Grand jeu-concours: « Vis ma vie dans une ville FN »

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue, Sur le terrain

/Invitation et jeu-concours à faire circuler autour de vous/

Les écologistes d’Hénin-Beaumont ont le plaisir de vous inviter 

Dimanche 10 septembre à 11h45

à un

apéritif convivial  sur notre stand de la braderie du centre-ville

À l’angle de la rue Victor Hugo et de la rue Elie Gruyelle (En face de la crèche)

 

En présence de Louise Druelle, alias Loup Blaster,  Ecologiste, artiste et militante de l’aide aux réfugiés à Calais, Tête de liste des Ecologistes du Pas-de-Calais pour les Elections Legislatives du 24 septembre 2017

Nous aurons également plaisir à vous retrouver tout au long de la journée sur notre stand pour notre


Grand jeu-concours: 

« Vis ma vie dans une ville FN »


Venez nous racontez vos plus belles anecdotes vécues depuis 3 ans

(des formulaires et une urne seront prévus à cet effet – ceux qui ne pourront pas faire le déplacement peuvent concourir par mail: marine.tondelier@gmail.com)

Un dépouillement aura lieu en fin d’après midi pour définir les gagnants :


1er prix:

Deux places gratuites au premier rang pour le prochain conseil municipal + Un exemplaire dédicacé des Nouvelles du Front

Spectacle garanti. Accès VIP au « pot de l’amitié et de la fraternité » organisé par le maire à la sortie.

2ème prix:

Stage d’immersion de 3 jours au sein de l’opposition municipale + Un exemplaire dédicacé des Nouvelles du Front 

Sensations garanties. Contre-indication médicale: hypertension, anxiété. La maison décline toute responsabilité.

3ème prix:

Un encart publicitaire à votre sujet dans le prochain journal municipal et sur la page Facebook du maire + Un exemplaire dédicacé des Nouvelles du Front 

Son équipe de communication se fera un plaisir de trouver les bons mots pour vous refaire le portrait.

Et pour tous les concurrents

Un sachet de graines à planter autour de vous pour sauver les abeilles

Un livre « Bien vivre » sur le programme écologiste

Jeu-concours gratuit

Lots ni repris ni échangés;)

Des réfugiés bienvenus à Hénin-Beaumont… quand les collégiens font notre fierté :)

A Hénin-Beaumont, A l'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC), Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

C’est l’histoire de Claire Audhuy. Elle est auteure et metteur en scène, et a grandit en Auvergne et en Alsace…

Mais qu’est-elle donc venue faire à Hénin-Beaumont?

Un contrat local d’éducation artistique! (CLEA). En clair, elle est en résidence-mission pour 4 mois au sein de l’agglomération Hénin-Carvin.

Sa spécialité? Le théâtre de l’extrême. Elle a beaucoup travaillé sur le théâtre dans les camps de concentration, et est l’auteure de pièce de théâtre documentaires qui interrogent notre monde et donnent la parole à ceux que l’on entend pas. Et notamment les réfugiés.

Elle est connue, donc, pour son travail artistique sur le territoire. Mais aussi – et ce n’est pas la première dans ce cas sur le territoire -, pour avoir été violemment ciblée par Steeve Briois dans une lettre comminatoire adressée au Président de l’agglomération.

 

 

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La Voix du Nord, Avril 2017

Briois reproche donc tout un tas de choses à Claire Audhuy, dont le fait de « faire ma promotion » ce qui serait « une infraction au financement des campagnes électorales ».

Alors je reviendrai là dessus à la fin: je ne CONNAISSAIS pas Claire Audhuy. Mais je peux vous dire qu’avec toute cette histoire on a bien sûr été amenées à prendre contact. Parce qu’on a en fait le même caractère: quand on cherche à nous intimider, on a vraiment, mais alors vraiment envie de faire l’inverse. On a donc fait connaissance. Et maintenant que je la connais j’ai décidé, en toute liberté, de faire, moi, sa promotion 🙂 (ça doit être mon côté rebelle).

Voici du coup un petit retour sur ma soirée d’hier soir. Claire et les collégiens avec lesquels elle travaille depuis 4 mois présentaient, au collège Gérard Philippe, une pièce de théâtre, « Bienvenue à Hénin-Beaumont ».

Ces 30 collégiens n’ont que 14, 15 ans et viennent pour certains du Tchad, d’Afghanistan, d’Albanie, du Bangladesh, de Bulgarie, d’Angola, d’Algérie et d’Espagne. Ils sont arrivés,  ayant fuit la misère ou la guerre, à Hénin-Beaumont, dans la classe d’Unité Pédagogique pour Élèves Arrivant Allophone (UPE2A), et ont rencontré les  élèves de 3e du collège Gérard Philippe cette année. Ensemble ils ont écrit cette pièce, qui met des grosses claques aux préjugés… Y compris aux leurs!

Ecoutez plutôt cette vidéo de Claire en introduction du spectacle qui explique la démarche.

 

Quand elle a annoncé aux élèves de 3èmes qu’elle allait 10 minutes après ouvrir la porte et laisser entrer des « migrants », ça a été la stupeur dans la classe. Elle a fait parler les élèves, qui rapportent au début de la pièce leur appréhension.

Dans le premier acte de la pièce, intitulé « les sauvages et moi », ils reviennent donc sur ces sentiments. C’est cru, brut de décoffrage, sans filtre:

  • « J’étais stressée par les idées reçues que donne la télé »
  • « Je pense qu’ils viennent nous faire du mal, qu’ils sont méchants, qu’ils veulent envahir la France »
  • « Ils seraient des personnes sales. Tout le monde les considère comme des animaux. Les Français croient qu’ils nous veulent du mal. On parle des migrants comme de personnes à ne pas côtoyer. La politique se sert d’eux pour gagner des voix. Les journalistes se servent d’eux pour faire la une des médias. J’entends parler d’eux comme de gens très dangereux pour la France ».
  • « Quand j’ai su que j’allais rencontrer des migrants j’ai stressé parce que j’avais compris qu’ils étaient agressifs et méchants »
  • « J’ai eu des préjugés. Ce que disent certains politiciens, « virons les de chez nous », ça faisait que j’avais peur de les rencontrer. J’appréhendais mais en y repensant c’est eux qui devaient avoir peur dans cette ville où on les rejette ».

En créant cette pièce ils ont avancé ensemble et ont permis de montrer un autre visage d’Hénin-Beaumont. Avec leurs mots innocents, ils font avancer la salle, qui parfois se prend à rire, comme ce moment où l’un d’entre eux déclame: « Chez eux comme chez les français il y a des cons partout ». Et oui, c’est ce que l’on appelle l’universalité 🙂

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Et puis vient le deuxième acte: « ma commune avec migrants ». Cet acte prend le contrepied de la « Charte ma commune sans migrants », adoptée dans des conditions déplorables à Hénin-Beaumont en octobre dernier (voir cet article précédent) et que j’ai d’ailleurs attaqué au tribunal administratif (voir cet autre article). La commune a produit son mémoire en défense, l’instruction est en cours…

Dans cet acte, les primo-arrivants racontent leur parcours de manière croisée (chacun raconte le parcours d’un copain). Là aussi, on pleure et on rit. Morceaux choisis:

  • « J’ai dû laisser derrière moi ma famille, mon amie, mes frère et mes soeurs, qui sont encore au Bangladesh. La seule chose qu’il me manque ici pour me sentir bien, c’est un meilleur ami, je ne l’ai pas encore trouvé ».
  • « Le dernier jour, avant de monter dans cette voiture pour quitter mon pays, j’étais avec ma famille et mes amis, et puis je suis monté à l’arrière et ils ont disparu derrière moi »
  • « Je ne fais pas d’histoire, pas de bagarre, je veux juste réussir à l’école puis devenir policière: la première femme policière étrangère d’Hénin-Beaumont, maman serait fière de moi! »
  • « Le tout dernier souvenir de chez moi, je n’ai pas envie d’en parler, je préfère me souvenir de quand j’étais à la maison et que je jouais avec mes amis. »
  • « Les souvenirs, heureusement, c’est gratuit, donc je fais souvent le voyage dans ma tête. En vrai, aller en Afrique, c’est bien trop cher, on n’a pas les moyens ».
  • « J’ai quitté l’Afghanistan comme on quitte l’enfance, et j’ai découvert la jungle de Calais. C’est ici que j’ai découvert la peur. La guerre ne m’a pas suivie ici mais elle est toujours là bas, où est ma famille. J’ai peur de ne pas obtenir mes papiers et de devoir rentrer. Je serais heureux de revoir les miens mais la guerre, je ne veux plus la revoir ».

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Comparer leur situation les font réfléchir. Siyana qui vient de Bulgarie a pu emporter son chien mais pas ses hamster. Pour d’autres, à qui on avait demandé de ramener un objet qu’ils avaient ramené de leur pays, ils n’avaient que le jean et le T-shirt avec lequel ils avaient fuit.

Leurs rêves aussi sont simples et beau. Monter en haut de la « Tour Iffele », « accoucher sans douleur et manger sans trop grossir » », « faire les soldes ». Et puis il y a Abbas qui « aimerait que personne ne meurt plus sur la terre » mais reconnait, lucidement, « je crois que ça poserait des soucis d’organisation ».

Après tout ce sont des ados comme les autres. Comme la jeune bulgare qui raconte: « je prie le soir pour que demain tous les profs soient absents et que mes amis et moi on aille au Mac Do et au cinéma. Le truc le plus génial, ce serait que pile ce jour là ce soit les soldes, le rêve! ».  Comme Omar qui veut « devenir footballeur » et ajoute « si quelqu’un d’autre veut bien sauver le monde, moi je serai son ministre des sports ». Et comme Saifallah, afghan, qui conclue « ici j’ai découvert l’amour. Pas besoin de papiers pour ça, c’est bien pratique ».

Et puis viens le 3me acte, intitulé « Vivre ensemble ».

