Vendredi, j’ai appelé le Conseil Constitutionnel…

Front National, Hénin-Beaumont, Législative 2012

Vendredi, j’ai appelé le Conseil Constitutionnel…

Et cela m’amène aujourd’hui à vous faire deux révélations!

1ère révélation (très prévisible): les voies du Conseil Constitutionnel sont impénétrables

Cette première révélation est somme toute très rassurante: RIEN NE FILTRE (où alors vous avez des amis très bien renseignés).

Perso j’ai plutôt joué la technique « meuf sympa un peu naïve ». J’ai expliqué à la standardiste que j’avais besoin d’un renseignement sur un recours législatives, elle m’a passé le service concerné, et j’ai tenté d’en savoir un peu plus, en expliquant que cette histoire commençait sérieusement à me stresser, et que si je comprenais bien que l’on ne puisse rien me dire sur le fond du dossier, savoir « à peu près » quand la décision serait rendue me simplifierait considérablement la vie.

Parce que oui, je plaide coupable: cette histoire commence à LEGEREMENT me stresser

Je le reconnais, j’étais parmi les plus optimistes au départ: les recours du FN, nous y sommes habitués, et mine de rien, 118 voix d’écart, c’est beaucoup en comparaison d’autres circo. Mais je le reconnais également, je commence à être gagnée petit à petit par la tension ambiante autour du sujet…

D’un côté ceux qui sont sûrs et certains que ce sera annulé (« je ne vois pas comment il peut en être autrement »). A l’opposé, des adeptes de la théorie du complot qui sont convaincus que le Conseil Constitutionnel est toujours complaisant avec les pouvoirs en place, et qu’il n’irait pas les contrarier sur une circo aussi risquée en cas de nouvelle élection. Entre les deux, les paris sont lancés. A Hénin, on spécule depuis juin. Et ça anime les discussions de comptoir (et les blogs politiques).

Sauf que ces derniers jours, la pression monte. Début octobre, on a appris que le Conseil Constitutionnel avait déjà éclusé pas mal de recours ne posant pas problème. Seuls 10, les plus problématiques donc, restaient en cours d’instruction. Le recours portant sur la 62-11 passait donc du statut d’un parmi tant d’autres, au top ten des circonscriptions les plus risquées. Sachant qu’en moyenne 4 à 5 circonscriptions sont rejouées à chaque législative.

D’où un réflexe préventif de ma part: commencer à se mettre psychologiquement dans l’état d’esprit de peut-être, bientôt, devoir repartir en campagne. Et je vous avoue que c’est pas forcément facile à vivre:

1. Parce qu’il faut bien l’avouer: une campagne (surtout celle-là), ça affecte physiquement et psychologiquement, et qu’il faut le temps de récupérer entre deux

2. Parce que les campagnes électorales en novembre, décembre ou janvier ne sont pas nécessairement les plus marrantes (surtout dans le Pas-de-Calais)

3. Parce qu’on est toutes et tous en campagne quasi-permanente depuis 2008, entre les municipales, puis les européennes enchaînées en 2009 avec les municipales partielles (oui oui, ici nous sommes habitués à rejouer toutes les élections deux fois), les régionales de 2010, les cantonales de 2011, et les législatives (1ère édition?) de 2012.

4. Parce que d’ici à 2014, ce n’est pas juste l’occasion de souffler par confort personnel. C’est également l’occasion de mener des projets de terrain autres que purement électoraux (et nous en avons bien besoin). Notre projet EELV Bassin Minier d’un « guide du vivre mieux dans le bassin minier » est en train de prendre forme, c’est un beau projet, positif, utile pour la population. Et nous avons envie de pouvoir y travailler sereinement.

Bref, s’il faut y aller, nous y retournerons. Mais l’incertitude actuelle est difficile à gérer. Elle contraint les projets persos pour les mois à venir. Elle empêche d’avoir l’esprit vraiment libre. Elle plane comme une menace, prête à s’abattre à tout moment. Et s’imaginer que du jour au lendemain, cette circonscription puisse être replongée dans le cirque médiatique du printemps dernier, n’a rien de très alléchant.

