Carnet de campagne #TheEnd : Dimanche 17, on vote Kemel, sans état d’âme!

Humeur, Législative 2012, Nord-PdCalais

Je n’ai pas été très bavarde cette semaine sur ce blog, je l’admets. Ni voyez aucun signe politique, simplement un manque de temps, entre la reprise du boulot lundi matin et un bon nombre de dossiers à rattraper à mon retour de mes congès/campagne , et un certain nombre d’allers-retours avec le bassin minier pour analyser la séquence avec les copains du groupe local et pour préparer activement le second tour.

Dimanche, comme cela était attendu, Marine Le Pen a fait un score qui ne peut laisser indifférent, et le « duel » pour la seconde place Kemel/Mélenchon, accompagné de ses incitations à « voter utile » contre celui des deux que l’on aimait le moins voir au second tour, a laissé peu de place aux autres candidats. Même le centriste (investi par l’UMP) Jean Urbaniak, qui a tout de même été député de la circonscription il y a quelques années, est conseiller général et maire de la ville la plus riche du coin, finit à 7%, alors qu’il aurait pu espérer 10 points de plus en d’autres circonstances.

Dans ce contexte et concurrencée par 4 autres candidats « écologistes », je fini à 1,61%, et 2,92% sur Hénin-Beaumont (avec tout de même deux bureaux à plus de 5%, celui du Karaoké et celui de Beaumont, les deux où nous avions fait le plus campagne).

Alors effectivement, il n’y a pas non plus de quoi pleurer de joie mais pour un baptême du feu, vu les circonstances et la concurrence et enfin compte tenu du mode de scrutin favorable ni aux écologistes, ni aux jeunes filles de 25 ans non cumulardes, on ne peut pas non plus parler d’échec! Et tout le monde (y compris mes concurrents / opposants) a salué la campagne que nous avons menée, donc vraiment, pas de regrets!

N’empêche que ça n’était pas une raison pour nous reposer sur nos lauriers cette semaine!

Prenant nos responsabilités, nous avons pris part à la campagne de 2ème tour cette semaine aux côtés de Philippe Kemel, le seul, une fois les autres candidats éliminés, qui était en mesure de sauver le destin de cette circonscription.

Tout d’abord, les Jeunes Ecologistes du bassin minier, crées pendant la campagne, ont distribué 2500 tracts destinés à combattre les idées reçues sur l’immigration (merci les copains vous avez assuré!).

Photo: équipe de campagne Philippe Kemel

Par ailleurs, j’ai bien sûr rédigé un petit mot d’encouragement pour la profession de foi de Philippe Kemel: « Dimanche, je voterai et vous invite a voter « Philippe Kemel ». Pour une circonscription réconciliée. Pour un deputé qui nous représentera tous sans discrimination. Pour mettre en échec l’imposture du front national. » Merci au petit plaisantin qui a choisi une photo où on dirait que je rentre du ski pour l’illustrer 😉 (pour la petite histoire, cette photo date d’un entre-deux tours, celui de la présidentielle, lorsque je m’étais jointe aux Jeunes Socialistes pour tracter pour François Hollande, eux avec leurs tracts socialistes et moi avec mes tracts écolos de second tour…)

J’ai ensuite tenu mercredi matin une conférence de presse aux côtés de Philippe Kemel et de son suppléant Christian Musial pour les assurer de mon soutien inébranlable. Après quoi nous avons improvisé une petite séance de porte à porte cité Kennedy.

Photo: équipe de campagne Philippe Kemel

Source: La Voix du Nord, Edition Lens-Hénin-Carvin

Enfin, j’ai participé hier à la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon, à laquelle il nous avait invités avec Philippe Kemel.

Photo: Christophe Blanquart

Cela m’a notamment donné l’occasion de revenir sur les réserves que j’avais pu émettre à son arrivée sur la circonscription, en expliquant qu’il avait sû les lever par sa campagne:

1. Sur le cumul: en promettant de n’être QUE député s’il était élu et en invitant ses concurrents à faire de même

2. Sur son implantation locale: en allant à la rencontre des acteurs du territoire et en montrant lors du débat télévisé qu’il avait saisi les enjeux locaux

3. Sur l’ambiance de campagne: en mettant tout en oeuvre pour que la campagne se passe au mieux.

Photo: Christophe Blanquart

Cela n’a malheureusement pas suffi évité les débordements. Mais il faut savoir évaluer la responsabilité de chacun dans le climat de psychodrame qui a pu être à certains moments celui de la campagne sur la circonscription 62-11. C’est bien Marine Le Pen qui a instrumentalisé, comme elle instrumentalise toutes les difficultés de notre territoire, la venue de Jean-Luc Mélenchon, notamment avec son faux tract.