C’est la conclusion de ces heures d’échange. Et se produit ce que j’avais expliqué au Conseil municipal pendant le débat « Ma commune sans migrants »: il suffirait à chaque français de passer 10 minutes à discuter, les yeux dans les yeux, avec un réfugié ou un migrant pour connecter avec sa propre part d’humanité avec la sienne et lâcher ses préjugés.

Dans cette ville, je le dis et je le répèterai jusqu’à ce qu’il soit condamné pour cela, le maire fait de l’incitation à la haine. Il m’est arrivé plusieurs fois de me faire lyncher sur les réseaux sociaux pour avoir demandé des soins médicaux pour les roms ou pour avoir osé aller à Grande Synthe cuisiner des réfugiés kurdes.

Exemple pratique en images:

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Voyez un peu ce que les internautes venaient écrire sur mon mur après que le maire les ait chauffés à blanc (c’est un échantillon représentatif mais je vous passe les 300 autres, je suis sympa):

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Et même des appels au meutre:

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Alors je peux vous dire que j’ai été pas mal émue, après les témoignages du début de la pièce, ces souvenirs des collégiens de ceux qu’ils pensaient avant leur première rencontre avec les migrants, d’entendre leurs déclarations de la fin: 

  • « On essaie de nous laver le cerveau pour nous faire penser du mal d’eux »
  • « Maintenant si j’entends des gens dire du mal d’eux je me mets en colère » 
  • « Malgré tout ce qu’ils ont vécu ils ont toujours un sourire immense »
  • « J’ai pas honte de le dire, Abbas c’est mon ami »
  • « S’il y a des personnes qui parlent mal d’eux je vais mal réagir parce que MOI je les ai rencontrés, et que je les apprécie beaucoup »
  • « Aujourd’hui je veux les aider en faisant cette pièce avec eux pour raconter leurs histoires. Je veux que tout le monde comprenne ce que j’ai compris ».
  • « J’avais peur qu’ils aient un mauvais comportement mais Ibrahim avait les meme goûts que moi. « 
  • « Avant à la télé et dans la rue j’entendais beaucoup de choses sur eux. Maintenant je me mets à leur place. Voir son pays où sa famille détruits »
  • « J’avais peur qu’ils me parlent mal. Nous on a peur mais eux je pensaient vous pas qu’ils aient peur? Peur d’être renvoyés chez eux par exemple? »
  • « Ce sont des humains comme les autres. Ils viennent juste d’un autre pays. Et alors? La terre est ronde »
  • « La plupart sont jeunes, et sont arrivés dans une ville qui les rejette. Alors oui nous avons peur, mais en comparaison, leur peur est bien plus grande et plus justifiée »

 

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Monter cette pièce n’a pas été simple. Des enfants ne voulaient pas jouer. Des parents n’ont pas voulu venir. Et l’équipe d’encadrement a craint jusqu’au bout de ne pas pouvoir jouer la pièce ou de faire face à des réactions hostiles dans le public. Il n’en fut rien. Et je peux même vous dire que parmi ceux qui étaient présents hier soir personne n’a regretté le déplacement, en témoigne la standing ovation de la fin et les élèves, sourire en banane, racontant leur expérience au pot de la fin.

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Voilà, une belle leçon d’humanité. Et une démonstration de l’utilité de la culture pour combattre les préjugés… Qui vous aura surement aussi mieux fait comprendre pourquoi le travail de Claire Audhuy ne plait pas beaucoup à l’équipe municipale en place, qui, pour cimenter son électorat, a surtout besoin que ces préjugés perdurent.

Je ne peux pas finir cet article sans répondre aux allégations de Steeve Briois qui, dans le courrier envoyé au Président de l’agglomération que je vous ai cité en début d’article et que je vous mets en photo ci-dessous, m’implique dans son combat avec Claire Audhuy.

Steeve Briois a été jusqu’à porter plainte auprès du procureur pour dénoncer une « infraction au financement des campagnes électorales », parce que Claire Audhuy ferait « ma promotion » dans « une vidéo ».

Quand j’ai été mise au courant de ce courrier j’ai d’abord cru à une blague. Et demandé à le voir pour le croire. J’ai eu une confirmation de plus du fait qu’ici, la réalité dépasse souvent la fiction. Un mélange de Dallas et de Baron noir comme je dis souvent!

Alors par totale transparence et parce que je n’ai rien à cacher, voici ma version des faits.   La vérité, rien que la vérité.
« J’ai fait la connaissance de Claire Audhuy le 27 février, soit très tardivement. Elle était venue au lancement de mon livre « Nouvelles du Front » au Shannon, ainsi qu’une centaine d’habitants. Elle s’est présentée à moi et m’a expliqué son travail local que j’ai trouvé hyper intéressant. Elle avait été présente à un Conseil municipal quelques jours plus tôt (le même que celui qui a été immortalisé par « complément d’enquête »), mais je ne la connaissais pas et on ne s’est pas parlé donc je ne pouvais pas le savoir. On s’est par contre croisées furtivement le 19 mars, à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, on s’est simplement dit bonjour.
Quand nous avons pris connaissance de ce courrier par contre, nous sommes entrées en contact pour comprendre cette folie du maire. Je tombais de ma chaise de la manipulation des faits par Briois. Et je ne comprenais pas ce que c’était que cette vidéo que brandit Steeve Briois en pièce à conviction. Vous lirez ci-dessous l’explication…
Pour ma part je ne supporte pas ces méthodes du FN qui cherchent à faire peur aux gens, à les dissuader de mener leur action, de se parler, de se rencontrer. J’ai donc revu plusieurs fois Claire depuis et quand nous nous croisons, nous échangeons systématiquement quelques mots plutôt que d’aller se cacher pour éviter les rumeurs.
Parce que la chape de plomb, dans cette ville, sa suffit. Il y a 10 jours en Conseil municipal ils ont expliqué que j’avais du sang sur les mains, que j’étais un emploi fictif et que j’étais corrompue. Maintenant je détournerais des fonds publics pour ma campagne électorale… Et demain ils inventeront quoi? Plus c’est gros plus ça passe! Donc à un moment ça va bien et désormais le seul impact que le Front aura sur mes relations sociales sera de me rapprocher de celles et ceux dont ils cherchent à m’éloigner. A bon entendeur 🙂 »
Et je vous laisse donc sur ce témoignage écrit à ma demande par Claire pour terminer cette opération transparence.
« Je n’ai aucunement fait la promotion d’EELV. J’ai juste répondu aux questions de « La Zone de Silence » dans une interview vidéo le 8 avril à Strasbourg dans laquelle je partageais mes observations d’Hénin-Beaumont. Ayant assisté à un conseil municipal ces dernières semaines, j’avais été choquée par la manière dont se déroulait la séance: micros coupés par Steeve Briois quand l’opposition parle, propos indécents à l’encontre de l’opposition, etc… J’ai donc cité Marine Tondelier comme exemple de l’élue d’opposition qui, ce jour-là, avait tenu bon malgré la tempête de mauvaise foi et de railleries autour d’elle. Elle avait même été huée par le public qui, selon moi, se devait d’être silencieux lors des débats du conseil.
J’ai fait part de mon indignation face à ces méthodes, pour la vidéo de Zone de Silence.
Je réside actuellement sur l’agglomération d’Hénin-Carvin pour 4 mois et, de fait, passe une partie de mon temps libre dans les différentes communes. Je me suis rendue à la soirée de sortie publique du livre « Nouvelles du front » présenté par Marine Tondelier à Hénin-Beaumont: c’est la première fois que je l’ai rencontrée après l’avoir entendue en Conseil municipal. Je l’ai revue ensuite à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.
 Je suis choquée des méthodes d’intimidation de la mairie qui n’hésite pas à fabriquer de rumeurs, notamment à mon sujet, m’accusant de détournement de fonds publics, ou m’inventant de fausses intentions. »
Et une belle fin de semaine à tout le monde 🙂

« Hénin-Beaumont, c’est un mélange de Dallas et de Baron Noir »

Front National, Hénin-Beaumont, Législatives 2017, Nos campagnes électorales, On en parle... dans les médias, Prises de position

J’étais donc ce matin sur France Inter pour raconter le quotidien dans une ville Front National. Du grain à moudre entre deux tours!
Parce que je suis convaincue que des exemples concrets parlent plus que les injonctions, les procès en irresponsabilité et les clefs de bras électorales.
Chers ami-e-s, pour le 7 mai, je ne vous demande rien, et je ne vous donne pas de consigne parce que vous avez passé l’âge.
Je vous fais CONFIANCE.

–> Pour réécouter l’interview de ce matin c’est ici <–

 

France Inter

Inégalité devant la liberté de tracter à Hénin-Beaumont!

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

Nous avons donc Conseil municipal ce vendredi 14 avril. L’occasion de faire valoir notre droit à adresser des questions orales au Maire, pourvu qu’elles soient déposées auparavant par écrit.

C’est ce que j’ai fait pour éclaircir un point qui m’interpelle: le 18 avril 2015, la police municipale, manifestement embarrassée, nous avait demandé, avec de jeunes manifestants de gauche, de mettre fin à notre tractage organisé au rond point des vaches (entre Hénin et Beaumont) pour sensibiliser aux dangers du traité TAFTA. Le récit de cette scène peut être retrouvé ici sur le blog des jeunes écologistes mais aussi ici sur mon blog.

Les dirigeants FN de notre ville auraient surement voulu qu’intimidés, nous mettions fin à ce tractage, et ne recommencions plus JAMAIS. C’était mal nous connaitre. Nous avons soulevé l’aberration de cette demande, redéposé la question lorsque Bruno Bilde a prétexté en Conseil municipal ne pas pouvoir y répondre car sa boite mail avait été « hackée », excuse depuis contredite par son directeur des affaires juridiques de l’époque à qui on avait fait comprendre qu’il fallait faire comme si ma question n’était pas arrivée.

Finalement, puisqu’il fallait bien expliquer la chose, il nous a été répondu que notre opération posait des problèmes de sécurité.