Mais puisque je n’ai pas réussi à en savoir plus, nous en restons là. Ca peut être demain, ça peut être la semaine prochaine, ça peut être … le 20 décembre (et ce serait un cadeau de Noël pas très agréable mais on ferait avec).

La seule information supplémentaire que ce coup de téléphone m’a procuré, c’est que la date officielle du verdict sera annoncée quelques jours auparavant sur le site du Conseil Constitutionnel. Et autant vous le dire tout de suite: ne comptez pas sur moi pour y aller tous les matins vérifier s’il y a du nouveau. De toute manière, j’imagine que je serai mise au courant bien assez vite s’il y a du nouveau.

2ème révélation (mise au point): tout le reste n’est que rumeur

Je sais que je ne vous apprends en fait surement pas grand chose depuis le début de cet article… et j’en suis sincèrement désolée! Mais ce n’est tout de même pas de ma faute si tout ce que l’on peut entendre sur ce recours n’est que rumeur…

Début octobre, la Voix du Nord, dans une brève écrite à l’occasion de ma participation au trail des terrils du parc des îles (#ambiance), évoquait une « rumeur voulant que, si la 11ème circonscription était à nouveau appelée à voter en début 2013 », je pourrais « être le recours d’une opportune union de la gauche PS/EELV, au cas où l’image du PS serait trop ternie ».

La Voix du Nord / Edition Lens-Hénin-Carvin

Dans la foulée, Médiapart publiait un article de Marine Turchi, faisant le point sur cette histoire de recours, grâce il faut le dire à un très bon travail de journaliste. Allant encore plus loin que La Voix du Nord, cet article insinuait que je pourrais former un tandem avec Jean-Pierre Corbisez, président socialiste de l’agglomération Hénin-Carvin.

Alors je vais en profiter pour être très claire (parce que l’on m’interroge beaucoup à chaque fois que je me promène à Hénin): tout cela n’est évidement que rumeur. Et dire cela ne signifie pas critiquer les journalistes, qui ne font que coucher sur papier ce qu’on leur rapporte, c’est à dire justement leur métier.

Ce que je peux vous certifier, c’est que je n’ai pas parlé avec Jean-Pierre Corbiset depuis avant les grandes vacances. Et que ce n’était surement pas pour élaborer des stratégies secrètes avec lui. Ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas mon genre.

Je peux également vous certifier qu’en vrai, si la législative de juin est annulée, il n’y aura pas de « bon scénario ». Le PS en sortirait très très affaibli, et vu la victoire très juste d’avant les vacances, je ne vois pas bien comment réitérer un tel coup de force. Surtout s’il a été permis par des tricheries avérées. Quand au front de gauche, j’imagine que pour Mélenchon, il serait compliqué de ne pas y aller. Mais également compliqué d’y aller. Incertitude également de ce côté là, donc.

Bref, pas de scénario ideal. Nous, candidats de gauche, serions clairement les out-siders face à une Marine le Pen revigorée.

MAIS l’idée n’est pas de sombrer dans la dépression dès maintenant. L’idée est d’avoir conscience des risques. De se préparer à tous les cas de figure. Et surtout de se préparer à se battre, car cette nouvelle élection, si elle devait avoir lieu, se jouerait vraiment au mental. Elle serait compliquée. Elle serait éprouvante. Et elle pourrait mal se terminer, ce dont le territoire aurait clairement du mal à se remettre.

S’il n’y a pas de solution idéale, il n’en demeure pas moins que des scénarios moins pire que d’autres sont possibles. Je ne pense pas que maintenant soit le moment pour les imaginer, car nous ne connaissons pas encore toutes les données du problème. Ma philosophie sur ce coup là est donc de prendre collectivement notre mal en patience. De ne pas faire trop de projets persos pour le début 2013 parce qu’on aura peut-être d’autres trucs à faire. De commencer à se préparer un équipement anorak / bonnet / écharpe pour pouvoir tracter sous la pluie au cas où. Et surtout d’être prêt, au cas où faille y retourner.

Nous, écolos, serons au rendez-vous à de moment là. Nous ne prendrons pas de décision avant d’avoir en main toutes les données du problème (avis du Conseil Constitutionnel, positionnement des autres candidats de juin, rencontres avec nos partenaires). Et alors, alors seulement, et sans précipitation, nous prendrons notre décision. Pas celle qui nous arrange le plus. Mais celle qui sera la meilleure possible pour notre circonscription.

