Discours aux Journées d’Été des Écologistes
[Seul le prononcé fait foi]
Le futur est déjà là.
Et pour moi, en ce moment, cette phrase devrait être une promesse heureuse.
Dans quelques semaines, je vais avoir un enfant. (— enfin je vous dis dans quelques semaines mais ça peut aussi être dans quelques jours ou même dans quelques heures, suspense… je vais au moins essayer de finir ce discours avant).
Et forcément, quand on attend un enfant, le futur cesse d’être une abstraction. Il prend un visage. Celui de quelqu’un qu’on aime déjà, qu’on veut protéger, quelqu’un à qui l’on voudrait pouvoir promettre que tout ira bien.
Alors on imagine les premiers jours. Les premiers sourires. Les premiers pas. Les nuits trop courtes et les journées trop chargées. Tout ce qui, lorsqu’un enfant arrive, agrandit une famille et bouleverse une vie.
Et puis, forcément, on imagine un peu plus loin.
On se demande à quoi ressemblera sa vie à 10, 20, à 30 ans.
Et on finit par se poser cette question, toute simple et pourtant, vertigineuse : sur quelle planète va-t-il grandir ?
Ce monde, nous commençons déjà à le voir.
Il ressemble à l’été que nous vivons aujourd’hui.
Il ressemble à tous ces printemps silencieux qui avaient été annoncés.
À tout ce que les scientifiques ont décrit, documenté, expliqué.
À tout ce que des écologistes ont dit, crié, souvent seuls, souvent dénigré et moqués, ce qui - l’actualité le montre - n’a jamais empêché d’avoir raison.
Les écologistes ont toujours regardé l’avenir, mais pas pour en avoir peur.
Nous le regardons pour le changer.
C’est même, au fond, la raison d’être de l’écologie politique : regarder le monde tel qu’il est, comprendre ce qui vient, et tout faire pour éviter la catastrophe annoncée, qu’elle concerne l’effondrement climatique ou la gauche en 2027 !
Voilà ce qu'est la responsabilité. Et c’est le cœur de notre projet : celui de la prospérité écologique.
Un projet de 557 propositions dévoilé en juillet, qui doit d'abord nous permettre de sortir de ce que j'appelle le surendettement climatique.
Depuis des décennies, nous vivons à crédit sur la planète. Nous puisons plus de ressources qu'elle ne peut en renouveler, nous émettons plus de carbone que nos écosystèmes ne peuvent en absorber, nous prélevons dans nos sols, dans notre eau, dans nos forêts, comme si nous disposions d'un découvert sans limite.
Mais ce surendettement écologique finit aussi par devenir un surendettement très concret dans le portefeuille de beaucoup de Français.
Car notre dépendance aux énergies fossiles n'endette pas seulement la planète : elle endette aussi les ménages.
Nous avons organisé une économie qui vit à crédit sur les limites de la planète et qui, dans le même temps, enferme des millions de français et de collectivités dans le remboursement perpétuel de leurs dépendances au prix du gaz, du pétrole et de l’électricité.
Notre pays est en situation de surendettement climatique et celles et ceux qui nous dirigent nous proposent de continuer à crédit.
À ce niveau-là, ça n’est plus un gouvernement, c'est Cofidis !
Sauf que Cofidis, au moins, est obligé d'afficher le taux.
Eux ont tout fait pour cacher les intérêts pendant cinquante ans - ironique, non, pour des “Mozart” de la finance ?
Il y a une autre particularité de cette dette climatique : c’est que cette dette frappe d'abord celles et ceux qui ont le moins contribué à la faire monter.
Les plus responsables sont les plus protégés et les moins responsables sont les plus exposés.
Et c'est pour ça qu'il est temps d'en finir avec ces privilèges climatiques.
C’est un message fort que notre écologie populaire doit imposer dans cette campagne électorale : une politique publique juste ne doit jamais demander les mêmes efforts à des gens qui n’ont ni les mêmes moyens, ni les mêmes responsabilités, ni les mêmes alternatives.
