De l’Île-Saint-Denis au Groenland
L’Île-Saint-Denis est une commune atypique, une île fluviale nichée entre deux bras de Seine, dans l'un de ses méandres, au cœur de la Seine-Saint-Denis.
Pendant plusieurs heures la semaine dernière, en compagnie de son Maire Mohamed Gnabaly, j'ai rencontré, j'ai observé, les gens, la vie, le territoire. J'ai écouté. C'est fou ce qu'on entend quand on écoute !
Et à L'Île-Saint-Denis, quand on écoute, on entend que la municipalité aura bientôt réussi un pari fou lancé en 2016 quand Mohamed est devenu maire en cours de mandat : rénover 100% du parc social de la ville !
Le résultat ? Des logements isolés et des consommations de gaz et d’électricité qui baissent malgré l’augmentation du prix de l'énergie. Et au-delà des logements au sens strict, c’est tout l’habitat que l’on repense : des façades colorées, des espaces verts à moins de 5 minutes pour tous, une restauration collective biologique et une maison dédiée à l'accueil des assistantes maternelles...
Une démonstration d'écologie municipale. Celle qui change la vie, vraiment !
Quelques heures avant ce déplacement, Le Monde publiait ma tribune sur la situation internationale, appelant à ce que l'Europe devienne une puissance écologique. Il y a des jours où le local et le global se rencontrent et apparaissent pour ce qu'ils sont : les deux faces d'une même médaille.
L'Île-Saint-Denis et le Groenland, grand écart ?
La rénovation urbaine et l'accaparement des ressources pétrolières mondiales, rien à voir ?
Bien au contraire.
Notre sobriété énergétique est l'une des clés de notre indépendance et donc de notre liberté. Plus nous isolons nos logements, moins nous consommons d'énergie, moins nous dépendons du pétrole et du gaz que nous importons, et moins les menaces et les chantages des carbo-prédateurs ont de prise sur nous. C’est vrai pour Trump, c’est vrai pour Poutine…
Je cite d’ailleurs souvent cette campagne des Verts européens suite à l’invasion de l’Ukraine, car elle illustre parfaitement le problème stratégique que posent nos dépendances énergétiques.
Dans ce contexte, les coups de boutoir que le gouvernement assène à MaPrimeRénov' depuis des années n'est pas qu'un non-sens. C'est une faute.
Annoncé à 5 milliards par an début 2024, le budget consacré à ce dispositif a depuis été amputé de moitié. Moins 2,5 milliards par an ! Nous parlons de milliers de chantiers, de milliers de familles, entravés, empêchés, alors que les soutenir devrait être une obsession.
Et en ce début d'année 2026, en raison des turpitudes budgétaires du gouvernement, tout est bloqué : les fonds dédiés aux projets validés en 2025 sont gelés, et aucun nouveau dossier ne peut être déposé. En pleine crise énergétique ! Une folie.
Notre projet pour la France est clair et va à l'exact opposé de cette énième régression environnementale.
Deux exemples parmi les 500 propositions que chacun peut découvrir et enrichir sur notre plateforme programmatique participative :
- Atteindre 500 000 rénovations performantes par an pour sortir un million de personnes chaque année de la précarité énergétique : prendre en charge les rénovations à 100% pour les propriétaires à faible revenu en simplifiant les démarches et en créant un guichet unique d’accompagnement, élargir les conditions d’octroi de l'Éco-prêt à taux zéro pour les classes moyennes...
- Lutter contre les passoires et les bouilloires thermiques : fiabiliser le diagnostic de performance énergétique (DPE), interdire la mise en location des logements classés F en 2028 et E en 2034, adopter un plan d’adaptation (obligations de travaux avec installation de volets, de protections solaires…) quand l’indicateur de confort d’été est mauvais...
Si nous étions au pouvoir, c'est ce que nous ferions.
Quand nous serons au pouvoir, c'est ce que nous ferons.
Marine