Ca veut dire éviter au maximum l’arrivée d’une troisième député frontiste à l’Assemblée nationale.

Mais ça signifie également ne pas renier ses valeurs et ne pas se compromettre dans des alliances que nous n’assumerions pas car elles iraient à l’encontre de nos valeurs.

Conclusion: on reste calme, et on prend son mal en patience

C’est pourquoi je n’évoquerai plus cette histoire de recours avant que la justice ne rende effectivement cette décision (après ça devient obsessionnel et c’est mauvais pour la santé).

Mais rassurez vous, il me reste plein d’autres choses à vous raconter (genre le spectable HILLARANT auquel j’ai assisté hier à l’escapade et la belle saison qui s’y annonce; mes footing palpitants dans le bois de Florimond, en toute cohabitation pacifique avec les chasseurs, le projet « lanceur d’alerte du bassin minier » sur lequel vous en saurez bientôt plus, etc).

Et pour ceux à qui l’ambiance électrique des élections manque déjà, pas de panique, le reportage « femmes en politique, la relève », avec un bon aperçu de la campagne Héninoise, sera rediffusé le 4 novembre sur TEVA à 13h05…

Et hop, je vous quitte (temporairement) sur un petit avant goût made in « Nord Eclair »

Nord Eclair, le 13 10 2012

Nord Eclair, le 13 octobre 2012

« Femmes en politique, la relève »

Front National, Hénin-Beaumont, Législative 2012

Samedi soir passera sur TEVA à 20h40 le documentaire « femmes en politique, la relève » tourné par la réalisatrice Alexandra Jousset à l’occasion de la séquence électorale du printemps dernier.

Elle y a suivi quatre femmes investies en politique, Najat Vallaud-Belkacem pour le Parti Socialiste, Salima Saa pour l’UMP, Marion le Pen pour le Front National, et moi-même.

Du karaoké improvisé face à Marine le Pen aux résultats du premier tour, Alexandra était en effet présente, caméra au point, lors de la campagne législative à Hénin-Beaumont, afin d’analyser la place des femmes en politique, leur nouveau rôle, leurs méthodes.

Je ne sais pas ce que ça donnera. Je sais d’ailleurs que j’ai eu parfois des difficultés à lui répondre sur des questions très directes portant sur mon sentiment d’être la relève, sur la manière dont j’envisageais la suite, etc, car ce n’est pas comme cela que j’envisage les choses.

Bref, affaire à suivre, samedi soir, sur vos écrans!

Et pou ceux qui ont envie de s’échauffer avec le teaser, c’est par ici : http://t.co/njyZ6RP6

Teva

« La politique est-elle un métier? » by Cécile Duflot

Avec les jeunes écologistes

Jeudi soir, Cécile Duflot était à Sciences Po Lille pour une conférence organisée par « Europe Ecologie Sciences Po Lille » et qui posait une question importante: « la politique est-elle un métier? ».

Il faut avant tout préciser que sa présence relevait de la performance: elle arrivait tout droit de Wattrelos, où elle venait d’affronter par environ -12 degrés et sous la neige l’ascension d’un terril / friche reconvertie. D’un bon esprit à tout épreuve et ravigorée par le termos de vin chaud emporté par les soins de notre nouveau secrétaire régional Vincent D. (les recettes circulaient sur la liste du bureau régional depuis quelques jours, ça me faisait bien rigoler), elle est arrivée de bonne humeur. Congelée, oui, mais de bon humeur. Avec une salle comble prête à l’écouter, et un premier rang surmotivé!