C’est donc avec émoi que j’ai pris connaissance ce week-end de l' »ENORME » – c’est Laurent Brice qui le dit – opération de tractage organisée par le Front National, pile au même endroit.
Brice tractage rond point des vaches

Sont-ils inconséquents pour trouver un tractage au rond point des vaches dangereux en 2015  et en organiser un eux même au même endroit en 2017?

Ou alors la vie d’un jeune écologiste pour eux vaut plus que celle d’un militant frontiste?

La municipalité s’amuserait-elle consciemment à créer un risque pour les automobilistes traversant sa propre ville?

Vraiment , tout cela est étrange…

Surement ne suis-je pas assez perspicace pour comprendre la subtilité de la démarche. Pour avoir des explications et mettre un peu de sens dans tout cela, j’ai donc envoyé ce jour une question écrite par mail, doublée d’une version papier déposée ce jour en mairie au cas où la boite mail du Maire serait à son tour hackée, le hasard faisant souvent bien les choses.

En voici le contenu ci-dessous.

Réponse au prochain Conseil municipal!

(Avec un retour en image sur « l’énorme » opération de Laurent Brice pour la route 😉

 https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Ffn.pasdecalais%2Fvideos%2F1271425366259034%2F&show_text=0&width=560

Question orale à Steeve Briois, Maire d’Hénin-Beaumont

Portée par Marine Tondelier,                                                                                                           pour le groupe Agissons Unis pour Hénin-Beaumont

Le 18 avril 2015, alors que je participais avec d’autres jeunes militants d’Hénin-Beaumont à un tractage contre TAFTA pour sensibiliser au contenu de ce traité et aux risques qu’il fait courir sur nos normes sociales, environnementales et sanitaires, deux agents de la police municipale héninoise, visiblement mal à l’aise d’avoir à le faire, sont venus nous  demander de cesser notre diffusion de tracts en nous précisant qu’ils avaient reçu des ordres en ce sens. Motif invoqué: nous n’avions pas demandé l’autorisation au maire. Du jamais vu. Et des faits particulièrement angoissants pour nos libertés publiques et politiques.

Ce tractage faisait pourtant suite à une motion adoptée à l’unanimité au Conseil municipal, bien qu’émanant du groupe d’opposition. Il ne représentait aucune menace pour la sécurité, se déroulait dans une ambiance parfaitement bon enfant, du côté militant comme du côté des automobilistes, et n’avait fait l’objet d’aucun incident.

J’avais à l’époque déposé une question orale sur le sujet que Bruno Bilde avait prétendu ne pas avoir reçu car sa boite mail avait soit disant été « hackée ». En novembre, après que je l’ai redéposée, il m’a été répondu que notre action avait posé des questions évidentes de sécurité pour cause de proximité notamment de l’autoroute A1.

En réalité la distribution de tracts au sens large ne peut être interdite et n’est pas soumise à déclaration préalable. Nous n’avions donc pas à demander d’autorisation de distribution, et si cela avait été le cas, la demande était à faire en Préfecture. La mairie n’a pas en effet à se prononcer sur des routes départementales comme l’est le rond point des vaches.

Quelle ne fut donc pas ma surprise le 9 avril dernier d’être prévenue d’une action militante similaire en cours organisée par le rassemblement bleu marine, Laurent Brice posant fièrement sur les réseaux sociaux aux côtés de militants frontistes en vantant une « Énorme opération tractage au rond-point des vaches à Henin-Beaumont »

Sauf erreur de ma part, les conditions de ce tractage n’offraient pourtant pas davantage de garanties de sécurité.

Sauf erreur de ma part, la police municipale n’a pourtant pas été envoyée pour inviter les militants frontistes à cesser cette opération.

Avant que mes propos ne soient – comme souvent – manipulés par vos soins, je tiens à préciser que cette question ne met absolument pas en cause les policiers municipaux qui ne font que leur travail et, dans ce cadre, appliquent les consignes.

Alors Monsieur le Maire ma question est la suivante: pourquoi ce traitement à géométrie variable?

Préparons ensemble le Conseil municipal de vendredi! #DémocratieParticipative

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue
Chères héninoises, chères beaumontoises, chers héninois, chers beaumontois,
Le prochain Conseil municipal aura lieu vendredi matin, à 9 heures, dans les salons d’honneur de l’hôtel de ville. Comme à l’accoutumée un vendredi matin. Comme souvent pendant les vacances scolaires. Comme d’habitude nous l’avons appris au dernier moment. Comme toujours le public largement acquis à la cause du maire sera là pour faire la claque.
Non, nous ne vous demanderons pas de faire pareil. On vaut mieux que ça 😉 Et surtout nous sommes – contrairement à eux – respectueux du Code général des collectivités locales qui stipule que le public n’a pas le droit d’intervenir dans les débats municipaux.
Par contre, si vous souhaitez y assister dans le calme et le respect républicain, c’est avec plaisir 🙂
Et si l’un des points de l’ordre du jour ci-dessous vous interpelle, nous sommes, avec mes collègues, à votre disposition pour en discuter en amont du Conseil (donc avant vendredi) et intervenir en ce sens pendant la séance.
C’est ça aussi, la démocratie participative!Ordre du jour Conseil municipal 1Ordre du jour Conseil municipal 2

Vite, un cours de droit pour Steeve Briois!

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position

Lors du dernier Conseil Municipal du 7 octobre, Bruno Bilde a expliqué que je nageais en pleine illégalité en intervenant sur une délibération pour laquelle je serais une « personne intéressée ».

Vous pouvez retrouver cette scène dans la vidéo suivante à 1min38

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Je ne voterai finalement pas pour leur éviter une crise d’apoplexie et face à une situation manifestement bloquée, mais le Front National n’avait donc aucune raison de me considérer comme une « personne intéressée », ce que la Préfecture confirmera.

Ce qui les gênait était peut être plutôt le contenu de mon intervention qui soulignait le jeu dangereux que joue la municipalité avec le projet de Bus à Haut Niveau de service sur lequel elle coopère peu avec le Syndicat Mixte des transports, et ce au détriment des habitants d’Hénin-Beaumont.

Au moins pour la prochaine fois sauront-ils que la notion de « personne intéressée » dont ils m’ont accusée est régie par l’article L.2131-11 du Code général des collectivités territoriales qui dispose que sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil « intéressés à l’affaire qui en fait l’objet ».

Que c’est le cas par exemple si un élu est président d’une association concernée par une délibération, ou un propriétaire terrien impact par une modification du plan d’occupation des sols.

Mais que pour qu’une délibération votée soit illégale à cause de la participation d’un-e élu-e, il faut bien sûr que l’élu-e en question soit personnellement intéressé à l’affaire : intérêts financiers, intérêts patrimoniaux, d’intérêts familiaux ou d’intérêts moraux. Sinon le maire d’Hénin ne pourrait par exemple pas s’exprimer à l’agglomération sur les dossiers héninois.

Ici, Bruno Bilde incriminait le fait que je siège en tant qu’élue de l’agglomération Hénin-Carvin au sein du Syndicat Mixte des Transports (SMT), qui organise le transport urbain sur le territoire et est notamment en charge du dossier du Bus à Haut niveau de service dont nous débattions dans la délibération en question.

La qualification juridique du SMT en tant que Syndicat Mixte est un « groupement de collectivités territoriales » (L5211-1 CGCT). Et bien sûr, la participation en qualité de représentante d’une commune à un organisme qui lui est rattaché, ne caractérise pas un intérêt à l’affaire. Ca n’est pas comme si j’y travaillais, ou que je dirigeais une entreprise intéressée financièrement aux travaux du Bus à Hauts niveaux de service.

Dans le cadre dans lequel nous étions d’une délibération votée à Hénin-Beaumont sur le Bus à Haut niveau de service ou le SMT, à supposer qu’il y ai un intérêt quelconque à prendre part à une délibération, celui-ci ne serait pas personnel mais lié À MES FONCTIONS ÉLECTIVES :  c’est aussi l’intérêt de l’agglomération que je siège au SMT et par extenso, de la Commune d’Hénin-Beaumont. Ici l’intérêt se confond donc manifestement avec celui des habitants de la Ville d’Hénin.

Le raisonnement tenu est particulièrement idiot, car il induit que les élus d’Hénin-Beaumont siégeant à la Communauté d’agglomération (CAHC), dont le maire et ses adjoints, ne pourraient pas voter de délibération du Conseil municipal dès lors qu’un sujet aurait trait à l’agglomération. On n’a jamais vu ça…

Bref, incompétence ou malveillance, l’histoire ne le dit pas. Surement un peu des deux …

Charte « Ma commune sans migrants », censure, insultes et embrouillaminis procéduraux: la France A-PAI-SEE qu’ils disent….

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Mon travail d'élue, Prises de position, Sur le terrain

Cette photo a été prise sur le panneau d’affichage libre du parking Voltaire à Hénin-Beaumont au mois d’octobre.

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L’affiche en question, vous la connaissez toutes et tous: « la France apaisée », le FN nous la rabâche depuis des mois à longueur de campagnes d’affichage.

Voyons ce que cela donne à l’épreuve des faits et de la gestion municipale d’Hénin-Beaumont, que le Front national aime à présenter comme sa « vitrine ».

Le 7 octobre, date à laquelle le maire avait convoqué son Conseil Municipal de rentrée,  le Front national nous a offert une véritable anthologie de ce qu’ils sont capable de pire.

Pour la première fois, j’avais entrepris de filmer et de diffuser de bout en bout en direct sur Facebook l’intégralité du Conseil Municipal. En effet, de plus en plus d’observateurs politiques locaux se plaignent de ne plus pouvoir assister au Conseil du fait des horaires improbables de convocation de ses séances. Après les Conseils municipaux commençant à 16 heures, très pratiques pour les gens qui travaillent, le Conseil Municipal du vendredi 15 juillet à 9 heures, en plein pont du 14 juillet, très pratique pour les parents qui avaient prévu de partir en famille sur la côte, nous étions cette fois à nouveaux réunis un vendredi à 9 heures, dans une salle remplie de militants FN convoqués à grand renfort de SMS par la majorité municipale.

