ses hamster. Pour d’autres, à qui on avait demandé de ramener un objet qu’ils avaient ramené de leur pays, ils n’avaient que le jean et le T-shirt avec lequel ils avaient fuit.

Leurs rêves aussi sont simples et beau. Monter en haut de la « Tour Iffele », « accoucher sans douleur et manger sans trop grossir » », « faire les soldes ». Et puis il y a Abbas qui « aimerait que personne ne meurt plus sur la terre » mais reconnait, lucidement, « je crois que ça poserait des soucis d’organisation ».

Après tout ce sont des ados comme les autres. Comme la jeune bulgare qui raconte: « je prie le soir pour que demain tous les profs soient absents et que mes amis et moi on aille au Mac Do et au cinéma. Le truc le plus génial, ce serait que pile ce jour là ce soit les soldes, le rêve! ».  Comme Omar qui veut « devenir footballeur » et ajoute « si quelqu’un d’autre veut bien sauver le monde, moi je serai son ministre des sports ». Et comme Saifallah, afghan, qui conclue « ici j’ai découvert l’amour. Pas besoin de papiers pour ça, c’est bien pratique ».

Et puis viens le 3me acte, intitulé « Vivre ensemble ».

C’est la conclusion de ces heures d’échange. Et se produit ce que j’avais expliqué au Conseil municipal pendant le débat « Ma commune sans migrants »: il suffirait à chaque français de passer 10 minutes à discuter, les yeux dans les yeux, avec un réfugié ou un migrant pour connecter avec sa propre part d’humanité avec la sienne et lâcher ses préjugés.

Dans cette ville, je le dis et je le répèterai jusqu’à ce qu’il soit condamné pour cela, le maire fait de l’incitation à la haine. Il m’est arrivé plusieurs fois de me faire lyncher sur les réseaux sociaux pour avoir demandé des soins médicaux pour les roms ou pour avoir osé aller à Grande Synthe cuisiner des réfugiés kurdes.

Exemple pratique en images:

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Voyez un peu ce que les internautes venaient écrire sur mon mur après que le maire les ait chauffés à blanc (c’est un échantillon représentatif mais je vous passe les 300 autres, je suis sympa):

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Et même des appels au meutre:

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Alors je peux vous dire que j’ai été pas mal émue, après les témoignages du début de la pièce, ces souvenirs des collégiens de ceux qu’ils pensaient avant leur première rencontre avec les migrants, d’entendre leurs déclarations de la fin: 

  • « On essaie de nous laver le cerveau pour nous faire penser du mal d’eux »
  • « Maintenant si j’entends des gens dire du mal d’eux je me mets en colère » 
  • « Malgré tout ce qu’ils ont vécu ils ont toujours un sourire immense »
  • « J’ai pas honte de le dire, Abbas c’est mon ami »
  • « S’il y a des personnes qui parlent mal d’eux je vais mal réagir parce que MOI je les ai rencontrés, et que je les apprécie beaucoup »
  • « Aujourd’hui je veux les aider en faisant cette pièce avec eux pour raconter leurs histoires. Je veux que tout le monde comprenne ce que j’ai compris ».
  • « J’avais peur qu’ils aient un mauvais comportement mais Ibrahim avait les meme goûts que moi. « 
  • « Avant à la télé et dans la rue j’entendais beaucoup de choses sur eux. Maintenant je me mets à leur place. Voir son pays où sa famille détruits »
  • « J’avais peur qu’ils me parlent mal. Nous on a peur mais eux je pensaient vous pas qu’ils aient peur? Peur d’être renvoyés chez eux par exemple? »
  • « Ce sont des humains comme les autres. Ils viennent juste d’un autre pays. Et alors? La terre est ronde »
  • « La plupart sont jeunes, et sont arrivés dans une ville qui les rejette. Alors oui nous avons peur, mais en comparaison, leur peur est bien plus grande et plus justifiée »

 

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Monter cette pièce n’a pas été simple. Des enfants ne voulaient pas jouer. Des parents n’ont pas voulu venir. Et l’équipe d’encadrement a craint jusqu’au bout de ne pas pouvoir jouer la pièce ou de faire face à des réactions hostiles dans le public. Il n’en fut rien. Et je peux même vous dire que parmi ceux qui étaient présents hier soir personne n’a regretté le déplacement, en témoigne la standing ovation de la fin et les élèves, sourire en banane, racontant leur expérience au pot de la fin.

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Voilà, une belle leçon d’humanité. Et une démonstration de l’utilité de la culture pour combattre les préjugés… Qui vous aura surement aussi mieux fait comprendre pourquoi le travail de Claire Audhuy ne plait pas beaucoup à l’équipe municipale en place, qui, pour cimenter son électorat, a surtout besoin que ces préjugés perdurent.