Aujourd’hui en France, il est indéfendable que les 1% les plus riches paient proportionnellement à leurs revenus moins d’impôts que tout le reste des Français·es.
Alors que les 50 milliardaires les plus riches du monde, tenez vous bien, émettent autant de carbone en 90 minutes qu’un humain moyen au cours de toute sa vie.
Alors oui : il faut l’équivalent d’une nuit du 4 août 1789 pour en finir avec cette situation injuste, intenable et intolérable ! L’écologie, c'est l'égalité !
Petit rappel historique d’ailleurs à usage des ultra-riches : la nuit du 4 août 1789, ce sont des nobles qui sont montés à la tribune pour abandonner leurs privilèges, notamment parce que des châteaux sont incendiés, au cours de la Grande peur de l'été.
Le vicomte de Noailles prend la parole et explique en substance : si vous voulez arrêter l'insurrection, il faut s'attaquer à ce qui la provoque. Il propose notamment l'égalité devant l'impôt, l'égalité devant les charges publiques et la suppression ou le rachat des droits féodaux.
Lui succède le duc d'Aiguillon, l'un des plus grands propriétaires du royaume. Puis s’enchaînent les interventions de la noblesse et des membres du clergé, qui renoncent à leurs privilèges.
Cet été, nos forêts brûlent, le pays suffoque et le pacte social n’en finit plus de se déliter, alors je pose la question : où sont les nouveaux aristocrates du capitalisme prêt à abandonner leurs privilèges ?
Tant que ces privilèges resteront intouchables, l’Etat n’aura pas les moyens de faire évoluer notre modèle social pour un vrai État providence climatique : celui que les Écologistes appellent de leurs vœux !
Aujourd’hui, les risques changent. Notre modèle de protection sociale doit entrer dans une nouvelle étape.
Faire de la santé environnementale une priorité, renforcer la prévention et ouvrir de nouveaux droits : droit à une alimentation et à une eau saine, à un environnement non toxique, à un congé climatique.
Il faudra aussi réformer le régime des catastrophes naturelles, indemniser les pertes de récoltes, prendre en charge les conséquences du retrait-gonflement des argiles ou encore créer une sécurité sociale de l’alimentation.
Et au coeur de cette protection, comment ne pas protéger aussi celles et ceux qui nous protègent toute l’année, c'est-à-dire les pompiers ? Je tiens à ce qu’on les applaudisse.
Les Écologistes ont présenté en juillet un plan complet de lutte contre les feux de forêt. Nous sommes les seuls à l’avoir fait.
Nous demandons une chose simple : que des suites législatives soient enfin données au Beauvau de la sécurité civile, et ce, dès la rentrée !
Et ça tombe bien, ce texte a déjà été déposé par la députée écologiste Sandra Regol. Nous serons d’ailleurs la seule force politique à recevoir toute l’intersyndicale de la profession. C’est demain et je sais pouvoir compter sur vous pour leur faire le meilleur accueil !
Comment ce gouvernement a-t-il pu annuler des commandes de Canadair, renoncer à la construction d’une base aérienne de sécurité civile dans les Landes qui aurait amélioré la rapidité d’intervention cet été en Gironde ?
Comment a-t-il pu diviser le Fonds vert par 4, et autant fragiliser le dispositif MaPrimeRénov' destiné à isoler nos maisons !
Ils portent le macronisme mais ils incarnent l’anachronisme ! Et à chaque fois, pour justifier ces renoncements, c'est finalement le même argument qui revient : l'écologie coûterait trop cher.
Nous leur répondons :
Oui.
L’écologie a un coût.
Mais elle n’a pas de prix.
Comment peut-on considérer et expliquer que c’est trop cher quand même l’économiste qui a écrit le programme d’Emmanuel Macron en 2017 dit comme nous que c’est non seulement atteignable mais indispensable ?
Et surtout : combien ça nous coûte de ne pas le faire ?
Combien coûte une forêt qui brûle ?
Combien coûte une récolte perdue ?
Combien coûte une maison fissurée par la sécheresse ?