Ce film avait donc pour but de permettre aux Héninois-e-s et aux Beaumontois-e-s empêchés pour raison professionnelle ou familiale, de suivre ce Conseil à distance ou en différé. Les retours stupéfaits que j’ai eus montrent que l’exercice fut utile. Même en mairie, certains n’imaginaient pas que cela puisse se passer de cette manière et m’ont remerciée de l’exercice.

Voyez par vous même!

Diffamation et protection fonctionnelle

Après une entrée en matière dans le calme avec le vote de l’urgence sur une délibération arrivée au dernier moment, le changement de nom de la piscine municipale en hommage à son directeur brutalement décédé et une délibération sur les concessions d’affichage, le ton monte assez rapidement lorsqu’il s’agit d’examiner la protection fonctionnelle des élus (cf la vidéo à partir de 5 min 40).

La protection fonctionnelle des élue: késako? Elle bénéficie aux élus locaux s’ils sont victimes d’attaques ou de menaces dans l’exercice de leur mandat: ils peuvent alors faire voter par le Conseil la prise en charge de leurs frais de justice par la collectivité dont ils relèvent.

Le maire d’Hénin-Beaumont en est friand: depuis le début du mandat, ce sont des milliers d’euros de frais de justice qui ont été pris en charge par les contribuables d’Hénin-Beaumont tandis que nous, élus d’opposition par ailleurs non indemnisés pour ce mandat, payons nous même ce que nous coûtent les différentes procédures dans lesquelles nous sommes impliqués soit parce que nous sommes attaqués par le Front national, soit parce que nous attaquons des décisions contestables (censure de nos tribunes municipales, abattage d’arbres centenaires, crèche dans la mairie, etc).

Dans le cas précis, Steeve Briois accuse de diffamation Alain Alpern, blogueur Héninois et commentateur de la vie politique locale depuis des années.

C’est Bruno Bilde qui prend la parole. Et comme souvent il commence fort en ne pouvant s’empêcher d’attaquer par ricochet la Voix du Nord: « Il y a en ce moment un concours de ragots entre La Voix du Nord et Alain Alpern. C’est à celui qui sortira un ragot en premier. D’habitude c’est 10% de vrai et 90% de conneries, là c’est 100% de conneries ».

Mon collègue David Noël et moi-même intervenons successivement pour rappeler que cette délibération « est l’hôpital qui se fout de la charité »: à longueur de semaine, les élus d’opposition et les journalistes de la Voix du Nord sont en effet pris pour cible privilégiée par le Journal municipal et insultés et menacés sur les réseaux sociaux, avec comme chef d’orchestre le maire d’Hénin-Beaumont qui n’hésite pas à inciter à la haine.

Un exemple parmi d’autres, Steeve Briois n’a rien trouvé de mieux à faire cet été que de me porter à la vindicte de ses « fans » Facebook pour avoir été « sur la côté (à Grande Synthe) faire à manger aux migrants ». Il en tire la conclusion suivante, sans appel: « cette élue qui pratique la préférence étrangère en toutes circonstances est la honte de notre commune ».

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Immédiatement, ce sont des tombereaux d’insultes qui sont arrivés directement sur ma page Facebook. Morceaux choisis (et éloignez les enfants)…

Chacune des photos que j’avais postées lors de cette journée étant arrosée de commentaires tous plus raffinés les uns que les autres.

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(suite)

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Mon statut Facebook fut lui aussi victime de multiples commentaires injurieux dont voici quelques exemples

Commentaire Anne-Marie Maitaireau.png

Commentaire David Fremy.png

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Commentaire Duke Haty.png

Commentaire Kop Lensois.png

Commentaire Manuel Elcordobes.png

Commentaire Marie Sims.png

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Vous l’aurez compris, le raisonnement est bien rodé. Donner à manger à des réfugiés politiques = aider des ennemis de la France / aider l’envahisseur = être collabo. Et donc il faut nous tondre. CQFD.

Ce genre de propos avait déjà été tenu contre moi lors de l’évacuation d’un camp Rom un mois plus tôt.

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La palme revenant à Muriel Varaillon qui, allègrement, se permet une petite menace de mort à visage découvert, ce qui je le rappelle est susceptible de poursuites pénales mais à nos frais puisque nous ne demandons pas comme le fait le maire que la collectivité prenne à sa charge nos frais de justice.

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Outre ces commentaires inscrits directement sur mon mur Facebook, les messages accompagnant les « partages » de mon statut à la suite du message de Steeve Briois laissent  eux aussi songeurs…

 

Partage Au nom de tous les miens.pngPartage Daniel Bouyer.pngPartage Thierry Minéo.png

Bref, personne n’aura du mal à concevoir à la lecture de cet exemple que les activités numériques de Steeve Briois relèvent de la complicité de harcèlement (car ce genre de séquence est récurrent), d’injure et de menace de mort.

Face à ces arguments, Bruno Bilde, adjoint aux affaires juridiques, est visiblement embarrassé, et nous explique qu’il passe déjà ses journées à modérer les pages Facebook  du maire et de la ville (peut-être que s’il excitait moins les gens il aurait ensuite besoin de passer moins de temps à modérer leurs propos).

Il se raccroche désespérément à un commentaire qu’il aurait pris en capture d’écran sur mon mur Facebook le 11 mai et dans lequel un internaute traiterait Christopher Szczurek, Président du groupe FN municipal, de « con ».

Effectivement. C’est pareil. Et tout vaut tout.

Il déclare même (à 12’55) « Je vais aller jusqu’au bout. Je  pense que les petits provocateurs qui mette des messages de ce style sur le Facebook du maire, non seulement ils ne sont pas de chez nous mais je les soupçonne même d’être de chez vous ».

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Devant nos protestations (il suffit de quelques clics pour constater que les profils Facebook de ces personnes sont remplies de bleu blanc rouge et de publications relatives à Marine Le Pen et ses partisans), il enchaîne:  « Laissez-moi parler, ne soyez pas totalitaire, je sais que c’est dur chez vous ».

Il finira (14min25) par se retourner vers Eugène Binaisse (ancien maire d’Hénin-Beaumont, notre président de groupe) pour l’attaquer personnellement en commençant par « je vous avais prévenu » et en multipliant les « vous monsieur Binaisse » en le pointant d’un doigt menaçant et en concluant par un très classe « Vous n’avez pas le slip très très propre dans cette affaire, il est temps d’aller le nettoyer au pressing ». C’est fin ça se mange sans faim.

Il finira par expliquer (vers la 20ème minute) que « le harcèlement judiciaire vient de l’opposition » avec 4 référés, répondant à mes protestations « laissez moi parler, elle est complètement hystérique » . Notons que les référés déposés depuis le début du mandat portaient sur des sujets aussi insignifiants que l’arrêté anti-mendicité du maire (référé gagné par la LDH), la censure d’une tribune municipale de l’opposition, l’abattage de 40 tilleuls centenaire ou encore l’installation d’une crèche en mairie qui ne répond à aucune tradition locale.

Coupure de micro quand la vérité dérange

A partir de la trentième minute, le Conseil municipal examine une décision budgétaire modificative.

Mon collègue Stéphane Filipovic intervient alors sur le sujet au nom du groupe d’opposition municipale. Peu avant la 50ème minute, l’adjoint aux finances Richard Sulzer, qui est en train de répliquer,  lui propose « vous avez envie de répondre, répondez! ». L’élu socialiste reprend donc la parole comme l’élu frontiste l’y invite, et commence une démonstration fort intéressante. L’idée est de mettre en exergue le fait que si les finances de la ville vont mieux, c’est aussi grâce au travail de la municipalité précédente qui a su rétablir la situation après avoir hérité des écuries d’Augias laissées derrière lui par le maire corrompu Gérard Dalongeville à sa révocation.

Gêné, Steeve Briois coupe alors subitement son micro pour ne pas le laisser poursuivre. Stéphane Filipovich lui rétorque « je sais pourquoi vous me coupez la parole ». Le maire réponds « parce que vous dites des conneries ». Mon collègue devra poursuivre malgré la coupure de son micro, pendant que des élus majoritaires le prennent à parti sur le « montant de sa taxe d’habitation » (quel rapport?) et interviennent simultanément, avec eux le micro allumé.

La scène dure plusieurs minutes. A la fin, sans que cela n’ait plus aucun rapport, Bruno Bilde pratiquera son sport préféré: le détournement et le bottage en touche vers ses sujets préférés: le burkini et Denis Baupin. Ecoutez juste avant la 56ème minute: « Quand à vous Madame, oser défendre le droit des femmes après s’être prononcée en faveur du burkini. Et quand on a fait venir ici Madame Baupin à plusieurs reprises, on se tait ». Steeve Briois reprend « Allez Madame Baupin ».

Cette superbe blague clôt le débat. Le maire passe au vote à toute vitesse. Il est mis fin à ce débat devenu gênant, au forceps. Les sujets gênants ont brillamment été esquivés. Mon collègue n’aura pas eu l’occasion de terminer son intervention.

Bus à haut niveau de service et personne intéréssée

Quelques délibérations plus tard vient le sujet du bus à haut niveau de service, dont l’arrivée est imminente sur notre territoire et dans notre centre-ville.

Je prens la parole pour intervenir longuement sur le fond, sur le trajet de ce bus, son impact pour le commerce local, le mode de motorisation de ses véhicules, etc.

Puisqu’au moment où l’on parlait budget les élus frontistes nous ont répondu migrants et burkini, le risque était que sur le bus ils nous répondent jungle de Calais.

Mais fidèles à leur grande capacité à innover, c’est sur un autre front qu’ils attaquent (et toujours pas sur le fond des dossiers).

Bruno Bilde se lance alors (à 1 heure 38 sur la vidéo):  « Juste une remarque de forme qui m’interpelle… Madame n’aurait pas du s’exprimer aujourd’hui car elle fait partie du conseil d’administration du syndicat mixte des transports et à ce titre elle est donc une personne intéressée ».

L’adjoint, qui aime donner des leçons de droit à la terre entière, est pris ici en flagrant délit de mensonge.