A ceux qui répondent qu’il l’a cherché en venant s’affronter à elle, je réponds que Jean-Luc Mélenchon n’a pas à s’excuser d’être venu. Ni à être rendu responsable de ces transgressions du code électoral, transmis par l’équipe de campagne frontiste en son âme et conscience.

J’en profite pour saluer la campagne des militants du Front de Gauche, pour qui la soirée de dimanche soir a été un coup dur. J’étais avec eux Place Wagon à Hénin-Beaumont à la sortie des résultats à la Salle des fêtes, et je me suis associée à leur tristesse car il était tout simplement humainement difficile de faire autrement en ressentant l’émotion de beaucoup d’entre eux. Tout comme la déception des militants socialistes m’aurait émue dans le cas inverse d’ailleurs…

Photo: Christophe Blanquart

Bref, cette conférence de presse était utile. Elle a permis de remettre les pendules à l’heure et de montrer l’union des candidats de gauche à la veille d’un second tour crucial pour le territoire. Pour cette circonscription au bord de la crise de nerf, qui dimanche ne doit pas exploser.

Habitante d’Hénin-Beaumont, habitante du bassin minier, je ne supporterais pas que notre territoire devienne le laboratoire du front national.

Voilà. Reste à retenir son souffle jusque dimanche soir. Et à souhaiter bon courage à tous les copains EELV présents ailleurs au second tour auxquels on pense tous beaucoup. Et notamment à Slimane Tir pour le beau combat qu’il mène à Roubaix. Mais je pense aussi à mes ami-e-s Barbara Pompili à Amiens, Christophe Rossignol à Amboise, Denis Baupin à Paris, Eva Sas à Savigny, etc. Et à ceux qui auraient dû y être: Philippe Meirieu, Magali Delval, etc.

Aller, j’arrête, mes collègues m’attendent pour le match de foot et il paraît que j’ai déjà raté deux buts (« bon c’est pas compliqué, tu dis qu’il faut voter Philippe Kemel, tout le monde l’a compris de toute manière » me glisse-t’on à l’oreillette). Je ne suis pas si sure que ce soir aussi simple. Mais je compte sur une grande mobilisation républicaine dimanche pour qu’ils croient qu’ils avaient raison 😉


Carnet de campagne #9 : bref, j’ai débattu de la 11ème circonscription avec Le Pen et Mélenchon

Autre, Front National, Hénin-Beaumont, Législative 2012, Nord-PdCalais

En ce lundi pluvieux, la première règle militante était de sortir couverts… Mais de sortir quand même parce que dans cette élection, c’est bien connu, tout se joue au mental (NDLR: l’équipe de Madame Le Pen avait indiqué aux journalistes que rien n’était prévu ce matin, du fait du temps –> petits joueurs). Nous, de toute manière, après la grêle de la fois dernière lors de la venue de Noël Mamère, on n’a plus peur de rien niveau météo 😉

Et les gens nous l’ont d’ailleurs bien rendu! Enfin les motivés, qui eux aussi avaient le courage d’affronter la pluie… Et nous ont écoutées (équipes très féminines chez EELV ce matin) avec la même attention. Seule différence: ils étaient moins nombreux que d’habitude!

Quand l’eau a commencé à s’infiltrer dans nos pompes et que vraiment on a fini par avoir très froid, les camarades du Front de Gauche nous ont même offert l’asile politique sous leur tente, à l’invitation de Mister Mélenchon himself, qui en a profité pour me féliciter à nouveau de ma prestation au débat télévisé de samedi  matin (j’y viens, j’y viens).

Bref, la solidarité était la règle sur le marché ce matin (normal, on est dans le bassin minier). Y compris du côté des commerçants, qui nous ont ravitaillées en gâteaux polonais 🙂 Aaaaaaah, les campagnes dans le Nord Pas de Calais !

Mais puisque c’est ce que je vous ai promis dans le titre de l’article, revenons donc sur le débat de samedi matin, entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Philippe Kemel, Jean Urbaniak et moi-même.

La journée avait commencé quelque part entre twitter, un grand bol de thé et mes fiches (en mode préparation de l’oral bac français).