Je ne peux pas finir cet article sans répondre aux allégations de Steeve Briois qui, dans le courrier envoyé au Président de l’agglomération que je vous ai cité en début d’article et que je vous mets en photo ci-dessous, m’implique dans son combat avec Claire Audhuy.

Steeve Briois a été jusqu’à porter plainte auprès du procureur pour dénoncer une « infraction au financement des campagnes électorales », parce que Claire Audhuy ferait « ma promotion » dans « une vidéo ».

Quand j’ai été mise au courant de ce courrier j’ai d’abord cru à une blague. Et demandé à le voir pour le croire. J’ai eu une confirmation de plus du fait qu’ici, la réalité dépasse souvent la fiction. Un mélange de Dallas et de Baron noir comme je dis souvent!

Alors par totale transparence et parce que je n’ai rien à cacher, voici ma version des faits.   La vérité, rien que la vérité.
« J’ai fait la connaissance de Claire Audhuy le 27 février, soit très tardivement. Elle était venue au lancement de mon livre « Nouvelles du Front » au Shannon, ainsi qu’une centaine d’habitants. Elle s’est présentée à moi et m’a expliqué son travail local que j’ai trouvé hyper intéressant. Elle avait été présente à un Conseil municipal quelques jours plus tôt (le même que celui qui a été immortalisé par « complément d’enquête »), mais je ne la connaissais pas et on ne s’est pas parlé donc je ne pouvais pas le savoir. On s’est par contre croisées furtivement le 19 mars, à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, on s’est simplement dit bonjour.
Quand nous avons pris connaissance de ce courrier par contre, nous sommes entrées en contact pour comprendre cette folie du maire. Je tombais de ma chaise de la manipulation des faits par Briois. Et je ne comprenais pas ce que c’était que cette vidéo que brandit Steeve Briois en pièce à conviction. Vous lirez ci-dessous l’explication…
Pour ma part je ne supporte pas ces méthodes du FN qui cherchent à faire peur aux gens, à les dissuader de mener leur action, de se parler, de se rencontrer. J’ai donc revu plusieurs fois Claire depuis et quand nous nous croisons, nous échangeons systématiquement quelques mots plutôt que d’aller se cacher pour éviter les rumeurs.
Parce que la chape de plomb, dans cette ville, sa suffit. Il y a 10 jours en Conseil municipal ils ont expliqué que j’avais du sang sur les mains, que j’étais un emploi fictif et que j’étais corrompue. Maintenant je détournerais des fonds publics pour ma campagne électorale… Et demain ils inventeront quoi? Plus c’est gros plus ça passe! Donc à un moment ça va bien et désormais le seul impact que le Front aura sur mes relations sociales sera de me rapprocher de celles et ceux dont ils cherchent à m’éloigner. A bon entendeur 🙂 »
Et je vous laisse donc sur ce témoignage écrit à ma demande par Claire pour terminer cette opération transparence.
« Je n’ai aucunement fait la promotion d’EELV. J’ai juste répondu aux questions de « La Zone de Silence » dans une interview vidéo le 8 avril à Strasbourg dans laquelle je partageais mes observations d’Hénin-Beaumont. Ayant assisté à un conseil municipal ces dernières semaines, j’avais été choquée par la manière dont se déroulait la séance: micros coupés par Steeve Briois quand l’opposition parle, propos indécents à l’encontre de l’opposition, etc… J’ai donc cité Marine Tondelier comme exemple de l’élue d’opposition qui, ce jour-là, avait tenu bon malgré la tempête de mauvaise foi et de railleries autour d’elle. Elle avait même été huée par le public qui, selon moi, se devait d’être silencieux lors des débats du conseil.
J’ai fait part de mon indignation face à ces méthodes, pour la vidéo de Zone de Silence.
Je réside actuellement sur l’agglomération d’Hénin-Carvin pour 4 mois et, de fait, passe une partie de mon temps libre dans les différentes communes. Je me suis rendue à la soirée de sortie publique du livre « Nouvelles du front » présenté par Marine Tondelier à Hénin-Beaumont: c’est la première fois que je l’ai rencontrée après l’avoir entendue en Conseil municipal. Je l’ai revue ensuite à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.
 Je suis choquée des méthodes d’intimidation de la mairie qui n’hésite pas à fabriquer de rumeurs, notamment à mon sujet, m’accusant de détournement de fonds publics, ou m’inventant de fausses intentions. »
Et une belle fin de semaine à tout le monde 🙂