La notion de « personne intéressée » est régie par l’article L.2131-11 du Code général des collectivités territoriales qui dispose que sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil « intéressés à l’affaire qui en fait l’objet ».

C’est le cas par exemple si un élu est président d’une association concernée par une délibération, ou un propriétaire terrien impact par une modification du plan d’occupation des sols.

Pour qu’une délibération votée soit illégale à cause de la participation d’un-e élu-e, il faut bien sûr que l’élu-e en question soit personnellement intéressé à l’affaire : intérêts financiers, intérêts patrimoniaux, d’intérêts familiaux ou d’intérêts moraux. Sinon le maire d’Hénin ne pourrait par exemple pas s’exprimer à l’agglomération sur les dossiers héninois.

Ici, Bruno Bilde incrimine le fait que je siège en tant qu’élue de l’agglomération Hénin-Carvin au sein du Syndicat Mixte des Transports (SMT), qui organise le transport urbain sur le territoire et est notamment en charge du dossier du Bus à Haut niveau de service dont nous débattions dans la délibération en question.

La qualification juridique du SMT en tant que Syndicat Mixte est un « groupement de collectivités territoriales » (L5211-1 CGCT). Et bien sûr, la participation en qualité de représentante d’une commune à un organisme qui lui est rattaché, ne caractérise pas un intérêt à l’affaire. Ca n’est pas comme si j’y travaillais, ou que je dirigeais une entreprise intéressée financièrement aux travaux du Bus à Hauts niveaux de service.

Dans le cadre dans lequel nous étions d’une délibération votée à Hénin-Beaumont sur le Bus à Haut niveau de service ou le SMT, à supposer qu’il y ai un intérêt quelconque à prendre part à une délibération, celui-ci ne serait pas personnel mais lié à mes fonctions électives :  c’est aussi l’intérêt de l’agglomération que je siège au SMT et par extenso, de la Commune d’Hénin-Beaumont. Ici l’intérêt se confond donc manifestement avec celui des habitants de la Ville d’Hénin.

Le raisonnement tenu est particulièrement idiot, car il induit que les élus d’Hénin-Beaumont siégeant à la Communauté d’agglomération (CAHC), dont le maire et ses adjoints, ne pourraient pas voter de délibération du Conseil municipal dès lors qu’un sujet aurait trait à l’agglomération. On n’a jamais vu ça…

Bref, incompétence ou malveillance, l’histoire ne le dit pas.

Mais les accusations ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Bruno Bilde m’accuse dans la suite des échanges de ne pas assister souvent aux réunions du Syndicat Mixte des Transport. Effectivement, puisque j’y suis suppléante. Je suis donc amenée à remplacer les titulaires en cas d’absence.

Bruno Bilde poursuivra en éructant qu’il est inadmissible qu’en tant que suppléante je n’assiste pas tout de même à l’intégralité des séances de travail du SMT: les élus Front National, eux, le feraient systématiquement affirme-t’il, dans les instances où ils siègent.

Je précise ici que le Syndicat Mixte des Transport se réunit la plupart du temps le mardi toute la matinée, ce qui rend quasiment impossible la participation des élus qui ont une activité professionnelle (mais ce sont beaucoup de maires qui y siègent).  Je rappelle également que le mandat de Conseiller Communautaire est indemnisé 180 euros par mois. Ce qui ne permet pas de diminuer significativement son temps de travail (je l’ai tout de même fait, passant à 4/5èmes au début du mandat, pour assurer notamment mes fonction de présidente du Conseil de Surveillance (bénévole) de l’hôpital d’Hénin-Beaumont).

Pour vous donner une comparaison qui fera passer les leçons de morale de Bruno Bilde au second plan, les Conseillers départementaux du Pas de Calais gagnent 2661 euros par mois. Or les trois frontistes héninois (Aurélia Beigneux, Maryse Poulain et Christopher Szczurek) qui cumulent ce mandat avec celui d’adjoint (et l’indemnité qui va avec) ont décidé, en juin dernier, de se retirer de toutes les commissions et organismes du Conseil Départemental du Pas-de-Calais (si cela vous intéresse vous pouvez lire cet article). En gros, ils touchent donc la même indemnité que les autres mais n’assistent quasiment plus à aucune réunion en dehors de séances plénières. Vous comprendrez donc que j’accueille avec beaucoup de philosophie leurs leçons de morale.

L’examen de cette délibération, dont j’aurais souhaité qu’elle permette de parler du projet de bus plutôt qu’elle ne devienne une démonstration de la mauvaise foi de la majorité FN, se conclue par un vote auquel je demande au maire si finalement je peux prendre part ou pas, puisqu’il considère que je suis une personne intéressée, même si cela me parait très étrange sur le coup.

 

Cette séquence figure dans la vidéo à 1heure49. J’y mets le FN face à son raisonnement stupide (je ne pourrais pas intervenir sur cette délibération concernant le bus car je serais une « personne intéressée » puisque je siège en tant qu’élue au Syndicat Mixte des Transports auquel ils m’accusent d’ailleurs de ne jamais siéger mais je serais intéressée quand même #Kafka). Et pose clairement la question au maire de savoir si je peux ou non, finalement, prendre part au vote sur cette délibération. Les agacement et hésitations qui s’en suivent sont très évocatrices… Voyez vous même:

Steeve Briois (SB): « Qui est pour. Qui est contre. »

Marine Tondelier (MT): « Est ce qu’on vote ou on ne vote pas Monsieur Binaisse et moi? » (mon collègue d’opposition Eugène Binaisse siège également au SMT, lui en tant que titulaire)

SB « Bah votez. Faites comme vous voulez. Vous devez connaître un peu le règlement »

MT « Bah non mais pour moi j’avais le droit d’intervenir »

SB, de plus en plus agacé « Lorsqu’il y a une décision qui concerne Madame Lecocq Madame Lecocq ne vote pas donc après faites ce que vous voulez »

MT « ça concerne des instances dans lesquelles on siège comme vous siègez dans plein de trucs tout le temps »

SB « Et bien voilà donc en théorie on ne siège… on ne vote pas lorsqu’on est intéressée »

MT « Je ne suis pas intéressée personnellement. Enfin. C’est des instances dans lesquelles on siège en tant qu’élus ». « On y siège en tant qu’élus »

Jean-Richard Sulzer, Adjoint aux finances, se penche vers Steeve Briois, plusieurs adjoints ont l’air déconcertés par la question.

Bruno Bilde et Steeve briois s’interrogent du regard

SB « Bon »

MT « Concertez vous, manifestement c’est vous qui ne savez pas ce qu’il faut faire »

SB « Ecoutez si vous ne ce savez pas ce que… » Silence, il réinterroge ses collègues du regard  et reprend: « c’est grave »

MT « Vous avez l’air vous même de ne pas savoir ce qu’il faut faire »

SB « Si, moi je… »

Christopher Sczcurek (CS), Président du groupe FN, vole au secours du maire: « la règle est simple vous ne pouvez pas voter ».

MT « Bah dites-le alors »

SB « Ca n’est pas à moi à vous le dire quand vous siègez vous êtes grands vous êtes majeurs. Lisez le code des communes »

CS « La règle est simple. Quand on fait partie des instances décisionnaires d’une association ou d’un organisme ou d’un établissement et caetera, on ne participe pas au vote »

Steeve Briois enchaîne: « Madame Lecocq ne vote pas parce qu’elle est membre du Conseil d’administration du temps de vivre, Moi-même je ne vote pas parce que… voilà »  (le temps de vivre est une association dans laquelle elle siège à titre personnel)

MT « C’est pas pareil mais bref, nous ne voterons donc pas mais le groupe s’abstient »‘

Je ne voterai finalement pas pour leur éviter une crise d’apoplexie et face à une situation manifestement bloquée, mais après vérification le Front National n’avait aucune raison de me considérer comme une « personne intéressée ». Le Préfecture en sera informée par mes soins.

Charte « Ma commune sans migrants »

Arrivés à ce stade du Conseil Municipal, les esprits sont déjà bien échauffés. Entre temps, Steeve Briois en parlant des Verts m’a tancée d’un « votre secte ». Bruno Bilde m’a expliqué « Elle en est pour se faire un petit peu de buzz à racoler » – en parlant du fait que j’ai alerté la presse de la grosse probabilité que la question des migrants soit évoquée lors de cette séance-, Nicolas Moreaux m’a avertie « Les Français vous détestent ». Et Briois s’est amusé pendant l’examen de la délibération sur les jardins partagés »Dieu nous en garde… ou Allah si vous préférez » avant que Bruno Bilde ne nous explique que des vergers du coeur allaient ouvrir pour la solidarité « pas avec les migrants » et explique plus loin sans que cela n’ait de rapport « Madame Tondelier parle droit des femmes mais est pour le burkini » ou encore « je sortirai votre photo avec Denis Baupin » (euh…mais quelle photo?). Qu’est ce que tout cela est drôle… :/

L’ordre du jour du Conseil Municipal est donc en théorie épuisé. Mais le Front National, tout fier, annonce qu’il a une motion surprise (séquence à partir de 2 heures 22 sur la vidéo).

Le tout est d’ailleurs très confus. Voyez par vous même ce que Steeve Briois nous explique: « Voilà. Donc on passe donc aux motions. Alors je… La motion que nous distribuons. Je vous informe toutefois que nous avons… que j’ai mis fin à l’emploi fonctionnel de Monsieur R. Les. Vous avez dist… Vous avez donc également sur table la motion euh… qui est en cours de distribution. Il s’agit d’une motion… de la seule motion euh régulièrement déposée… qui s’intitule « Hénin-Beaumont ma commune sans migrants ».

Dites donc que c’était laborieux.

Le manque d’assurance du maire provient probablement du fait que cette motion est plus que border line, et ce pour différentes raisons.

1. Par cette charte, le Conseil municipal intervient dans des domaines qui concernent les pouvoirs de police, or ces pouvoirs sont de la seule compétence du maire. Le Conseil n’a donc pas compétence pour adopter un tel texte.