Le tout dans une ambiance assez détendue, car comme je l’avais expliqué aux journalistes la veille et comme je le leur ai répété en arrivant au siège de France 3 Nord-Pas-de-Calais le matin même, je n’étais pas plus stressée que ça, mais plutôt confiante dans mes idées, dans mon programme et dans ma manière très sereine d’aborder cette élection…

Nous avions rendez-vous à Lille à 10h30, et déjà, les caméras faisaient le pied de grue devant le siège de France3 Nord-Pas-de-Calais. L’occasion de recueillir quelques « impressions » pré-débat.

Une fois arrivée, direction le maquillage, moment toujours angoissant pour les écolos (« ya pas de paraben hein? », « léger léger, j’ai pas l’habitude »…)

Puis attente dans le hall, où l’on croise les autres candidats et leurs équipes, plus ou moins décontractées d’ailleurs. LE moment d’écouter les précieux conseils de dernière minute de Dominique Plancke.

Une fois tous les participants arrivés et maquillés, nous avons rejoint le plateau…

… pendant que les comités de soutiens prenaient place devant les écrans!

Le « live-twitt » pouvait commencer en direct sur internet, et il semblerait que le match ai tourné en notre faveur 😉 Merci d’ailleurs à tous ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragement / de félicitation avant, pendant et après le débat. Ca m’a touchée et motivée, mais la campagne ayant un rythme particulièrement effréné dans cette dernière ligne droite, je n’ai pas eu le temps de répondre à tout le monde :/ J’ai par contre bien retenu que selon un sondage non pas sorti des urnes mais sorti de la twitt-line du contempteur, j’aurais recueilli 82% des suffrages!

En tout cas, une heure plus tard, lorsque je suis sortie du plateau sans trop savoir ce qu’avait donné ma prestation, j’ai eu la bonne surprise d’être félicitée par tout le monde. Apparemment personne ne s’attendait à ce que je sois aussi efficace (ça fait plaisir :/) et tout le monde a apprécié l’esprit de mes interventions (ça fait plaisir 🙂 ). Même Jean-Luc Mélenchon a tenu à me faire part de ses impressions…

Mais aussi Véronique Marchand, animatrice du débat, qui m’a assurée que même si le fait de m’inviter avait fait débat, elle ne regrettait pas de l’avoir fait car j’avais dynamisé et rafraîchi le tout.

J’en conclus donc que j’ai réussi cet examen de passage … Je viens même de recevoir un coup de téléphone du Canada de quelqu’un qui venait de visionner le tout et tenait à me faire part de ses encouragements « même s’il ne vote ni à hénin ni pour les écolos ».

Et sur Médiapart, il y a des rumeurs comme quoi je serais « la seule candidate à faire « vibrer » Hénin-Beaumont. Et c’est pas moi qui le dit, c’est un socialiste 😉

Mais le mieux, c’est que vous vous fassiez votre idée par vous même, en regardant ci-dessous la vidéo du débat en streaming!

Pour les pressés, vous trouverez également ci-dessous le passage qui a été mis en avant par les médias. Et celui pour lequel beaucoup d’habitants m’ont remerciée d’avoir exprimé le fond de leur pensée car oui, ce climat de guerre civile, on en a marre!

Sinon, le deuxième élément que les gens évoquent le plus souvent lorsqu’ils viennent me parler du débat, c’est la désormais célèbre phrase de Urbaniak, « le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécillité construite sur ces deux bords extrêmes ». Il paraît qu’il y en a qui cherchent encore le mystérieux sens de cette tirade… Mais au moins ça nous fait un jeu pour animer les pluvieuses journées de Toussaint auxquelles on a droit en ce moment…

 Allez, je vous laisse, j’ai rendez-vous sur le parking d’Ikea (non non, pas de Babou) pour discuter transformation du paysage beaumontois… Et il y a beaucoup de choses à dire!

Carnet de campagne #8 : Meeting écolo, marchés et débat télévisé, le tout sans perdre le Nord

Front National, Hénin-Beaumont, Législative 2012, Nord-PdCalais

Après avoir pris il est vrai un peu de retard sur le blog et dans mes carnets de campagne (préparation du meeting et débat obligent), profitons de ce dimanche pluvieux pour revenir sur ces derniers jours de campagne…

Jeudi matin, après deux jours de boulot pour avancer les dossiers, reprise des congès, et donc de la campagne!

Une bonne matinée passée à Libercourt, pour un désormais classique tour du marché tracts à la main… Et des discussions avec tout type de personnes, petits et grands!