Combien coûte une ville inondée ?
Combien coûte une journée de travail devenue impossible sous la canicule ?
Combien coûte une santé perdue ?
Et surtout : combien coûte une vie ?
Voilà l'absurdité fondamentale de leur raisonnement : ils comptent toujours le coût de l'action, mais jamais la facture de l'inaction.
Et les économistes le disent pourtant depuis des années : l’inaction climatique coûte au moins 5 fois plus cher que l’action.
Voilà pourquoi je le dis et le redis : L’ÉCOLOGIE N’A PAS DE PRIX.
La France sait pourtant ce que signifie prendre une menace au sérieux.
Quand Vladimir Poutine a envahi l'Ukraine, notre pays et l'Europe ont su réagir. Et nous les avons soutenus.
Nous avons débloqué des moyens exceptionnels.
Nous avons modifié nos priorités.
Nous avons accepté de bouleverser ce qui, la veille encore, semblait intangible.
Parce que quand l'essentiel est menacé, on ne demande pas d'abord combien coûte sa défense. On commence par le défendre. Instinctivement.
Alors pourquoi nos dirigeants sont-ils incapables de cette même détermination face au dérèglement climatique ?Pourquoi continuent-ils à traiter comme une politique sectorielle ce qui engage :
1. notre sécurité,
2. notre souveraineté,
3. notre alimentation,
4. notre santé et jusqu'à l'habitabilité de nos territoire ?
La crise climatique est une menace vitale, au même titre que les guerres qui ravagent le monde jusqu’à nos portes.
C’est une question existentielle pour les générations futures, mais aussi un sujet de sécurité nationale dès à présent.
J’entends pourtant beaucoup parler dans cette campagne présidentielle, de souveraineté. De sécurité. D'indépendance. De protection.
Mais quelle souveraineté pour un pays qui dépend des énergies fossiles des autres ?
Quelle sécurité quand des territoires deviennent inhabitables plusieurs semaines par an ? Que l’eau, l’air, les sols et l’alimentation rendent malades ?
Quelle indépendance quand notre agriculture ne peut plus produire ?
L'écologie n'est pas une politique parmi d'autres.
Elle est celle qui rend toutes les autres possibles.
C’est donc la mère de toutes les batailles !
Si nous la perdons, nous ne serons simplement plus là pour en mener d’autres.
L'écologie est la condition même de notre existence.
Et donc une première condition de notre liberté.
Je voudrais m'arrêter un instant sur ce mot, “ liberté”.
C'est le premier mot de notre devise nationale. Mais aussi un mot que l'on oppose si souvent aux écologistes. Nous serions ceux qui veulent interdire, contraindre, empêcher. Ceux qui voudraient dire aux gens comment se déplacer, quoi manger, où partir en vacances, comment vivre.
En somme, il y aurait d’un côté la liberté ; de l'autre, l'écologie.
Mais c’est exactement l'inverse : l’écologie, c’est la liberté.
Et c’est une valeur très forte que je souhaite défendre au nom des écologistes dans cette campagne présidentielle car nous avons beaucoup trop longtemps laissé nos adversaires nous enfermer dans cette opposition.
La vraie question n'est pas de savoir si l'écologie impose parfois des limites. Bien sûr qu'elle en impose ! Comme toute politique publique d’ailleurs. La vraie question est de savoir ce qui nous rend réellement libres.
J'ai beaucoup réfléchi à cette question cet été grâce à Lauriane Mouysset, que vous aurez la chance d'entendre ici ce soir. Nous avions participé ensemble en juillet aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Elle est directrice de recherche au CNRS et travaille depuis des années au croisement de l'écologie, de l'économie et de la philosophie.
Elle publiera à la rentrée un livre qui s'appelle La liberté des limites que j’ai eu la chance de pouvoir lire en avant première.
Je vais lui emprunter, en la reformulant, une image qui m'avait déjà beaucoup frappée lorsque je l'avais entendue à Aix : celle du navigateur.