2. Personne, aucune autorité, à aucun moment, n’a demandé à la commune d’Hénin-Beaumont de recevoir quelque migrant que ce soit, notamment en provenance de Calais. Comme je l’expliquerai d’ailleurs dans mon intervention, pourquoi un migrant sans papier viendrait d’ailleurs se réfugier au choix … dans une ville FN? Soyons sérieux 5 minutes. L’intérêt général à caractère local que doit revêtir une motion  n’apparait donc pas clairement, et on peut s’interroger sur la présence d’un tel texte dans les textes soumis au vote du Conseil Municipal. Hormis pour exciter les peurs à des fins électoralistes.

3. Il est par ailleurs permis de douter que ce texte appelé « Charte » ne soit qu’un simple vœu ou une simple motion. Il comporte en effet des éléments (pouvoirs de police, décisions financières, etc) qui tendent à le faire classer, pour partie au moins, dans la catégorie des délibérations sur les affaires de la commune. Or dès lors que le texte en question fait partie de la catégorie des délibérations, il devait répondre à la règle qui régit le dépôt de toute délibération : notification aux conseillers au moins 5 jours francs avant le conseil ou, s’il y avait eu urgence, demande au Conseil de constater l’urgence, voie qui était de toutes façons fermée puisque personne n’avait demandé à la ville de recevoir qui que ce soit.

4. Quand bien même le caractère de délibération ne serait pas reconnu à ce texte, il convient de préciser que le texte n’a été distribué aux conseillers qu’à la toute dernière minute. Il ne figurait même pas dans la pochette « sur table » remise en début de Conseil et qui contenait deux questions orales de membres de l’opposition et une délibération de dernière minute. Si aucune inscription à l’ordre du jour, ni aucune demande connue du maire au début du conseil n’existait, à l’évidence le règlement intérieur n’a pas été respecté.

5. En début de séance, des journalistes étaient présents pour couvrir les débats au cas où le texte serait présenté. Etant donné que ce texte avait systématiquement été présenté dans doutes les assemblées délibérantes où siège le FN, il paraissait en effet très probable que le maire d’Hénin-Beaumont, son auteur, en fasse de même (Bruno Bilde s’était d’ailleurs vanté un peu plus tôt lors de l’Assemblée générale d’une association « venez vendredi au Conseil municipal, on va parler des migrants, on va se marrer »). Il a toutefois été affirmé aux journalistes qu’il n’était pas prévu de proposer ce texte au conseil ce jour-là. Et que ce serait le cas en novembre. Certains journalistes ont alors quitté les lieux, tandis que d’autres, renseignés dans le même sens par téléphone, ont renoncé à faire le déplacement, n’ayant pas a priori de raison de penser que le premier magistrat d’une collectivité et son adjoint pouvaient, dans l’exercice de leurs fonctions et sur un sujet concernant l’assemblée délibérante de leur collectivité, mentir ouvertement.

6. La « charte » comporte des dispositions qui visent à refuser l’application sur la commune de mesures liées aux engagements internationaux de la France (paragraphe 1) ou à des décisions de la compétence de l’état (paragraphe 2 et 4). Dès lors justement qu’il s’agit du domaine de compétence de l’Etat, ces dispositions n’ont pas d’utilité ni d’effet juridique concret (ce qui de toute façon ne change rien, personne n’ayant demandé quoi que ce soit au maire de la commune, sur les domaines évoqués).

7 . Le texte (paragraphe 6 et 7) entend également autoriser la commune à utiliser « tous les moyens de communication » à sa disposition en vue de faire connaître son opposition à l’accueil de migrants, et à organiser des réunions publiques pour « renseigner sur l’impact des politiques d’accueil des migrants ». Outre le fait que la mobilisation de tous les moyens de communication de la commune est un indice supplémentaire qui, concernant l’orientation de l’utilisation des moyens des services, confère à ce texte le caractère de délibération classique sur l’affectation des moyens de la commune, au moins en partie, il existe dans ces paragraphes, s’ils sont mis en œuvre, un risque réel de discrimination à raison de l’origine réelle ou supposée d’individus résidant légalement sur le territoire, mais refusés comme migrants. Ce n’est pas le caractère légal ou pas du séjour de la personne sur le territoire français qui est visé, mais son caractère de « migrant », que ce soit dans un cadre légal ou pas. Ce texte entend donc faire, dans le fonctionnement de la commune, une distinction entre des catégories d’individus, non pas en fonction de catégories juridiques auxquelles elles appartiennent, mais en fonction d’un critère de discrimination prohibé, ce qui constitue un acte faisant grief et dont la légalité est à contester.

Cette pseudo « charte » est donc nulle et non avenue. Des démarches auprès de la Préfecture sont en cours pour que cela soit officiellement reconnu.

Je n’ai pas plus envie que cela de réécouter les débats pour vous les retranscrire, les vivre une fois fut suffisamment éprouvant tant on assiste là à ce que le Front National sait faire de pire en terme de manipulation, de mauvaise foi, de xénophobie.

Pour vous rendre compte des applaudissements et huées du public, de l’hilarité du maire, des raisonnements détestables déployés par les élus frontiste, je vous conseille plutôt la vidéo du Conseil, à partir de 2 heures 22, pour retrouver la présentation de la motion par le Maire, les interventions des mes collègues PS et PC, et ma propre intervention à partir de 2 heures 36 minutes, qui commence par cette provocation de la part de Steeve Briois en me donnant la parole « Madame Tondelier » (exclamations bruyantes du public ce qui l’oblige à les calmer, hilare) « Je vous demande de vous arrêter ». « On va écouter la brillante… Un grand moment d’anthologie comme dirait Nicolas Moreaux. Une petite larme ».

Un militant écolo a extrait une partie de mon intervention ici si vous voulez gagner du temps

Dans la vidéo intégrale du Conseil municipal proposée en début de cet article, vous pourrez également entendre les interventions édifiantes de trois adjoints FN qui suivent. La palme revenant à Aurélia Beigneux, qui explique que les réfugiés viennent profiter du système alors qu’elle a elle-même fraudé le RSA (lire ici), le fait qu’elle avoue elle même avoir remboursé les sommes fraudées laissant peu de doutes sur sa bonne foi…

Les atermoiements de l’adjointe aux affaires sociales sur le fait qu’il faille aider les SDF français plutôt que les migrants sont d’ailleurs à mettre en parallèle avec la nouvelle tentative d’éviction du Secours populaire héninois de son local, alors que l’association aide présentement 4 SDF bien français (que tout le monde se rassure) ainsi que des dizaines de familles de la ville.

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Censure des questions orales

Enfin, c’est courant lors des Conseils Municipaux ici, quand vous pensez avoir tout vu, la majorité municipale vous réserve souvent une ultime surprise. Cette fois-ci ce fut la censure de nos questions orales! (dernière minute de la vidéo).

Mon collègue David Noël et moi-même avions en effet déposé deux questions comme nous le permet le règlement intérieur et le Code Général des collectivités territoriales.

La mienne portait par exemple sur la venue quelques jours plus tôt à Hénin-Beaumont et à l’invitation du Maire de Marek Jurek, ancien président de la diète polonaise et farouche anti-avortement, reçu en grande pompe à l’occasion du Salon de la Pologne. Cette venue apparaissait comme une provocation alors que la Pologne traversait une séquence dramatique de son histoire en matière de droits des femmes, du fait de l’examen d’un projet d’interdiction totale de l’interruption volontaire de grossesse, même en cas de viol ou de grossesse menaçant la vie de la femme enceinte. Non contents d’accueillir l’un des fers de lance de ce combat rétrograde, le maire d’Hénin-Beaumont lui a même remis la médaille de la ville!

Pour éviter ce sujet génant, le maire nous annonce (cela correspond à la dernière minute de la vidéo): « nous allons répondre à vos questions orales par écrit ».

Cette pratique est totalement non conforme à la réglementation, comme le confirme l’échange de courrier avec la préfecture que vous trouverez ci-dessous (merci à mon collègue David Noël d’avoir effectué la démarche dans un délai records!)

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Le réponse embarrassée de Steeve Briois, qui me parviendra quelques jours plus tard laisse songeur-se: inviter un anti-avortement polonais notoire à Hénin, lui remettre la médaille de la ville, puis expliquer que c’est une règle protocolaire puisqu’il était en visite, comme si il était venu de lui-même après une recherche sur tripadvisor….

Mention spéciale à la traditionnelle petite touche finale d’attaque personnelle culpabilisatrice  à base de « je suis surpris qu’une assistante parlementaire ignore ces principes de base ».

Mais non, comme sur la question de savoir si j’étais une personne intéressée ou pas à la délibération sur le bus, le ton péremptoire du maire ne rend pas plus juste ses raisonnements alambiqués et ses tentatives d’explications confuses.

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PS: cet article a été écrit en écoutant la playlist « Rester Zen » de Deezer que je vous recommande chaudement 🙂

Trop tard pour les tilleuls d’Hénin-Beaumont : les tronçonneuses du Front National auront eu leur peau !

A Hénin-Beaumont, Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Environnement, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Nord-PdCalais, Prises de position, Sur le terrain

Le 28 avril 2016, le Tribunal Administratif de Lille a suspendu en urgence l’opération d’abatage de 38 tilleuls centenaires en cours rue Berlioz à Hénin-Beaumont, suite à un référé que j’avais introduit.

En effet, la municipalité d’Hénin-Beaumont, après avoir annoncé dans le journal municipal une simple campagne d’élagage, avait en effet entamé un véritable saccage sur ces tilleuls plantés en 1903, ordonnant un abattage radical des arbres en question et intensifiant le saccage à l’approche de l’audience pour faire le maximum de dégâts irrémédiables.

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Furieux de ce camouflet, ils ont même tenté en mai (photo ci-dessus) de contourner ce jugement en prenant un arrêté illégal piétinant cette décision de justice, et en reprenant l’abattage par surprise le lendemain matin vers 7 heures, opération qui avait été arrêtée par des citoyens et militants du territoire et par saisine de la préfecture, du TGI ainsi que du Juge administratif par un nouveau référé-suspension. Le Maire Front National avait fini par retirer cet arrêté quelques instants avant l’audience.