Matinée qui a bien sûr vu défiler (souvent au pas de course) certains de mes concurrents: Jean Urbaniak, Marine le Pen et Philippe Kemel, les deux premiers passant il faut le dire plus de temps devant les caméras qu’avec les gens, mais à chacun sa méthode me direz vous!

 L’après-midi a été consacrée, avec l’aide précieuse des copains, à préparer la salle des fêtes pour le meeting du soir. Ecriture du discours, préparation de salades pour le buffet, affiches, tests son avec le groupe « Back to the roots » venu pour animer la soirée, bref, une après midi bien chargée… et système D! Car comme je l’ai expliqué le soir, « l’homme n’est jamais aussi créatif que sous la contrainte » (ça c’est du Nicolas Hulot dans le texte) et que vu notre contrainte budgétaire, on est très, mais alors très très très créatifs 😉

Je reviendrai plus longuement sur le meeting dans un article ultérieur, pour ne pas alourdir cet article, mais vous en trouverez en attendant un compte rendu ici par la Voix du Nord, et passe donc tout de suite au vendredi et à notre stand très vert, tenu sur le marché d’Hénin toute la matinée, dans la joie et la bonne humeur!

Il était quand même vachement plus sympathique que ce que nous proposaient certains tracts nauséabonds distribués en personne par Serge Ayoub.

Lorsque je l’ai interpellée là dessus au moment où elle passait devant notre stand en lui demandant si elle était contente, Marine Le Pen a expliqué ne rien avoir à faire avec ça. Toujours est-ils que si ces militants choisissent aujourd’hui de venir « faire le marché » d’Hénin-Beaumont, c’est bien parce qu’elle a fait de notre ville un symbole de l’extrême droite. Et que cela est de son entière responsabilité puisque cela fait partie de sa stratégie. (bon, et je précise avant de subir des récriminations que je ne suis pour rien au TRES MAUVAIS jeu de mot offert par le nom du magasin de pompe-funèbre qui sert d’arrière plan à cette photo…)

Comme depuis le début de la campagne, nous ne nous sommes pas laissés déconcentrer et avons continuer à échanger avec les habitants. Sans lâcher nos tracts, même pour répondre à RFI (et en anglais s’il vous plaît!)

Après une récup’/frite bien méritée…

Nous avons emmené les copains qui ne connaissaient pas sur le site de la friche Benalu, évoqué la veille au meeting, décharge à ciel ouvert pleine d’amiante (brûlant les arbres) à quelques pas d’une habitation (d’une militante écologiste mais c’est une autre histoire). Et en avons profité pour nous promener sur le site du terril Jean Macé, en nous disant que vraiment, ça ferait un magnifique espace vert potentiel si on le nettoyait et l’aménageait, ne serait-ce qu’à minima!

La journée s’est terminée à Roubaix, où je suis allée assister au meeting de soutien à la candidature de Slimane Tir, notre futur Député écologiste du Nord, en présence de Cécile Duflot et de Martine Aubry. Oui oui oui, j’avoue que ça fait bizzarre un meeting commun EELV/PS de premier tour. Mais l’ambiance était bonne et les discours des deux responsables de partis percutants!

Le samedi, c’était le jour du fameux débat télévisé, auquel j’étais conviée, ainsi que Philippe Kemel, Jean Urbaniak, Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen, et auquel je consacrerai également très rapidement un article complet car j’ai beaucoup de choses à en dire 😉 En attendant, vous pouvez le visionner et le revisionner ici en intégralité .

Ce week-end militant s’est terminé par un tour au marché aux puces de la cité Darcy, où j’ai été invitée à improviser la coupe du meilleur pucier (à Marie-Christine et à Jérôme, les deux élus du jours!), puis au marché aux puces de Rouvroy

Avant de terminer par une touche festive sur la place de la République d’Hénin-Beaumont, où se tenait le grand rassemblement « Goûtons l’avenir », organisé par la Générale de l’imaginaire. Une bonne dose d’humour, de créativité et de vivre ensemble. Une occupation pacifique d’un parking bien plus agréable comme ça que plein de voitures. Bref, une bouffée d’oxygène SALUTAIRE pour la ville 🙂

Et parce que je suis sincère, opération « dimanche-confession »: je vous avoue que j’ai jamais réussi à faire plus de deux mètres avec le « vélo-qui-fait-du-café-quand-on-pédale ». J’en suis pas fier vu que pour une écolo, ça fait quand même tâche… Mais en même temps, paraît que pas grand monde y arrivait, et que les tâlons étaient une circonstance atténuante… Ca plus le fait que je ne boive pas de café de toute manière … 😉