Un navigateur est évidemment dépendant du vent, des courants, des marées, de la houle. Il ne peut supprimer aucune de ces contraintes. Il ne peut pas décider qu'un récif n'existe pas parce qu'il contrarie sa route. Mais cette dépendance ne le rend pas moins libre. Au contraire : c'est parce qu'il connaît le vent qu'il peut l'utiliser ; parce qu'il connaît les courants qu'il peut choisir son cap ; parce qu'il connaît les obstacles qu'il peut tracer sa route.
Sa liberté ne réside donc pas dans l'absence de contraintes. Elle réside dans sa connaissance du monde réel, dans sa lucidité, et dans les actions qu’il déploie pour en tenir compte.
Nous devons regarder la planète de la même manière. Nous dépendons d'une certaine température, d'un cycle de l'eau, de sols fertiles, des océans, des forêts, des pollinisateurs. Et certains, s’ils le souhaitent, peuvent faire semblant de ne pas le savoir. Nous pouvons appeler « liberté » le droit de franchir toutes ces limites. Mais cela ne nous rendra pas indépendants de la nature. Cela nous rendra simplement beaucoup plus vulnérables à sa déstabilisation.
Nous ne sommes pas libres malgré nos dépendances aux écosystèmes. Nous ne pouvons être libres que si nous les connaissons et si nous en prenons soin.
Sinon, on se retrouve dans la configuration du Titanic, qui incarnait précisément le fantasme inverse.
Celui d'une puissance technologique telle qu'elle finirait presque par abolir la dépendance à la nature. Un paquebot gigantesque, moderne, réputé extraordinairement sûr, lancé à pleine vitesse dans l'Atlantique. Un bijou de technologie insubmersible.
Seulement voilà : on peut se croire insubmersible, l'iceberg n'est pas tenu de partager votre opinion.
Et l'histoire devient encore plus tragique quand on se souvient que le Titanic avait des dispositifs permettant d'accueillir bien davantage de canots de sauvetage que les vingt qui furent finalement embarqués : il y avait pourtant deux fois plus de monde à bord que de places pour évacuer en cas de naufrage.
Je trouve que c'est une assez bonne allégorie de certaines politiques actuelles : on ignore les avertissements, on se persuade que tout ira bien, et tant qu'à faire, on mégote aussi sur les moyens de secours, … en sachant que les personnes qui prennent ces décisions ont déjà leur place réservée sur le canot de sauvetage, parce que bien évidemment, feront toujours partie des gens qui toujours secourus en priorité.
Et puisque nous parlons d'images maritimes, il faut reconnaître que l'actualité m'en a fourni une belle cet été : celle du président de la République, au coeur d’un été de canicules et d'incendies, manifestement très fier de faire du jet-ski à Brégançon.
La politiste américaine Cara Daggett a même donné un nom à cet imaginaire dans lequel la puissance, la consommation d'énergies fossiles et une certaine représentation de la virilité finissent par se confondre : j’ai nommé la pétro-masculinité.
Et je dois dire que cette couverture de Paris Match en était une illustration assez saisissante : le jet-ski, la vitesse, le moteur, la mer, les muscles saillants…
Tout y était.
Mais face au dérèglement climatique, ce n'est pas de muscles saillants dont nous avons besoin. C'est de politiques publiques ambitieuses.
On ne combat pas une canicule à coups de biceps.
On ne remplit pas les nappes phréatiques en faisant des pompes.
On n'arrête pas un incendie en contractant les abdominaux.
Ou alors à côté des pompiers.
Pas sur un jet ski en Méditerranée !
La puissance dont nous avons besoin aujourd'hui, ce n'est pas celle que l'on exhibe. C'est celle que l'on organise.
Celle d'un État capable de prévoir, d'investir, de protéger. Celle de services publics auxquels on donne les moyens d'agir.
Celle d'une société capable de prendre soin de ce qui la fait vivre.
Des politiques publiques qui ne séparent plus le sensé et le sensible, qui sachent conserver le sens de l’essentiel.
Et c'est peut-être cela qui distingue le mieux ces deux visions de la puissance.