Cette semaine, le Maire frontiste a intenté une nouvelle procédure, prétextant un projet de « nouveau trottoir » – miraculeusement dévoilé au mois de mai, soit bien après le début des opérations que la mairie avait jusqu’alors eu beaucoup de difficultés à justifier y compris devant le tribunal – pour exiger la lever de la suspension.
Dans aucune ville de France refaire le trottoir ne demande d’abattre les arbres.
Cependant, lors de cette nouvelle audience au Tribunal Administratif de Lille, le Juge des référés, qui a bien spécifié pendant l’audience ne pas être là pour rejuger toute l’affaire mais pour se prononcer sur l’état des arbres à l’instant T, a dû se rendre à l’évidence: les arbres ont été mutilés.
Le considérant 7 est très clair sur ce point: « Dans ces conditions, et alors même que la commune a fait preuve de précipitation et d’une appréciation erronée des défauts présentés par certains arbres et compte tenu de ce que l’élagage drastique auquel il a été procédé en vue de préparer l’abattage à compromis irrémédiablement le devenir d’arbres ne présentant pas de risque de défaillance, la commune d’Hénin-Beaumont est désormais fondée à demander sur le fondement des conclusions des expertises produites à ce qu’il soit mis fin à la suspension de cette décision. »

En clair, le mal est fait. Irrémédiable. Et mutiler illégalement la nature permet ensuite de légaliser sa destruction. La législation française a encore bien des progrès à faire pour se mettre à la hauteur des enjeux environnementaux que ne manquera pas de nous poser le XIXème siècle.

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La Rue Berlioz avant intervention de la mairie

Je prends acte de cette décision qui me déchire. Ces arbres auraient dû et pu être soignés. Le Front national n’en a pas l’intention et je n’ai aucun moyen de les y contraindre, ceci n’étant pas une obligation légale.

Je me range donc à la décision du tribunal de laisser la mairie réparer ce massacre en replantant d’autres arbres. En ayant bien en tête que cette procédure judiciaire aura au moins permis à la Mairie de bâtir un projet sérieux d’aménagement des trottoirs de cette rue, qui encore une fois était compatible avec la préservation de ces tilleuls centenaires, refuges de biodiversité, climatiseur géant et outil imbattable de lutte contre les inondations et les pollutions.

Je tiens cependant à préciser suite à la réaction de Steeve Briois suite à ce verdict, m’accusant d’avoir « menti », « manipulé l’opinion » parce que « les arbres sont bien malades et doivent être abattus », que c’est bien sous le coup de leurs interventions que leur santé a été gravement compromise. Le jugement est très clair sur ce point. Ainsi que les propres expertises de la ville versées au dossier.

Face à ces intimidations et ces calomnies indignes d’un élu de la République, je vais examiner  les suites opportunes à donner à cette affaire qui révèlent une nouvelle fois les pratiques agressives et de passage en force de cette municipalité.

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui m’ont soutenue dans ce dossier et qui se reconnaîtront, ainsi que celles et ceux qui ont contribué financièrement à l’étude sanitaire qui aura son importance dans la suite de la procédure puisqu’elle démontre la responsabilité de la Ville d’Hénin-Beaumont.

En toute transparence, vous pouvez télécharger ici la décision du tribunal et la contre-expertise que nous avions fait faire de notre côté.

« Quand on veut monter au cocotier…

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, Prises de position

… Il faut avoir le cul propre! »

Cette phrase, les fidèles du Conseil municipal sont habitués à l’entendre à chaque séance. C’est en effet la formule préférée de Bruno Bilde, « adjoint aux affaires générales » de Steeve Briois.

Vulgaire?

Je ne vous le fais pas dire!

Mais dans la ligne du reste….

Unknown

Lors du dernier en date, le lundi 23 février, entre les « fesses pas propre » de l’ancien maire, le « slip sale » de mon collègue communiste David Noel et mon « cul systématiquement  entre deux chaises », le sieur Bilde, qui est un peu touche glamouro-paillarde de l’équipe, s’en est par exemple inspiré pour filer une métaphore très représentative du niveau auquel il aime rabaisser les séances.

Mais la vérité, c’est que le FN Héninois excelle clairement lui-même dans l’escalade de cocotiers…

Depuis les législatives de 2012, j’ai été attaquée à plusieurs reprises par le front national sur de ma profession de Collaboratrice parlementaire.

La première fois par Marine le Pen en débat sur France 3, qui m’avait reprochée de « travailler dans l’or du Senat bien loin de la misère du bassin minier » (si c’est ce que le FN a en tête en pensant au Sénat, leurs deux nouveaux sénateurs ont dû être très déçus en prenant possession de leur bureau… C’est d’ailleurs surement pour cela qu’ils ne viennent pas souvent ;))

Puis la petite musique a continué: Steeve Briois, alors élu d’opposition, a notamment écrit le 10 juillet 2013 sur son blog « A vrai dire, on a jamais réellement vu Marine Tondelier faire de la politique locale et réelle : pour le local on repassera, puisqu’en tant qu’assistante parlementaire d’un sénateur, elle passe une bonne partie de sa vie à Paris et ne revient par chez nous que pour faire un peu de retape dans les manifestations et conventions des Verts ». Celle-là dans son genre n’était pas mal non plus. Vu que je n’ai jamais eu de logement à Paris et me farcis des allers-retours à longueur de semaine.  D’ailleurs je cherche toujours à comprendre ce que signifie « faire de la retape dans des conventions de Verts » mais il faudra me donner l’adresse ça à l’air sympa…

Depuis les élections municipales, les attaques ne se sont pas calmées, bien au contraire. Mon petit surnom attribué par les élus FN en Conseil municipal ? « La bobo parisienne ». Très drôle de la part d’une équipe municipale dont certains membres sont eux pour le coup vraiment parisiens. Tandis que mon père est d’Hénin, ma mère de Beaumont. Que j’y ai grandit. Que je ne suis à Paris qu’en journée et pour travailler. Et que quand des réunions tardives ou les horaires de la SNCF ne me permettent pas de faire l’aller-retour, je dors chez mon conjoint en Seine-Saint-Denis… bien loin du 6ème arrondissement (et sans regrets!)

Tout récemment, c’était au tour de Francois Vial, mon opposant frontiste aux départementales sur le canton d’Henin 1, de s’illustrer par un nouveau dérapage en m’attaquant sur ma profession sans que cela ne fasse sens.

Sur son blog, il a expliqué, pour commenter la venue de Noel Mamère sur le canton dans le cadre de la campagne, que j’avais « fait jouer les réseaux que m’offrent mes fonctions d’assistante parlementaire » pour organiser ce déplacement.

Outre que Monsieur Vial a été parachuté trop récemment (pour les municipales de 2014) pour être au courant du fait que Noël Mamère était venu en 2009 soutenir notre liste aux municipales partielles (j’étais à l’époque étudiante et adhérente des Verts depuis… 15 jours) puis à nouveau en 2012 lorsque j’étais candidate aux législatives, je ne vois toujours pas comment mon boulot au Sénat me servirait à cultiver mon réseau auprès d’un député… Surtout d’un député de mon propre parti que j’ai donc beaucoup d’autres occasions de rencontrer EN DEHORS de mon travail.

Bref, j’ai entendu beaucoup de bêtises de leur part sur mon activité professionnelle. Je me suis dit que je ne devais pas être tombée dans le bon parti: passer ses journée à cultiver ses réseaux bobos parisiens dans de l’or ça a l’air plutôt sympa et je suis sûre que ça doit être mieux payé que chez nous 😉

J’ai été amenée à plusieurs reprises à leur expliquer si j’avais le choix (entendez s’il y avait du travail pour les jeunes dans le bassin minier) je me ferais un PLAISIR d’accepter un emploi dans le coin et de m’épargner des allers-retours quasi quotidiens.

J’ai aussi dû insister sur le fait que les collaborateurs parlementaires – chez les écolos en tout cas -n’ont rien d’emplois fictifs. Que dans des petits groupes politiques c’est même plutôt l’inverse: nous sommes peu pour beaucoup de travail. Avec des élus non cumulards et donc qui travaillent beaucoup sans multiplier les collaborateurs ici et là. Mais nous ne nous en plaignons pas: c’est ce qui rend notre boulot motivant 🙂

En somme, ces attaques sur mon emploi me sont souvent passées loin au dessus de la tête. Mais plusieurs fois je me suis demandée. Pourquoi faire une fixation là dessus?

Aujourd’hui j’ai compris!

Grâce aux révélation sur la manière dont fonctionne le FN au parlement européenne, j’ai compris qu’au FN, on peut être comme Bruno Bilde Conseiller Municipal à Hénin-Beaumont, Conseiller Régional NPDC, et… Collaborateur « local » pour Sophie Montel (rappelez vous, c’était la candidate de la fameuse législative partielle du Doubs!), dont la circonscription pour mémoire est … le « Grand Est ». Bref, pas la porte à côté.

Finalement, je pense que ce que voulait en fait me reprocher le FN ça n’est pas d’avoir un contrat de collaboratrice parlementaire. C’est une fonction apparemment très recherchée au FN…

En fait ce qui les perturbe, c’est le fait que je m’obstine à aller TRAVAILLER tous les jours. Ce qui vu comme cela se passe chez eux leur paraît forcément suspect.

Si je vais à Paris tous les jours, ça ne peut pas être pour répondre au téléphone, au courrier, monter des rendez-vous, écrire des interventions ou rédiger des amendements. C’est FORCEMENT pour rester dans de l’or à faire la bobo.

#ElementaireMonCherWatson.

Allez, je vais vous laisser, demain je me lève tôt pour faire campagne. Rassurez-vous, cela ne se fera pas sur mon temps de travail. Pour la durée de la campagne, j’ai posé des congés en bonne et due forme les mardi et les vendredi (jours de marché) 😉

Hénin-Beaumont: sortir de l’invective permanente!

