Épisode 6 - Le réemploi en danger
À Montreuil, à La Venelle, village du réemploi, on voit très concrètement ce que signifie l’économie sociale et solidaire. Du lien, de l’emploi, des solutions écologiques locales. Bref, tout ce dont on a besoin.
Et pourtant, cet écosystème est aujourd’hui fragilisé de plein fouet.
Le budget 2026 prévoit des réductions drastiques pour les associations et l’ESS. Résultat : des structures qui tiennent à bout de bras des missions d’intérêt général. Moins de moyens, c’est moins d’activité, moins d’emplois, moins d’impact.
C’est d’autant plus absurde que l’ESS représente 14% de l’emploi privé en France mais ne reçoit que 7% des aides. Pendant ce temps, des centaines de milliards d’euros soutiennent des entreprises classiques sans même qu’on évalue réellement leur utilité sociale ou écologique. Cherchez l’erreur.
Le réemploi solidaire est un exemple frappant. Évidemment, les ressourceries ne suffiront pas à régler à elles seules la question des déchets. Mais sans elles, impossible d’y arriver. Elles réparent, recyclent, réutilisent, et surtout elles créent de l’emploi local et non délocalisable.
Aujourd’hui on observe même l’inverse : certains dispositifs comme les filières à responsabilité élargie des producteurs (REP) tendent à écarter les acteurs historiques de l’ESS au profit de solutions moins exigeantes socialement et écologiquement. Un non-sens total.
Il est urgent de revoir la gouvernance de ces filières pour y intégrer toutes les parties prenantes, et arrêter de marginaliser celles et ceux qui font déjà le travail sur le terrain.
Parce que soyons clair·es : la transition écologique et l’économie sociale et solidaire sont indissociables. Fragiliser l’une, c’est affaiblir l’autre.
Si on veut une écologie concrète, ancrée dans les territoires, créatrice d’emplois et de solidarité, alors il faut changer de cap. Et vite.
Crédit photos : Rémy El Sibaïe