D'un côté, une puissance qui consiste à s'affranchir du monde, à accélérer, à dominer, à repousser toujours plus loin les limites.
De l'autre, une puissance qui consiste à connaître le monde, à agir sur lui sans le détruire, et à protéger les conditions qui nous permettent d'y vivre libres : celle que nous revendiquons chez les Écologistes. Celle pour laquelle nous nous battrons en 2027 !
Car quand la prétendue liberté de quelques-uns détruit les conditions de la liberté de tous les autres, cela ne s'appelle plus la liberté. Cela s'appelle un privilège.
Et on en a parlé tout à l’heure : cela ne peut plus durer.
Abolir les privilèges, ce n'est donc pas restreindre la liberté. C’est la redistribuer.
Et au fond, notre projet écologique donne une force nouvelle aux trois mots inscrits au fronton de nos mairies.
Préserver les conditions qui permettent à chacun de choisir sa vie, c'est la liberté.
Faire en sorte qu'elles ne soient pas réservées à ceux qui peuvent se les acheter, c'est l'égalité.
Et comprendre que nous dépendons les uns des autres et du vivant, et décider d'en prendre soin ensemble, c'est la fraternité.
Liberté, égalité, fraternité : l'écologie ne réduit pas la promesse de notre république. Elle lui permettra de survivre au XXIème siècle.
Mais cette promesse républicaine n’est pas uniquement menacée par les catastrophes climatiques. Elle doit valoir pour tout le monde. Quand les actes racistes progressent, quand les faits islamophobes ont augmenté de 88 % en un an, quand l’antisémitisme demeure à un niveau extrêmement préoccupant, nous n’avons pas le droit de traiter la lutte contre les discriminations comme un supplément d’âme.
Combattre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le sexisme, les LGBTphobies et le validisme, ce n’est pas ajouter des combats les uns aux autres.
C’est défendre la République et l’égalité réelle.
Nous devons la défendre contre un autre péril, celui de l’extrême droite.
Nous savons que l’extrême droite peut gagner.
Nous savons ce qu’elle ferait du pouvoir.
Nous savons ce qu’elle ferait de l’écologie.
Nous savons ce qu’elle ferait de nos libertés.
Nous savons ce qu’elle ferait de celles et ceux qu’elle a désignés comme ses ennemis.
Nous le savons.
Alors nous n’aurons aucune excuse.
Nous n’avons pas le droit de perdre chacun.e de notre côté une élection que nous pouvons gagner ensemble.
Et surtout pas celle-là.
Huit mois nous séparent du premier tour.
Huit mois.
Ce délai n'est ni un confort ni une excuse à l’inaction.
Un sursaut collectif à gauche est nécessaire pour éviter ce choc sans retour.
Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l’extrême droite.
Et il n’est pas trop tard j’en suis convaincue, mais il ne reste plus beaucoup de temps avant que les positionnements ne se figent, avant que les logiques d'appareil ne l'emportent sur l'intérêt général.
Voilà pourquoi avec Cyrielle Chatelain, Guillaume Gontard et David Cormand, nous avons écrit il y a quelques jours à tous nos partenaires politiques.
Notre responsabilité est de nous mettre, chacun, au service de quelque chose de plus grand que notre propre organisation, de construire une dynamique fédératrice de forces de gauche et écologistes, une dynamique pour gagner.
Nous, Écologistes, sommes prêts pour un travail partagé. Et les autres ?
Nous leur posons la question et souhaitons en discuter avec chacun d’entre eux.
Nous leur faisons à chacun une proposition de rencontre dans le but de discuter projet, stratégie et de dégager avec celles et ceux qui le souhaitent un chemin de victoire dont nous sommes persuadés qu’il est encore possible.
Porter ensemble une vision cohérente, inscrite dans les luttes pour l'émancipation : le Front populaire, les luttes décoloniales, l’altermondialisme ou encore le combat féministe.
Aucune famille politique à gauche n’est en mesure de gagner seule la présidentielle.