Photo by Vivien Guihard
A ma droite et dans l’ordre: Vincent Dhélin (Secrétaire Régional d’EELV Nord-Pas-de-Calais), Pierre Mathiot, (Directeur de Sciences Po Lille), Marie Blandin (Sénatrice EELV du Nord Pas-de-Calais) et Lisa (Militante d’Europe Ecologie Sciences Po Lille)

 

Revenons en au sujet de la conférence: « la politique est-elle un métier ». Cécile a traité ce sujet sans démagogie, avec à son habitude beaucoup de sincérité et de naturel… Et sa manière d’aborder les choses me touche. Car avant d’être une « politicienne », Cécile est une femme, une mère, une militante, une citoyenne, et cela se sent. On n’a pas affaire à un « robot politique » qui débiterait les propos que l’on attends de lui. Elle parle avec une spontanéité rare en politique.  Quand un étudiant présent dans la salle l’interroge sur la rumeur selon laquelle elle n’aurait pas hésité, durant sa carrière, à « tuer des amis », elle réponds du tac-au-tac: « désactiver des casses-couilles n’est pas tuer ses amis ». Tout le monde ri. Et bien évidemment, ça finit sur twitter avec le hashtag #CaSeTwitte! Comme  lorsque à chaque fois qu’on lui pose une question tordue, elle s’en sort par la franchise et l’humour. Finalement, j’ai l’impression que plus la question est a priori difficile, plus l’exercice est facile pour elle. Et que c’est ses réponses aux questions dites « piège » qui la mettent le plus en valeur.

A la sortie, les étudiants ont l’air convaincus. Ils l’ont trouvée « sympa », « accessible », « naturelle ». Chacun repars avec sa capote « Fuck me I’m ecologist » en ce lendemain de Journée internationale de lutte contre le Sida, Cécile Duflot incluse. Encore une victoire d' »Europe Ecologie Sciences Po Lille *  » 🙂

Je profite de cet article pour faire un peu de publicité aux copains d' »Europe Ecologie Sciences Po Lille », qui font du super boulot. En seulement qq semaines, ils ont déjà fait des propositions à la direction pour une école HQE, mis en place une AMAP dans les locaux de Sciences Po, entamé un débat sur les Etats Généraux de l’Ecologie et de l’emploi, organisé une conf’ avec Cécile Duflot. Bref, pas mal pour des débutants 🙂 #FièreD’Eux 😉

Merci également à Vivien Guihard pour les photos de cet article. Vous ne le connaissez pas encore? C’est lui qui est toujours dans le coin, prêt à dégainer son appareil photo pour immortaliser les moments clefs pour l’écologie politique… Et même qu’il a un nouveau site, et que c’est par ici!

Adhésion à « Europe Ecologie les Verts », ça c’est fait!

Humeur

Cette semaine, j’ai officiellement adhéré à « Europe Ecologie – Les Verts »… Un an et demi après mon adhésion aux Verts, 6 mois après mon adhésion aux Jeunes Verts (vous le constaterez, le rythme de mes adhésions s’accélère, je vais finir par me faire un claquage comme dirait l’autre… D’ailleurs, je viens aussi d’adhérer à la commission Santé, mais ça c’est une autre histoire!)

J’aurais pu attendre encore. C’est vrai, mon adhésion aux Verts m’assure d’être officiellement membre d’Europe Ecologie Les Verts jusqu’au 31 décembre (d’après ce que j’ai compris)… Mais une furieuse envie d’aller de l’avant m’a vendredi après-midi poussée à sortir ma carte bleue et à lancer la procédure en ligne.

Ironie du sort, le mail de confirmation immédiatement reçu s’intitulait « Les Verts: confirmation de paiement », ce qui fait sourire… et ce qui prouve que la phase de transition / d’adaptation / de métamorphose  ne s’est pas achevée à Lyon, contrairement à ce que certains disent et écrivent. Cette installation d’Europe Ecologie – Les Verts, elle continue!

Mais une question taraude pas mal de militants et d’observateurs extérieurs: Une ère nouvelle s’ouvre-t’elle vraiment avec « Europe Ecologie les Verts » ? Ou alors, comme le disent les sceptiques, est-on plutôt en mode « on prends les mêmes et on recommence »?

Personnellement, j’ai envie d’y croire… Et vous donne rendez vous dans un an pour un bilan!

 

Comme je ne doute pas du fait qu’au moins quelques-uns d’entre vous auront envoie de manifester leur enthousiasme, voici le lien qui vous permettra à vous aussi d’adhérer à Europe-Ecologie Les Verts !

Pour ceux qui hésitent, mais qui veulent quand même participer à la construction d’une société plus respectueuse, juste et durable pour demain, il est également possible de devenir coopérateur 🙂