Au conseil municipal d'Hénin-Beaumont, Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Mon travail d'élue, On en parle... dans les médias, Prises de position

Etre élu d’opposition à Hénin-Beaumont, ça vous forge le caractère!

Pas d’autre choix en effet que de ne pas se laisser faire, que de ne pas se taire face aux méthodes d’intimidation de la mairie front national en place.

Car derrière le masque de l’élu de l’année, de la dédiabolisation de l’extrême droite et du disneyland du front national se cachent des méthodes assez inquiétantes envers la presse, les associations du sortent du rang, les opposants politiques.

C’est ce qui nous a poussés, élus d’opposition accompagnés des élus des villes voisines dont le député maire Philippe Kemel à lancer un appel au retour d’une certaines éthique en politique.

Une conférence de presse qui nous a fait beaucoup du bien. En espérant que nous serons entendus!

Vous pouvez lire l’article de la Voix du Nord à ce sujet en cliquant ici.

Capture binaisse bashing

Carnet de campagne #10 : Marine le Pen, mensonges et coups fourrés

Front National, Hénin-Beaumont, Humeur, Législative 2012, Nord-PdCalais

L’imposture de Marine Le Pen, je vous en ai déjà parlé, mais comme c’est un sujet inépuisable, je vous redonne un exemple pour le plaisir!

La coîncidence est loufoque, mais tellement peu surprenante…

J’étais en train de ré-afficher hier soir à Hénin-Beaumont parce que

1. Quand on est candidate écolo on le fait soit même

2. J’ai le plaisir de devoir rectifier le tir sur 8 panneaux sur 10 dans la ville grâce à l’excitation générale du moment qui fait que tout le monde en prend pour son grade niveau affiches (vous noterez qu’on est relativement un peu moins touchés, cf la photo à l’extrême gauche (niark niark) en dessous de l’arbre  (comme par hasard).

3. Qu’il y a des partis qui ont la main un peu lourde en ce moment (ou alors qui ont mal compris comment marchent les panneaux officiel, mais à ce point là c’est quand même de la mauvaise foi non?)

4. Et que chez nous, c’est tellement la fête des affiches qu’on a même la chance d’avoir sur nos panneaux officiels des affiches de gens qui ne sont pas candidats… Regardez ci-dessous, c’est à Beaumont, sur les panneaux 1, 7 et sur la moitié du 9. Ce sont des affiches de Jean-Pierre Corbiset, président de l’agglo qui a perdu la désignation interne du parti à l’automne contre Philippe Kémel (le candidat PS actuel sur la circo) et Albert Facon, le candidat sortant. Et bien sans doute un peu par vengeance, il s’est amusé à investir, avant le début de la campagne officielle, les panneaux (officiels aussi, eux). Alors qu’il n’est pas candidat. L’avantage c’est que comme les équipes de Philippe Kémel mettent souvent plusieurs affiches dans le coin, on se retrouve avec… Pas moins de 5 affiches socialistes sur 14 panneaux (belle perf). Heureusement que j’ai du en recouvrir une pour mettre la mienne!

Mais revenons-en à nos moutons: je vous parlais de la nouvelle imposture de Madame Le Pen…

En allant ré-afficher tout à l’heure, donc, je suis tombée, en centre ville, sur ça:

Vous l’avouerez, c’est un peu agressif comme communication (surtout de la part d’une candidate qui expliquait pendant la présidentielle, à des paroles et des actes, être contre les éoliennes parce que ça polluait visuellement, et d’un parti qui en 2009 avait refusé de participer à la commission « panneaux publicitaires » du conseil municipal, expliquant être contre l’agression publicitaire et notamment le panneaux lumineux qui avait été installé sur la route d’Auchan).

Et là forcément, toute cette hypocrisie m’a rappelée le débat de samedi matin, au moment où j’ai poussé mon petit coup de gueule sur l’affichage sauvage, et où Madame Le Pen a osé faire une moue pas concernée en prétendant ne coller que sur les panneaux…

La coincidence dont je vous parlais au début de ce billet, c’est que le Petit Journal a eu la même idée que moi 😉 (bon travail d’investigation les mecs!)

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html (c’est à la 8ème minute)

Et même qu’on s’était pas concertés…

Et même que si on s’était concertés, j’aurais pu leur raconter d’autres trucs très drôles, comme les coups de fils que je reçois depuis samedi d’anciens militants FN locaux, qui m’expliquent comment la violence morale s’exerçait sur eux lorsqu’ils étaient au FN, comment on les traitait de feignants, de « polaks pas dignes d’être français » s’ils ne voulaient pas aller tracter à tel ou tel endroit, comment on a fait pression sur eux pour qu’ils ne partent pas, comment ils sont harcelés depuis, etc.

Je pourrais aussi leur parler des pratiques consistant à tenter d’infiltrer une taupe chez nous depuis plus d’un an, de manière tellement peu subtile qu’elle oublie de masquer son numéro (et donc que son nom s’affiche sur mon portable) le soir des élections présidentielles, lorsqu’elle veut me faire des blagues téléphoniques « anonymes » en disant, sur fond de rires et de bouchons qui sautent, qu’ils sont « en train de fêter le score de la vraie Marine » et qu’ils vont « m’acheter des kleenex verts parce que je vais pleurer encore plus qu’Eva Joly aux législatives » (#EPICFAIL)

Et leur parler de la manière dont cette taupe (coucou Charlotte), repérée donc depuis longtemps, et confirmée par les témoignages (enregistrés) d’anciens militants de chez eux, cherche ABSOLUMENT à m’aider depuis le début de ma campagne, à me proposer de lui transmettre mes communiqués « pour les envoyer à ses amis journalistes », à me demander de la tenir informée de « toutes mes infos de campagne et mes rendez vous militants », soit disant pour m’aider, à me demander à quelle heure je serai sur le marché  … Grotesque.

Quand je vous disais sur France 3 qu’ici c’est Dallas…

Mais comme je souhaite la campagne calme dont la circonscription a tellement besoin, et bien tout ça, on en rediscutera tranquillement après les élections.

Bref, chers concurrents du front national, et si on devenait sérieux 5 minutes et qu’on se concentrait sur l’essentiel? (le fond quoi, ce que vous commencez sérieusement à toucher par ailleurs)

Haut les coeurs, et bonne fin de campagne à toutes et à tous!

Carnet de campagne / Un après-midi à Quiéry la Motte!

Cantonales 2011, Humeur, Nord-PdCalais

Décidément, difficile de trouver le temps de poster un article par jour… Retour donc, en ce dimanche après midi, sur un week-end #DernièreLigneDroite avant les cantonales!

Vendredi, c’était opération « terrain en solo » à Quiéry La Motte, la ville du canton la plus proche de chez moi (elle a une frontière commune avec Hénin-Beaumont, et n’est qu’à deux minutes de chez mes grands-parents à qui j’en ai d’ailleurs profité pour aller rendre visite).

Quiéry-La-Motte, c’est environ 750 habitants, qui évoluent dans un environnement rural, très rural !

Et je vais vous dire, rentrer de Paris pour aller militer dans ce genre d’environnement, c’est un véritable régal! Les routes de campagne, les champs, les fermes, les poules sur les petites routes (sans compter le cochon sauvage rencontré sur un chemin de terre le week-end dernier à Souchez), ça ressource!

Le genre de petit village dont on tombe amoureuse. Où il est très agréable de tracter un après-midi ensoleillé. Où les gens discutent dehors, ensemble, parce que c’est l’une des premières belles journées de 2011 et que l’on en profite donc pour faire la causette avec les voisins à la sortie de l’école ou sur le trottoir.

Une belle journée, donc!

SAUF qu’un épisode m’a pas mal refroidie. En arrivant sur la place du village, après la session « étude du plan du village pour faire du « toute boîte » intelligemment sans rater de boîtes aux lettres et sans trop faire de détours, je me décide enfin à y aller. Sourire aux lèvres, tracts à la main, pleine de motivation. Un homme, la cinquantaine, vient de se garer juste à côté de moi. Je me lance: « Bonjour monsieur, je suis candidate aux élections can…. ». Il me coupe, sèchement: « Moi aussi, je suis candidat »… Euhhhh, cerveau qui turbine à 200 à l’heure… Et bam, l’évidence: j’ai affaire ici au candidat front national sur le canton, que j’aurais du reconnaître, puisqu’il est n°3 du FN au Conseil Municipal d’Hénin…  #VieDeMerde

Heureusement, c’était la seule mauvaise surprise de la journée! Quelques belles rencontres et discussions très intéressantes. Notamment avec un électeur FN qui, après 15 minutes de discussions, est reparti convaincu.

Ca confirme l’analyse suivante: les électeurs du FN sont, pour la majorité d’entre eux, des déçus du système en place, autant du gouvernement de l’UMP que de la gestion locale du PS. Alors le vote FN leur paraît comme la seule manière d’exprimer leur déception, leur « ras-le-bol » comme ils aiment si bien le dire. Mais une fois qu’on leur explique ce que serait une gestion FN de leur village, ils comprennent la contreproductivité du geste.

Il est aujourd’hui de la responsabilité des écologistes – puisqu’aucun autre parti ne semble en mesure de le faire , d’incarner cette alternative, cet espoir.

 

Alors le 20 et le 27 mars, votons! ( parce que c’est déjà pas mal)

 

Mais encore mieux,

votons l’exemplarité,

votons la proximité,

votons la confiance,

votons la crédibilité,

votons pour le non cumul,

le respect des engagements,

le renouveau en politique

et la biodiversité au sein de nos assemblées départementales

 

Votons pour les candidats soutenus par Europe Ecologie-Les Verts!

 

Au fait (et pour terminer), vous remarquerez, sur l’affiche ci-dessous, que dans un souci pédagogique, le Conseil Général du Pas-de-Calais ne parle plus d’élections « cantonales » mais « départementales »… c’est quand même assez symptomatique du manque de visibilité de cette élection et de sa méconnaissance par les français!