Aucune.
Et il ne nous reste que quelques mois pour conjurer la chronique d’une défaite annoncée…
J’ai lu la condescendance et le mépris avec lesquels ce courrier a été commenté par certaines voix, écologistes, disons, “à fortes capacités médiatiques”.
Je leur dis : “soyez humbles”.
Ne pensez pas que tourner le dos à la possibilité de l’unité en cédant à l’injonction de devoir choisir un camp au sein d’une gauche qu’on acterait comme définitivement irréconciliable, ce n’est pas une clarification mais acter définitivement l'éparpillement des voix.
Je leur dis « soyez humbles », car nous devons toutes et tous l’être.
Et les rencontres précieuses et riches que j’ai pu faire tout au long des 30 étapes de mon Tour de France cet été, sur tout type de territoire, me rappellent chaque jour cette exigence d’humilité.
Car au-delà des plateaux des matinales, des interviews, des petites phrases et des certitudes militantes, il y a bien un peuple de gauche et de l’écologie qui attend de nous que nous ne renoncions à rien : ni à l’écologie, ni à la Gauche, ni à l’unité.
Et si nous, Écologistes, ne nous en faisons pas les porte-parole : qui le fera ?
La plupart ont compris qu’entre l’écologie, la gauche et l’unité, il ne faut pas choisir : elles sont indissociables !
Or, sans possibilité de victoire de la gauche et des écologistes en 2027, à quoi servons-nous, à part nous commenter nous-même pendant que le pire avance ?
Je ne me résignerai JAMAIS à ce que le retour de notre camp politique au pouvoir ne soit qu’une promesse intenable.
Je refuse que le message de la gauche et de l’écologie aux Françaises et aux Français soit réduit à des postures fratricides.
Et je vous le dis, cette position positive et politique que nous portons avec constance n’est ni de la naïveté ni de la confusion : c’est, j’en ai la conviction absolue, la seule position qui soit à la hauteur du moment historique et politique que nous traversons.
Nous ne voulons pas passer les mois qui viennent à voir une gauche occupée à essayer de tuer l’autre moitié, en espérant que nous, écologistes, les aideront l’un ou l’autre à appuyer sur la gâchette.
Nous voulons construire quelque chose qui soit à la hauteur de ce que les citoyens attendent et que la situation exige, à savoir battre l’extrême droite et que la planète reste habitable !
L’histoire de 2027 n’est pas écrite.
Non seulement un chemin de victoire existe encore, je le pense sincèrement. Mais je sais aussi que les Ecologistes en feront partie.
Les décisions que nous prendrons seront les bonnes parce que nous les prendrons ensemble.
Face à l’ombre brune qui s’étend, plus que jamais, le vert est la couleur de l’espoir.
Parce que je crois qu’il ne faut pas occulter tout ce que l’écologie politique a su faire, depuis toutes ces années. C’est elle qui a su éveiller les consciences, elle qui a su donner à comprendre les dynamiques de domination sous un autre angle, celui du vivant, celui de l’environnement. Et c’est ainsi qu’elle a su insuffler des propositions inédites qui, aujourd’hui, structurent plus que jamais le débat politique.
Elle a porté des solutions qui apportent des réponses concrètes pour les citoyennes et les citoyens.
Nous ne sommes pas les enfants du vide. Nous sommes riches d’une Histoire et d’un travail militant et politique ancré dans la société.
Alors nous serons là : patients mais proactifs, sereins et déterminés, disponibles et fermes, humbles et ambitieux.
Pour l’avenir de nos enfants et de ceux qui naîtront demain, ou la semaine prochaine, ou le mois prochain et tous ceux qui suivront.
Pour qu’ils aient le droit à à une vie digne, libre, égale aux autres, dans une société qui protège au lieu de trier, qui prend soin au lieu de mépriser, qui rassemble au lieu de désigner.
Une société qui prépare l’avenir au lieu de le sacrifier !
Oui, nous allons nous battre, ensemble.
POUR L’ÉCOLOGIE ET POUR L’UNION !